‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 227 sur 263 · ANOMALIES · texte numérisé non relu

ANOMALIES

chaquo instant d'expression ; le sourcil se fronce, les ailes du nez se relèvent, les joues se plissent, la bouche et les lèvres font des mouvements en tous sens. Si on fait tirer la langue, on la voit s'agiter, renti'iM% sortir, se plier et se plisser sur elle-même, en masse, ou en certaines parties. Les mouvements involontaires des jambes rendent la mai'che gênée, irrégulière ; dans les cas très intenses, des chutes se produisent, Tenfant doit rester au lit. L'alimentation, dans ces cas graves, devient difficile ; l'enfant ne peut plus porter lui-même les aliments et les boissons à ses lèvres ; il les projette autour de lui involontairement ; il faut les lui mettre dans la bouclie, et encore sont-ils en partie repoussés par les mouvements de la langue et des lèvres.

HeureusemenI, dans bien des cas, l'intensité est moindre ; il y a tous les intermédiaires enti'e la chorée violente, telle ([u'elle vient d'être décrite, et celle qui se réduit à quelques grimaces, à quelques contorsions des doigts, des membres et du tronc, survenant à intervalles pouvant aller jusqu'à une ou plusieurs minutes. Dans ces cas légers, la vie habituelle est à peine gênée. Il faut néanmoins soigner ces cas bénins avec la même attention que les cas graves ; ils peuvent se perpétuer, s'aggraver et ne sont pas à l'abri des complications cardiaques.

Anomalies. — Formes paralytiques. Chorée molle. — Souvent la chorée s'accompagne d'affaiblissement musculaire; cet affaiblissement est tel dans certains cas qu'il atteint sinon la paralysie complète, tout au moins la parésie accentuée; le tonus musculaire normal est tiès affaibli ; les membres soulevés retombent flasques sur le lit; mais il est rare que les mouvements choréiques soient absolument abolis, et la persistance de quelques mouvements désordonnés dans les doigts ou la face assure le diagnostic. Cette variété de chorée a reçu le nom de chorée molle. La chorée ne reste du reste pas constamment molle; les périodes parétiques succèdent à des périodes de mouvements ou alternent avec elles; ou encore la parésie «e limite à une partie du corps, tandis que les autres membres sont atteints de chorée franche ; la mollesse peut passer d'un membre à l'autre.

Chorées partielles. — Hémichorées.— Il arrive que la chorée se localise avec prédominance sur une partie du corps ou sur un côté du corps ; mais, dans la choiée vraie, cette localisation n'est ni absolue, ni persistante. Les hémichorées permanentes et les chorées partielles permanentes sont toujours des pseudo-chorées symptomatiques d'une altération des centres nerveux, ou de l'hystéiie.

Chorées graves. — Les chorées intenses peuvent compro-

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mettre beaucoup la sanlé; le séjour au lit, les difficultés de l'alimentation, la dépense de foice musculaire et nerveuse, Fabsence de sommeil, entraînent un état d'afTaiblissement marqué et d'anémie prononcée ; le frottement perpétuel du siège, des coudes, des talons, de la nuque, sur le plan du lit, peut provoquer des érythèmes, de l'usure de la peau, des ulcérations susceptibles de s'infecter. Il est rare cependant qu'on n'arrive pas à calmer assez rapidement l'intensité des mouvements pour que l'état cesse bientôt d'être alarmant.

Mais certaines chorées sont graves par elles-mêmes (Dieulafoy). Elles s'accompagnent d'emblée, ou à un certain moment de leur évolution, d'un élat d'agitation, d'ataxie, de délire, qui rappelle celui des lièvres ataxiques et est identique à celui du rhumatisme cérébral. La température s'élève, atteint rapidement 40, 41», et le malade succombe dans le coma. Parfois un délire systématisé, avec idées de persécution et hallucinations de la vue et de l'ouïe, a précédé la phase ataxique. Ces formes délirantes graves ne se voient ([ue cliez des sujets déjà pubères ; on ne les a pas observées au-dessous de quatorze ans; la plupart des sujets ont une vingtaine d'années. La chorêe de radidte^ beaucoup plus rare que la chorée de l'enfant, est aussi beaucoup plus grave, exception faite des chorées survenant pendant la grossesse ou l'allaitement, dites chorées puerpérales.

Manifestations articulaires. — Rapports de la cliorée et du rliuniatisnie. — La chorée s'accompagne assez souvent de douleurs articulaires vagues, mobiles, fugaces. Plus rarement, on note des manifestations articulaires identiques à celles du rhumatisme. Ce sont des fluxions durant plusieurs jours, frappant plusieurs articulations, passant de l'une à l'autre, obéissant au salicylate de soude. On peut dire alors qu'il y a coexistence de rhumatisme et de chorée.

Dans des cas plus nombreux, les rapporls entre les deux affections s'aflirmcnt d'une autre façon; les poussées rhumatismales et les poussées choréiques alternent au lieu de coïncider. Enlin certains sujets ayant eu, pendant leur enfance, une ou plusieurs attaques de cliorée sont frappés, à l'âge adulte, par le rhumatisme. Il semble y avoir eu, à l'achèvement de la puberté, transformation d'une de ces maladies en l'autre.

Il paraît donc impossible de considérer les manifestations articulaires de la chorée comme des troubles tiophiques, comme des arthrophies nerveuses d'origine spinale. Elles sont identiques aux manifestations aiticulaii'es du rhumatisme. Elles sont du rhuma-

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