V. - CONVULSIONS. (Éclampsie infantile
Bien que les convulsions des enfants ne constituent pas nne maladie, mais un syndrome susceptible de survenir sous les influences les plus diverses, elles jouent un rôle si important en pathologie infantile que nous devons leur consacrer un article spécial.
On désigne sous le nom de convulsions un syndrome caractérisé l)ar Tapparition brusque de mouvements toniques, puis cloniques avec perte de connaissance. La crise convulsive dure tantôt quelques minutes, tantôt un quart d'heure ou une demi-heure. Elle est rarement isolée. Plus souvent on observe des séries de crises, se répétant à intervalles de quelques heures ou de quelques jours.
Éiiolo<j^ie. — Il s'agit toujours de jeunes enfnnU ; les convulsions deviennent rares au-dessus de quatre à cinq ans. Quand Tenfant a dépassé sept ou huit ans, on n'observe plus de crises convulsives, à moins qu'il ne sagisse d'épilepsie ou d'hystérie.
Tous les enfants ne sont pas aptes à avoir des convulsions; on les observe surtout chez les enfants nerveux, chez les descendants d'alcooliques, de tuberculeux, d'hystériques, de névrosés de tout genre. ( Jiez de tels enfants, tout est prétexte à convulsions : toute excitation vive, toute émotion, une peur, une contrariété, une colère peuvent provoquer la crise ; toute excitation périphérique anormale peut être le point de départ d'une attaque : un chatouillement, un objet dans le maillot, un corps étranger des fosses nasales, du conduit auditif, du tube digestif, etc. ; la présence d'ascaris dans l'intestin, celle de scybales sont des causes possibles qu'il faut toujours rechercher ; la dentition est souvent l'occasion de crises se répétant à chaque éruption dentaire; un repas trop copieux peut provoquer une attaque i^onvulsive, qui s'apaise dès que l'enfant a rejeté le contenu de son estomac. On a vu une émotion de la nourrice, un abus de café ou d'alcool, un coït trop passionné, se traduire par une convulsion du nourrisson .
Dans un certain nombre de cas, la convulsion apparaît comme premier symptôme du début d'une maladie aiguë, grippe, angine, pneumonie, rougeole. Dans la période fébrile des maladies aiguës, les convulsions s'observent dans les circonstances où se produit le délire chez l'adulte. Dans la coqueluche, la quinte peut être suivie 4rune convulsion. Dans les gastro-entérites, les convulsions ont un tout autre pronostic, selon qu'elles apparaissent au début de la mala-
die, ou tardivement ; dans ce dernier cas, elles, sont le signe d'une aggravation et d'une fin prochaine. Au cours de la fièvre typhoïde, des fièvres éruptives, de la pneumonie, les convulsions font parfois partie d'un syndrome méningé se manifestant par de la céphalalgie, des troubles vaso-moteurs, des vomissements, de la constipation, de la tension et de l'irrégularité du pouls ; il s'agit tantôt de simples troubles fonctionnels toxiques, la ponction lombaire ne révélant aucune altération du liquide céphalo-rachidien, tantôt délocalisation infectieuse sur les méninges, de méningite aiguë fruste ; on trouve alors une leucocytose méningée avec présence de microbes dans le liquide.
Enfin les convulsions peuvent être symplomatiqucs cVune lésion céréhrale : l'encéphalite, les hémorragies cérébrales débutent le plus souvent par une crise convulsive prolongée ; dans les états cérébraux chroniques, tumeurs, kystes, sclérose, hydrocéphalie, les convulsions sont fréquentes, tantôt généralisées, tantôt localisées, et se confondant alors avec l'épilepsie jacksonienne.
Symptoinatologie. — L'enfant pris de convulsions se raidit brusquement, sa face pâlit, ses yeux s'élèvent, la pupille se cache en totahté ou en partie sous la paupière supérieure, les yeux sont divergents ou convergents; des secousses toniques agitent les membres et laface; lesyeux s'agitent sous la paupière; les mâchoires sont serrées, les dents grincent. Puis les mouvements deviennent plus étendus (mouvements cloniques), la face se cyanose et se couvre de sueur; de l'écume apparaît aux lèvres; la respiration devient bruyante; souvent une miction survient, ou même une défécation; finalement la force des mouvements s'atténue ainsi que le bruit respiratoire; l'enfant reste abruti, le regard fixe, les pupilles en mydriase, la face congestionnée ; puis le sommeil naturel succède au coma, et, au bout d'une heure ou deux, l'enfant se réveille; il ne subsiste aucune trace de ce qui vient de se passer, à moins que la convulsion n'ait été la conséquence d'une lésion cérébrale persistante.
Diagnostic. — Le diagnostic du symptôme est facile, mais il n'est pas toujours possible de faire le diagnostic de la cause. Il faudra rechercher dans l'état de l'enfant et dans celui de la nourrice tout ce qui peut être incriminé parmi les éléments provocateurs divers que nous avons énumérés à propos de l'étiologie.
Pronostic. — Le pronostic est bénin quand la convulsion est peu prolongée, isolée, et quand la cause provocatrice est trouvée et ne présente par elle-même rien de grave. Il faut se méfier beaucoup plus des convulsions, qui se répètent à courts intervalles, ou qui sont