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BRONCHITE ET BRONCHOPNEUMON'IE CHRONIQUES

de cellules aplalies et de fibrilles méconnaissables. Le tissu fibreux est toujours plus dense au voisinage des conduits bronchiques dilatés ou non. Cette constatalion concorde avec celles de la clinique pour faire considérer la dilatation des bronches comme le résultat d'une sclérose rétractile péribronchique, dont l'origine est l'extension au tissu cellulaire péribronchique des altérations des bronchioles et des alvéoles qui caractérisent la bronchopneumonie. La bronchopneumonie qui aboutit à la sclérose pulmonaire et à la dilatafion bronchique est donc celle qui s'accompagne d'un certain degré de pneumonie interstitielle péribronchique. En général, le reste des poumons est plus ou moins atteint d'emphysème, de carnisation, de sclérose.

Dans une autre série de faits, sur lesquels Comby a attiré l'attention, la dilatation bronchique est consécutive à la pénétration d'un corps étranger dans les bronches. Le corps étranger traumatise la paroi bronchique, et l'inflammation du tissu péribronchique s'étend de proche en proche ; tout un lobe pulmonaire arrive à être sclérosé et creusé de dilatations bronchiques ; dans l'une d'elles, on trouve le corps étranger, origine du mal, soit libre, soit piqué dans la paroi.

Syiii]>tomatologie. — L'état général est souvent conservé de façon remarquable, soit qu'il s'agisse de bronchite chronique simple, soitmême qu'il existe unecavité gargouillante etsuppurante. La température présente à peine de légères augmentations vespérales irrégulières.

L'appétit est conservé ainsi que les forces et la gaîté. Sans la toux, qui est fréquente, on ne croirait pas l'enfant malade.

L' auscultation du poumon contraste, par l'intensitédes symptômes, avec le bon état général. On entend dans les poumons des râles bruyants, ronflants, sibilants, sous-crépitants, secs et humides, emplissant toute la poitrine. En général, il y a prédominance en une région déterminée, le plus souvent à la base. En ce point, la confluence des râles et leur caractère humide augmentent; quand l'enfant tousse, le gargouillement crève l'oreille : on doit alors penser qu'il existe une cavité inlrapulmonaire, une dilatation des bronches compliquant la bronchite chronique. On pourra affirmer l'existence de cette dilatation quand l'enfant rejettera par vomiques des crachats purulents épais et qu'à la suite de ces vomiques du souffle cavitaire se produira au point où existait auparavant le gargouillement. La percussion mantre de la submatité dans la zon9 correspondante.

Les caractères de l'expectoration diffèrent de ceux qui existent

chez l'adulte. II est raie qu'on ait une grande quantité de crachats se divisant en trois couches, comme chez celui-ci. Chez le petit enfant, il n'y a pas d'expectoration quand il s'agit de bronchite chronique simple; quand il s'y ajoute des dilatations bronchiques, il existe de petites vomiques matinales do pus en général épais, louable, non fétide. La fétidité n'existe, en général, chez l'enfant que dans les bronchites et dilatations bronchiques dues à des corps étrangers.

Évolution. — Elle est des plus lentes; la maladie a mis à se constituer des mois; c'est progressivement que la phase de sclérose avec dilatation a succédé à la phase de bronchite chronique; la maladie reste des années en cet état ; parfois des poussées d'infection bronchopulmonaire frappent les parties voisines du poumon et même de l'autre poumon; elles s'éteignent au bout de quelques jours, de quelques semaines, et ne passent pas à l'état chronique ; quant à la zone primitivement atteinte, elle persiste indéfiniment. Toutefois, une atténuation peut souvent être notée avec le temps. Des enfants, frappés de dilatation bronchique dans les premières années de la vie, arrivent quelquefois à l'âge adulte à peu près débarrassés de leurs lésions. Cette heureuse terminaison est malheureusement l'exception ; trop souvent l'enfant succombe à des poussées répétées d'infection bronchique ou à des corn plications intercurrentes; la dilalation progressive du cœur et l'asystolie, terminaison habituelle des bronchites chroniques de l'adulte, ne se voient pas dans le jeune âge.

