M. - SPASMES DE LA GLOTTE (CONVULSIONS INTERNES
La glotte peut, chez l'enfant, comme chez Fadulte, se contracter spasmodiquement sous l'influence d'excitations variées ; chez l'enfant, ce spasme cause immédiatement un état asphyxique grave, à cause du petit calibre de la glotte.
En outre, la tendance convulsive propre à la première enfance fait qu'on observe à cet âge le spasme de la glotte sans cause provocatrice bien définie, constituant réellement une entité morbide. C'est ce qu'on appelle les convulsions internes. Elles frappent parfois plusieurs enfants d'un même ménage.
Description. — L'enfant est pris subitement, sans cause apparente ou pour une cause futile, tantôt le jour, tantôt la nuit, d'une crise de suffocation qui d'emblée entraîne l'asphyxie.
Tout d'un coup l'enfant sursaule, porte les mains à sa gorge, fait une ou deux inspirations bruyantes, saccadées, pénibles; puis le thorax demeure immobilisé, en inspiration forcée; la face, d'aboid pâle, se cyanose, le cou se l'aidit, les yeux angoissés s'agitent désespérément, tout le corps se raidit ou parfois se meut convulsivement; cet état d'apnée dure peu ; au bout de quelques secondes, d'une ou deux minutes au plus, des inspirations pénibles, bruyantes, se produisent ; puis le rythme respiratoire normal se rétablit, et l'enfanî revient à la parfaite santé.
11 est rare que l'accès soit unique ; le plus souvent l'enfant atteint de spasmes de la giotte a des séries d'accès, variables comme inten-
LARYNGITE STRIDULEUSE. • 231
site; les plus légers consistent en un soubresaut, une apnée très momentanée, quelques inspirations pénibles, bruyantes ; dans bon nombre de cas, l'intensité et la durée varient irrégulièrement d'un accès à l'autre, mais, dans l'ensemble, elles vont plutôt en augmentant. Finalement, un accès plus violent et plus prolongé entraîne la mort du petit malade.
Diagnostic. — L'accès de spasme de la glotte est caractérisé par sa courte durée et le retour rapide à un état complètement normal ; il ne peut être confondu avec les dyspnées du croup, de V abcès rétropharyngien, de la laryngite stridulease, dont les paroxysmes sont plus durables et les rémissions moins complètes. La crise d asthme, susceptible de survenir dès le plus jeune âge, dure elle aussi plus longtemps.
Nature. — Escherich considère que les spasmes de la glotte sont une manifestation d'un état particulier d'hyperexcitabilité musculaire {état tétanoïde), dont la tétanie des extrémités est une autre manifestation (Voy. art. Tétanie). Pour Kassowitz, les spasmes glottiques et la tétanie relèvent tous deux du rachitisme et sont tout spécialement en rapport avec le craniotabes rachitique.
Proaostic. — Le pronostic est grave. Des accès répétés, même bénins aboutiront la plupart du temps à des accès plus graves, et finalement à un accès mortel. Toutefois cette terminaison n'est pas fatale. Dans la moitié environ des cas, les accès, après avoir reparu pendant des semaines et des mois, disparaissent définitivement.
Traitement. — La crise est si rapide qu'elle est terminée le plus souvent d'une façon ou d'une autre avant qu'on ait eu le temps d'intervenir. On a recommandé les flagellations, les frictions à l'éponge chaude au-devant du cou, la titillation de l'épiglotte avec le doigt, le chatouillement de la pituitaire avec une barbe de plume, les inhalations de chloroforme, et, si l'apnée persiste, les tractions rythmées de la langue, la respiration artificielle, Félectrisation. Si l'on est outillé pour cela, il faudra faire le tubage, pour peu que la crise devienne menaçante, ou, à défaut, la trachéotomie.
Dans l'intervalle des crises et pour en éviter le retour, on donnera oO centigrammes et jusqu'à 1 gramme de bromure de sodium, le chloral (10 centigrammes); on mettra l'enfant dans les meilleures conditions hygiéniques, et on lui assurera le calme le plus absolu.