SCORBUT DES NOURRISSONS
(Maladie de Barlow).
Le scorbut est susceptible de se produire dans le jeune âge; il reconnaît la même cause que le scorbut de l'adulte, c'est-à-dire l'insuffisance d'aliments frais, l'usage longtemps prolongé d'aliments de conserve.
C'est dire que le scorbut infantile ne s'observe guère chez les enfants élevés au sein ; il est aussi tout à fait exceptionnel chez les enfants au biberon, dont le lait est simplement bouilli ou stérilisé au bainmarie; les laits industriellement stérilisés par l'ébullition à 108° ne Je donnent que rarement; des milliers d'enfants sont pourris
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exclusivement avec ces laits sans présenter de scorbut; les laits dont l'usage prolongé est susceptible de donner le scorbut sont pour ainsi dire exclusivement les laits modifiés, laits écrémés, dilués, oxygénés, centrifugés, condensés, pulvérisés, additionnés de ferments, connus dans le commerce sous le nom de laits humanisés, maternisés, albumineux, etc. L'usage exclusif de' bouillies faites avec des farines stérilisées, soit additionnées de ferments, soit modifiées de différentes façons, peut également donner la maladie. Peu connu en France, jusque dans ces dernières années, le scorbut infantile est devenu plus fréquent depuis que les modes allemandes des laits modifiés et les modes anglaises des farines de conserve ont fait des adeptes dans notre pays. Néanmoins, il reste une maladie rare. 11 importe pourtant de le bien connaître, car l'action du médecin est sur lui toute-puissante. En peu de jours un enfant, qui dépérissait et paraissait mortellement atteint, revient à la santé si le traitement approprié est institué.
Description. — Le scorbut infantile ne survient guère avant l'âge de cinq mois, ni après l'âge de dix-huit mois. Il s'agit d'ordinaire d'enfants jusque-là bien portants, en ce sens qu'ils sont gros, gras, bien développés, et n'ont pas de troubles digestifs ; mais ils sont pâles et les chairs sont molles ; ily a sous leurs téguments plus de graisse que de muscles. Les premiers symptômes sont une augmentation de la pâleur des téguments; les joues, les lèvres se décolorent ; les oreilles, vues dans un rayon de soleil, sont transparentes et blanches. Puis survient l'inertie des membres inférieurs ; le petit malade évite les mouvements; il ne cherche plus à se mettre debout, à se dresser sur son séant; les mouvements communiqués deviennent douloureux ; la pression au niveau des parties osseuses provoque des cris.
Puis apparaissent des hémorragies ; si l'enfant a des (lents, c'est sur la gencive, autour du collet de la dent, que l'on observe d'abord des pétéchies sous-muqueuses, puis de petites fongosités saignantes. On peut également observer des pétéchies sous-cutanées, des ecchymoses palpébrales ou préputiales. En palpant les os, on sent par places des tuméfactions dont le siège d'élection est le voisinage des cartilages de conjugaison, aux os longs du membre inférieur; mais on peut en voir aussi aux membres supérieurs, aux côtes, aux os de la face et du crâne. Ces tuméfactions sont dues àdes hémorragies sous-périostées; le périoste estdécollépar l'épanchement sanguin; on observe parfois de la crépitation au niveau des points tuméfiés. La t-cmritrature est normale ou peu élevée; elle dépasse rarement 38°. bientôt, si une intervention rationnelle ne survient pas, l'enfant