SIGNES PHYSIQUES
un début insidieux; c'est souvent une surprise d'auscultation ; au contraire, la pleurésie primitive ou paraissant telle a le plus souvent chez l'enfant un début franc ; un enfant jusque-là bien portant a un jour du mal de tête, de la fatigue, de l'anorexie; bientôt paraît une petite toux sèche; l'enfant se plaint d'un point de côté; au bout de quelques jours, l'abondance de l'épanchement peut causer de la dyspnée, de la difficulté à se coucher sur le côté sain. Ce mode de début est surtout celui des pleurésies séreuses dites a frigore de la seconde enfance. Chez les petits enfants, qui font le plus souvent des pleurésies purulentes, la lièvre peut être vive etl'état général profondément atteint. Chez les cachectiques, l'épanchement purulent peut se produire sans provoquer grande réaction; l'examen du thorax seul permet de lé déceler.
Signes physiques. — Dans les épanchements un peu abondants l'inspection montre une déformation thoracique notable et d'autant plus marquée quel'enfantest plusjeune. Le côté atteint est amplifié; les côtes sont soulevées ; leur excursion est moins étendue que du côté sain.
La percussion donne une matité hydrique dont la constatation a la plus haute importance. Chez les jeunes enfants, c'est le seul signe qui ne soit pas trompeur. Encore faut-il avoir soin de percuter avec précaution. Dans un petit thorax de nourrisson, une percussion forte l'ait résonner tout le thorax, et on peut, au niveau d'un épanchement même abondant, avoir ainsi de la sonorité. 11 faut percuter doucement, superficiellement. 11 faut se rappeler que le foie monte, chez l'enfant des premiers mois, jusqu'à la cinquième côte sur la ligne de la pointe de l'omoplate, et ne pas prendre pour une matité pleurétique la matité hépatique. A gauche, l'espace de Traube est mat dès que l'épanchement est un peu abondant.
La palpation montre le déplacement de la pointe du cœur. Le cœur est' très mobile chez l'enfant. Non seulement un épanchement gauche déplace facilement le cœur vers la droite, mais même un épanchement .droit refoule le cœur à gauche. Quant aux vibrations thoraciques, elles sont difficiles à obtenir chez le jeune enfant.
L'auscultation révèle le plus souvent chez les grands enfantsles symptômes classiques avec toute la netteté désirable : souffle caractéristique, égophonie, pectoriloquie aphone. Chez l'enfant plus petit, l'auscultation est beaucoup plus trompeuse, et un épanchement passe facilement inaperçu. Le thorax est assez petit pour que le murmure respiratoire du côté sain soit facilement transmis par les parois thoraciques à l'oreille qui ausculte le côté malade, et, quand le souffle