‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 238 sur 263 · VI. ~ TERREURS NOCTURNES · texte numérisé non relu

VI. ~ TERREURS NOCTURNES

On donne le nom de terreurs nocturnes à un syndrome qui s'observe quelquefois chez les enfants de deux à sept ans et qui se manifeste de la façon suivante.

L'enfant s'est endormi, comme d'habitude. Après une ou deux heures de sommeil, il se réveille brusquement, en poussant des cris de terreur; il est assis sur son lit, les yeux dilatés, fixés sur une apparition effrayante, les mains tendues pour la repousser, niolti dans un coin de son lit, il pousse des cris, interrompus de mots entrecoupés qui permettent souvent de se rendre compte de ce qu'il voit : c'est un animal monstrueux, chat, chien, loup, ou un homme, une femme, des voleurs. L'enfant ne reconnaît pas, ne voit pas les pei'sonnes qui accourent à ses cris; si on le prend dans les bras, il s'y blottit toujours terrifié ; mais ce n'est qu'au bout d'un temps variant de quelques minutes à une demi-heure, ou une heure que l'hallucination semble s'atténuer, que le calme renaît peu à peu et que l'enfant finit par se rendormir, d'un sommeil calme. 11 est exceptionnel que la crise se répète une seconde fois au courant de la même nuit. Le plus souvent, l'enfant ne conserve au réveil aucun souvenir de sa crise. Souvent elle revient plusieurs nuits successives, à peu près à la rnème heure chaque nuit, ou toutes les deux ou trois nuitspendant huit ou quinze jours. Puisdes mois, des années s'écoulent et, au bout de ce temps, il arrive qu'une nouvelle série de crises recommence. Les crises n'apparaissent jamais pendant le sommeil diurne. Les terreurs nocturnes se voient parfois chez des sujets dont le caractère impressionnable explique la prédisposition, ou chez des enfants de névropathes, d'alcooliques. Mais, dans bon nombre de cas, l'enfant ne présente rien de particulier dans ses antécédents personnels ou héréditaires, et il semble surtout qu'il faille incriminer des troubles digestifs. Il s'agit surtout d'enfants malingres, à digestions lentes, sujets à des flatulences, à des alternatives de constipation et de diarrhée. On a aussi, dans quelques cas, mis en relief l'influence des vers intestinaux ou de la dentition. Le diagnostic est facile.

Traitement. — Il comporte, d'une part, l'administration de calmants du système nerveux (bromure, fleur d'oranger, tilleul), d autre part des soins alimentaires dirigés contre la dyspepsie et la constipation, ainsi qu'un traitement général reconstituant.

Page 1