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III. - ANÉMIE SPLÉNIQUE PSEUDO-LEUCÉMIQUE

Cette forme morbide, particulière aux jeunes enfants, se caractérise par une anémie intense, une augmentation considérable du volume de la rate et des modifications très spéciales delà cytologie sanguine.

Symptoniatologie. — 11 s'agit toujours de nourrissons, entre six et vingt mois. L'enfant pâlit, maigrit, dépérit; si on l'examine, on remarque le développement de la partie supérieure de l'abdomen; la palpation du ventre fait sentir la rate hypertrophiée ; tout d'abord. on sent seulement son extrémité inférieure débordant les fausses côtes; ultérieurement, elle occupe toute la moitié gauche de l'abdomen et repose par son pôle intérieur jusque sur la branche pubienne gauche; l'intestin est refoulé à droite, et l'amincissemei.t de la paroi produit par l'émaciation générale permet souvent de voir le contraste entre les anses intestinales se dessinant sous la peau à droite et la surface lisse répondant à la rate à gauche. Le foie est souvent volumineux. La fièvre est légère ou nulle.

L'examen du sang révèle une diminution du nombre des globules rouges, qui peut tomber à 1 500000, et une diminution de la quantité d'hémoglobine et delà valeur globulaire. Les globules blancs sont, au contraire, augmentés de 30000 à 60000; la formule sanguine peut subir des variations rappelant à l'état d'ébauche celles de la leucémie : on trouve des myélocytes et une surabondance d'éosinophiles.

Mais la lésion caractéristique est la présence des globules rouges à noyau en grand nombre, dont quelques-uns présentent des bourgeonnements nucléaires et des "figures kariokinétiques. Ils sont un peu plus volumineux que les globules rouges non nucléés; quelquefois on voit des formes gigantesques (mégaloblastes, gigariT loblastes'l.

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Évolution. — L'évolution de la maladie est progressive; elle aboutit à la cachexie et à la mort; on voit parfois, à la période terminale, des modifications du sang rappelant celles de l'anémie pernicieuse, ou encore celles de la leucémie ; il y a alors des tuméfactions ganglionnaires, des hémorragies cutanées et viscérales et un œdème cachectique terminal. Plus souvent la mort arrive par cachexie progressive avec troubles digestifs.

Diagnostic. — Il est assuré par l'examen du sang. Il faut toutefois savoir qu'il existe des formes intermédiaires avec les splénoméî alies diverses, avec l'anémie simple, avec l'anémie pernicieuse et avec la leucémie. La présence des globules à noyaux n'est significative que si elle est abondante et permanente.

Pathogénie et traitement. — La pathogénie de l'anémie splénique pseudo-leucémique n'est pas encore connue. Cependant on peut, dès maintenant, émettre certaines propositions utiles au traitement.

Tout d'abord, il est certain que la maladie se voit presque uniquement chez des enfants qui ont été touchés par des infections à mlerozoairos; de là, la fréquence de la maladie dans les régions paludéennes ; en Italie et en Tunisie, on a constaté, à maintes reprises, dans le sang des enfants atteints, le Piroplasma Donovani, microzoairedu kala-azar des Indes, appelé aussi Leishmania ; en France, la maladie est rare et ne s'observe guère que chez deshérédo-sypldlitiques.

On tentera l'action des agents chimiques actifs contre les protozoaires : le mercure, Yiodure, Yarsenic, ce dernier sous forme d'arséniate, de cacodylate ou d'arséno-benzol. On y joindra la moelle de veau pulpée et le suc de rate, ainsi que la radiothérapie sur la région splénique. On obtient généralement des périodes d'amélioration plus ou moins prolongées ; on a même signalé des guérisons durables.

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