RACHITISME TARDIF
Beaucoup de cas de scoliose dite essentielle des adolescents, de genu valguin des adolescents, de pied plat des adolescents, de radius curvus (maladie de Madelung) doivent être rapportés, d'après Ollier, à un processus analogue au processus racliitique, n en dillérant que par Fàge des sujets et par la localisation très limitée des altérations osseuses. M. Estor a montré que les lésions microscopiques des régions atteintes rappellent sous forme atténuée celles du rachitisme infantile. Le processus qui prédispose les os aux déviations dans ces cas paraît donc bien être semblable au rachitisme. Mais, en outre, agissent des conditions étiologiques qui expliquent la limitation et la localisation des lésions. Ainsi, dans la scoliose des adolescents, il est bien rare qu'on ne puisse pas retrouver dans les antécédents peu éloignés une atteinte pulmonaire ou pleurale, pleurésie, bronchopneumonie, iniiltration tuberculeuse d'un sommet, ayant frappé le côté atrophié. Les fatigues, les positions vicieuses habituelles jouent sans doute également un rôle important. M. Poucet pense que beaucoup de ces déviations relèvent d'une tuberculose inflammatoire locale atténuée.
MM. Frœlich et Weiss pensent au contraire avoir démontré qu'un certain nombre de gêna valynrn de l'adolescent ne sont autre chose que des cas d'ostéomyélite larvée apyrétique due au staphylocoque blanc ; ils ont décelé ce microbe dans des fragments osseux prélevés aseptiquement au cours d'ostéotomies. M. Estor a montré, d'autre pai't, que la maladie de Madelung est héréditaiie, familiale et souvent ébauchée dès la naissance, il pense qu'un certain nombie di; malformations attribuées au rachitisme tardif ne sont que l'exagération d'une disposition normale ; les altérations s'accentuent, d'une part, parce que certaines articulations, congénitalement mal conformées, sont pourvues de ligaments trop grêles pour assurer la fixité des surfaces articulaires, et, d'autre part, parce que ces mêmes articulations sont surmenées par un travail trop intensif quand vient l'adolescence. 11 faut donc, d'après M. Estor, admettre deux causes, une prédisposante, la faiblesse congénitale locale, et une déterminante, le travail.
Traitement. — Quoi qu'il en soit, le rachitisme tardif commande un traitement général dont l'aération, l'hydrothérapie, le massage, l'alimentation riche en légumes secs et en graisses sont les éléments principaux. H faut ) joindre un traitement orthopédique local : mouvements actifs et passifs réglés appropriés à la nature de la déformation, suspension, extension, massage local, et, dans certains cas, appareils de soutien ou de redressement qui doivent toujours être légers et ne pas gêner l'activité du membre. Ce n'est
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que dans les cas très accentués et anciens, quand la déformation est définitivement fixée, qu'il faut avoir recours à des ostéoplasties sanglantes.