Diagnostic. — Les malades sont souvent considérés comme atteints de tuberculose pulmonaire. Cependant la localisation à la base, la discordance entre l'intensité des signes physiques et la conservation d'un état général excellent, les caractères de l'expectoration en distinguent nettement l'affection qui nous occupe.

L'hérédo-syphilis pulmonaire tardive est beaucoup plus semblable à la bronchite chronique avec dilatation des bronches; elle aboutit même à la dilatation, et dès lors le traitement antisyphilitique ne peut plus guérir les lésions ; il faut se comporter comme en face d'une dilatation d'étiologie vulgaire.

11 importe de distinguer avec soin la dilatation bronchique de la pleurésie interlobaire enkystée ouverte dans les bronches ; l'erreur aurait des conséquences graves en conduisant à une intervention chirurgicale funeste; dans la dilatation bronchique, un lobe entier est atteint, généralement le lobe inférieur; la lésion va jusqu'aux limites inférieures du thorax, les signes cavitaires siègent à la base. Dans la pleurésie interlobaire, la cavité est au niveau de

la scissure, c'est a-dire à l'union du tiers supérieur et des deux tiers inférieurs; les bruits indiquant une participation du parenchyme pulmonaire voisin sont moins étendus et moins persistants ; les vomiques sont plus espacées et plus abondantes. 11 faudra avoir recours à la radioscopie, qui montrera dans la pleurésie interlobaire une zone obscure beaucoup plus localisée que dans la sclérose avec dilatation; souvent la ligne sombre répondant à l'interlobe malade n'est visible qu'en position oblique. La ponction sous l'écran permettra de compléler le diagnostic par l'examen du liquide retiré.

Traitement. — Les balsamiques constituent le meilleur traitement des bronchites chroniques, avec ou sans dilatation des bronches cliniquement perceptible. On donnera . la lerpine, par paquets de 10 centigrammes, en suspension dans un peu delait,deuxoutroisfois par jour; le sirop de térébenthine, deux à cinq cuillerées à calé par jour; l'infusion de feuilles d'eucalyptus, tO grammes de feuilles pour 1 litre d'eau, par tasse à café, une ou deux par joui'; le benzoaie de soude, 1 à 2 grammes dans du sirop de lolu ; si l'estomac del'enfanl supporte mal l'administrationbuCcale prolongée deces médicaments, il faudra, par intervalles, recourir à la voie sous-cutanée et injecter journellement un ou plusieurs centimètrescubes d'huile au goménol (au cinquième), ou d'huile au gaïacol (au dixième). Les climats à air sec et pur, les eaux du ilont-Dore, de Challes, delà Bourboule, seront utilisées avec fruit.

L'intervention chirurgicale donne des résultats déplorables dans la dilatation des bronches; quand la mort ne suit pas de près l'opération, ce qui est la règle, l'ouverture de la dilatation laisse une fistule intarissable; cela se comprend ; les cavités sont multiples, et leur situationenpleintis.su scléreux empêche qu'elles ne se comblent. De là l'importance qu'il y a à ne pas confondre la dilatation des bronches avec la pleurésie interlobaire enkystée, celle dernière guérissant merveilleusement par l'incision opératoire.

L'asthme est une affection caraclérisée par des accès à début le plus souvent nocturne, se manileslant par de la dyspnée paroxystique, d'abondantes sécrétions bronchiques particulières, et du spasme de la musculature respiratoire.

Contrairement à ce qu'on croit trop souvent, l'asthme est une maladie qui débute souvent dans Penlance, et même dans la pre mière enfance. La statistique de M. Percepied (du Monl-Dore)

portant sur 222 sujets, en compte 25 chez qui la première crise est survenue dans la première année, 118 de un à dix ans, 79 de dix à vingt ans.

