‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 99 sur 263 · LARYNGITE STRIDULEUSE. — FAUX CROUP · texte numérisé non relu

LARYNGITE STRIDULEUSE. — FAUX CROUP

à un syndrome clinique particulier, qui porte le nom de laryngite striduleuse ou faux croup.

Description. — Tout d'abord l'enfant a été atteint d'un simple rhume ; la voix est enrouée; la toux a un timbre rauque spécial ; à peine un peu de fièvre. A la fin de la journée, l'enfant s'endort, calme, sans que rien annonce ce qui va se passer ; au milieu de la nuit, l'enfant subitement s'éveille, étouffe, se dresse sur son lit; sa respiration est bruyante, sifflante, entrecoupée d'une toux rauque, comparable à Vaboiement étouffé d'un chien de grosse taille ; la face est violacée, les jugulaires gonflées, l'anxiété à son comble; cependant la dyspnée se calme au bout de dix, vingt, trente minutes, et l'enfant se rendort; au matin, il ne conserve rien autre que les signes d'un rhume vulgaire, avec toutefois une raucité spéciale de la toux.

Éliolo^ie. — La laryngite striduleuse survient surtout chez des enfants nerveux ou hérédo-arthriliques ; elle se répète volontiers chez le même enfant lors de rhumes successifs; au cours d'un même rhume, elle se répète parfois, mais non toujours, pendant plusieurs nuits successives.

Pronostic. — 11 est bon ; on a cité quelques cas de mort par asphyxie; cette terminaison est tout à fait exceptionnelle ; quelquefois une bronchopneumonie éclate le lendemain ou le suiiendemain d'une crise de laryngite striduleuse ; on a vu aussi la laryngite striduleuse marquer le début d'une rougeole ; mais le plus souvent la laryngite striduleuse est très bénigne.

Diaj^uostic. — Il est facile; la laryngite striduleuse n'est prise pour du croup que par. les parents ignorant la symptomatologie de cette dernière affection ; l'accès brusque, débutant la nuit, alors que l'enfant s'est couché en pleine santé, ne' peut pas être un accès de croup. Parfois des laryngites non diphtériques sont susceptibles de produire des accidents dyspnéiques ressemblant plus au croup qu'au faux croup ; cela se voit dans certaines laryngites à cocci très congestives et très exsudatives; il peut y avoir de la dyspnée continue, avec tirage plus ou moins prononcé; ces faits sont à distinguer de la laryngite striduleuse.

L'asthme, qui est aussi nocturne, simule plus facilement la laryngite striduleuse. 11 arrive souvent que les premières crises d'asthme soient prises pour des crises de laryngite; le vrai diagnostic n'est établi qu'ultérieurement.

Enfin on ne manquera pas d'explorer la paroi postéi'ieure du pharynx pour s'assuier qu'il ne s'agit pas d'un abcès rétropharyngien.

TRACHÉITE, BRONCHITE, TRACHÉO-BRONCHITE. 233

Traitement. — Au moment de la crise, le meilleur moyen de la faire rapidement disparaître est la révulsion au-devant du larynx par application d'un sinapisme, dun linge chaud, ou mieux d'une éponge trempée dans Veau très chaude et essorée dans une serviette, celle-ci étant nouée autour du cou, de façon que l'éponge qu'elle renferme soit au-devant du larynx.

Pour éviter le retour de la crise, le meilleur procédé est de bromurer pendant quelques jours l'enfant. On donne deux à trois cuillerées à café par jour de sirop de fleurs d'oranger contenant 40 à 20 centigrammes de bromure par cuillerée, ou IV à X gouttes de teinture de belladone si le bromure abat trop le petit malade.

Dans les cas où l'asphyxie deviendrait imminente, on aurait recours au tubage ou à la trachéotomie ; mais cette éventualité est tout à fait exceptionnelle.

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