CTIORÉE
Ces insuffisances fonctionnelles et passagères sont l'exception, et trop souvent, au cours de la chorée,on voit apparaître Fendocardite vraie, avec ou sans participation du péricarde. Elle revêt alors les mêmes caractères que Fendocardite rhumatismale et comporte le môme pronostic grave. V endocardite choréique est souvent concomitante de manifestations articulaires, en sorte qu'on a pu dire que la cliorée ne causait j)as Fendocardite et que celle-ci n'apparaissait au cours de la chorée que comme conséquence de la coïncidence fréquente de la rliorée et du rhumatisme.
En réalité, on peut voir Fendocardite choréique indépendamment de toute manifestation articulaire. Weil trouve 80 fois p. 100 l'endocardite ou la péricardite chez les anciens choréiques qui ont eu du rhumatisme avant, pendant ou après leur chorée. Il les trouve encore d2 fois sur 100 chez les anciens choréiques n'ayant jamais eu aucune atteinte de rhumatisme. 11 résulte de t'es faits (ju'arthropathies, endocardite et chorée sont au môme degré des manifestations d'une môme maladie, le rhumatisme. Il n'y a pas lieu de rechercher laquelle de ces manifestations engendre les autres. Elles ont une origine commune.
Évolution. — Attaque de chorée. — Elle dure de un à cinq mois. Cette durée n'est pas beaucoup plus grande dans les chorées intenses que dans les chorées bénignes. Exce})tionnellement, certaines chorées durent beaucoup plus longtemps ; il faut toutefois se méfier qu'il s'agisse alors de fausse chorée des dégénérés, comme nous le verrons à propos du diagnostic.
Récidives. — Dans un tiers des cas, l'attaque de chorée reste unique; plus souvent les attaques se répètent après un intervalle qui peut aller de quelques mois à quelques années. De même que les filles sont plus atteintes par la chorée, de môme les récidives sont chez elles plus fréquentes (1). Quand une hllette a une attaque de chorée de bonne heure, vers huit ou dix ans, il est rare qu'elle n'ait pas de récidive au moment de la puberté. La chorée reste fréquente pendant toute la période pubertaire. Quand la transformation de la fillette en femme est complètement achevée, vers seize ou dix-huit ans, la chorée devient exceptionnelle, mais les
(1) Voici les chifl'res de Sannc portant sur 143 sujets :
Une seule attaque 19 garçons. 39 filles.
Doux attaques 14 — 52 —
Trois attaques 4 — 1 o —
Quatre attaques " — 3 —
Cinq attaques t> — 4 —
Six attaques " — ■• —
Huit attaques 0 — 2 —
sujets restent exposés aux manifestations articulaires du rhumatisme.
Pronostic. — Réserve faile des cas très intenses et des choiées délirantes graves, le pronostic est bénin. Il faut toutefois tenir compte de l'éventualité de lésions cardiaques.
Dia«>-iioslic. — La chorée, chorée vraie, chorée franche, chorée de Sydenham, est une maladie bien caractérisée, très distincte d'auti-es atfections qui en ont été successivement séparées, et auxquelles il est mallieureux que \o nom de chorée ait continué à être appliqué. La chorée hystérique consiste en mouvements rytlimés localisés n'ayant rien à voir avec la chorée vraie; à côté de cette chorcc rylhmée, il arrive que des hystériques en contact avec des choréiques soient prises, par auto-suggestion, de mouvements simulateurs de la chorée vi'aie ; alors on pouri-ait, avec plus de raison, parler de chorée hystérique; la nature de la maladie ne peut être établie que par les circonstances étiologiques, le début brusque, Lexagération des symptômes, qui est le caractère des imitations hystériques, et suitout Tinfluence curatrice de la suggestion. Quant aux stigmates, anesthésie, points hystérogènes, etc., on sait qu'ils font défaut chez les enfants. Les épidémies de chorée qui ont été observées dans les pensionnats comprennent certainement une majorité de cas de ce genre.
La chorée électrique de Dubini, la chorée de Bergeron sont des secousses brusques, localisées, qu'on ne peut confondre avec la chorée vulgaire. Elles rentrent dans le cadre de la myoclonie. Il en est de même de la chorée fihriUaire de Morvan, où les mouvements se passent dans les fibres musculaires sans entraîner la projection des segments des membres.
Les mouvements choréiformes des maladies organiques des centres nerveux, et en particulier Vhémichorée posthémiplégique, ne simulent pas du tout la chorée; les mouvements sont lents, plus ou moins athétosiques et strictement limités au territoire hémiplégie.
Les tics sont des mouvements brusques, localisés, se répétant à intervalles assez réguliers et résultant de la répétition involontaire de mouvements primitivement intentionnels; dans leur forme simple, les tics, même multiples, ne simulentpas la chorée. Mais les tiqueurs sont sujets à des paroxysmes pendant les(iuels les tics se généralisent; c'est cette forme morbide que Gilles de La Tourelle a séparée de la chorée, avec laquelle elle était auparavant confondue ; il lui a donné le nom de maladie des tics convulsifs ; elle est d'autant plus difhcile à différencier de la chorée qu'elle présente, en général, se« premiers paroxysmes vers l'âge de huit à quatorze ans, comme la chorée ; la distinction ne peut se faire qu'en connaissant bien les