TROISIÈME SECTION MALADIES DE L'HYPOPHYSE
Les lésions de l'hypophyse, susceptibles de survenir dans l'enfance, sont de deux ordres : les lésions hypertrophiantes et les lésions
alrophiques. Les premières ont pour conséquence le gigantisme acromégalique. Ce gigantisme est très différent du gigantisme précoce, tel qu'on peut le voir dans les tumeurs de la corticalité surrénale (voy.p.353), dans les tumeurs des glandes génitales et dans certaines tumeurs cérébrales. Loin de s'accompagner de développement précoce des organes génitaux el des caractères sexuels accessoires, il entraîne le retard indéfini de la puberté (infantilisme sexuel) et l'accroissement exagéré en longueur des os des membres.
Souvent il existe en même temps des signes de compression des vaisseaux et nerfs de l'orbite et de la céphalée.
Les lésions atrophiques sont le plus souvent dues à la compression de l'hypophyse", soit directement par une tumeur issue d'un organe voisin (gliome, exotose), soit indirectement par hydropisie ■ des ventricules et dilatation ^sacci forme du diverticule qui, du troisième ventricule, pénèlre dans la tige de l'hypophyse. Cette hydropisie ventriculaire peut être due elle-même à des lésions encéphaliques diverses, à des méningites ventri cul aires, à des tumeurs du cerveau moyen el en particulier de la glande pinéale, etc. La destruction de l'hypophyse se traduit,
i'ig. 77. — Syndrome adiposo-genital (eay deMadclung). Balle dans la selle turcique.
MALADIES DE L HYPOPHYSE.
d'une part, par de l'obésité, de la précocité du développement corporel et sexuel, sans hirsutisme, d'autre part, par des symptômes de compression des vaisseaux et nerfs de l'orbite pouvant aboutir à la cécité. Quand la lésion porte sur le lobe antérieur, la deslruction de cette partie de la glande provoque un syndrome caractérisé par
l;h . 78. — Syndrome adiposo-génita! chez un enfant de 10 ans. Hypercroissance, épilepsie, petite selle turcique. Poids, 70 kil. (d'après Cushing).
l'adiposité progressive, l'atrophie des organes génitaux et des symptômes de tumeur cérébrale, et qui a reçu le nom de syndrome adiposo-génital 'fig. 77 et 78).
L'opothérapie peut remédier partiellement aux symptômes relevant de l'insuffisance hypophysaire; le traitement pathogénique est plus difficile quand il s'agit des lésions hypertrophiantes ; les tentatives d'ablation chirurgicale des tumeurs hypophysaires ont donné le plus souvent des résultats désastreux.