L'enfant se réveille dans Ja première moitié de la nuit angoissé et anhélant; la toux est incessante, grasse, sifflante; l'auscultation montre le thorax rempli de râles sibilants, l'expiration" est sifflante et très prolongée; l'anhélation dure toute la nuit, se calme au cours de la journée du lendemain, mais la respiration reste souvent bruyante, sifflante pendant plusieurs jours. Les fosses nasales participent souvent aux sécrétions exagérées de l'arbre respiratoire et les narines laissent écouler une sécrétion séro-muqueuse fluide et transparente.

Les intervalles auxquels se répètent les accès sont des plus variables et des plus irréguliers. Parfois des séries d'accès sont interrompus par des longues périodes de calme.

L'asthme survient surtout chez les enfants fortement développés, trop gros, trop gras, sujets à l'eczéma et de souche arthritique. La cause provocatrice des accès échappe souvent; on note les influences les plus diverses : locaux, odeurs, fumées, poussières, dépression atmosphérique, brouillard, temps orageux, émotions, alimentation.

L'étude du sang au cours de la crise et l'abondance des cellules éosinophiles dans l'expectoration montrent que l'asthme est le résultat de crises d'intoxicalion hémoclasique anaphylactiques analogues à celles qui provoquent l'urticaire.

L'asthme infantile est toujours de forme catarrhale, les sécrétions bronchiques sont abondantes ; l'auscultation en témoigne même quand l'enfant, trop jeune, n'expectore pas. On n'observe pas chez l'enfant la forme sèche signalée chez l'adulte.

'Dans l'intervalle des accès, la santé est parfaite. L'espacement des crises est des plus variables. Elles se présentent souvent en" séries interrompues par de longues périodes de calme.

L'asthme frappe de préférence les enfants trop gros, trop gras, nerveux, émotifs, sujets à l'eczéma, aux indigestions, aux crises acétonémiques. Lin parent ou les deux parents sont parfois ou eczémateux, ou goutteux, ou diabétiques, ou migraineux, mais beaucoup plus souvent c'est l'hérédité de l'asthme lui-même que l'on observe. Dans sa statistique, M. Percepied, dans la parenté de 98 enfants asthmatiques, a relevé 57 fois l'asthme (11 fois chez le père, 14 fois chez la mère, 2 fois chez un frère ou une sœur, 25 foi chez les grands parents ou arrière-grands-parents, 5 fois chez des collatéraux), 10 fois de la bronchite chronique ou de

l'emphysème, 3 fois du coryza spasmodique (qui est en somme une forme d'asthme à localisation nasale), 3 fois l'eczéma, 3 fois la goutte, 1 seule fois le diabète, la migraine, le rhumatisme.

L'abondance des cellules éosinophiles dans les sécrétions et dans le sang à la suite de la crise d'asthme, et l'étude du sang lui-même montrent que l'asthme est la conséquence d'accès hémoclasiques analogues à ceux qui provoquent l'urticaire.

Diagnostic. — Chez le jeune enfant, la première crise de suffocation à début nocturne sera souvent attribuée à tort à un accès de faux-croup. Toutefois tandis que la bronchite susceptible d'accompagner la laryngite spasmodique est banale à l'auscultation, les bruits bronchiques qui suivent la crise d'asthme ont au contraire un caractère de sifflement prolongé et musical particulier, s'entendant même parfois à distance. La dyspnée persiste davantage la journée suivante quand il s'agit d'accès d'asthme.

La présence d'une fièvre modérée n'est pas exclusive de l'accès d'asthme. La température peut en cours d'accès, s'élever à 38°, 38°, o et ne revenir à la normale qu'après vingt-quatre ou quarante-huit heures.

Traitement. — Traitement de l'accès : Ventouses, bottes d'ouate, enveloppements du thorax avec des compresses humides tièdes; ipéca à dose vomitive, antipyrine.

Dans l'intervalle det accès pour en éviter le retour : Alterner la médication iodurée et la médication arsenicale, essayer du traitement thyroïdien ; veiller au bon état des fosses nasales et de l'arri ère-gorge et au besoin extirper les amygdales et les adénoïdes; l'été venu, cure au Mont-Doré.

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