QUATRIÈME SECTION MALADIES DU THYMUS
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Le thymus est un organe propre à l'enfance ; bien développé à la naissance, 6 à 10 grammes, il conserve ce poids jusqu'à la deuxième année. Puis il s'atrophie, ne pèse plus que 3 grammes à cinq ans; à la puberté, on n'en trouve plus que des traces perdues dans le tissu cellulo-adipeux du médiastin antérieur.
HYPERTROPHIE DU THYMUS.
Les chiffres donnés ci-dessus relativement au poids du thymus sont des moyennes autour desquelles les variations individuelles sont très considérables. 11 n'est pas rare de rencontrer, chez des enfants des deux premières années, des thymus atrophiés pesant à peine 2 ou 3 grammes, ou inversement des thymus volumineux pesant jusqu'à 30 grammes. Une telle augmentation de volume n'entraîne souvent aucun symptôme particulier. Toutefois on a cru noter une relation entre des morts inexpliquées survenues subitement chez des enfants de belle apparence, et le volume exagéré du thymus. Le mécanisme par lequel le thymus hypertrophié provoquerait la mort est, du reste, obscur. S'agit-il de compression directe avec aplatis* sèment de la trachée? Ce mécanisme paraît réel dans certains cas; dans un cas de M. Marfan, l'enfant avait présenté depuis la naissance du cornage trachéal inspiratoire et expiratoire par compression de la trachée; il mourut à dix-neuf mois d'une crise brusque d'asphyxie; le thymus pesait 22 grammes, malgré l'émaciation de l'enfant; l'organe était ferme, rouge, et fit hernie lors de l'incision de la peau du cou. Mais la plupart des morts subites attribuées à l'hypertrophie du thymus ne sont pas précédées de symptômes témoignant d'une compression trachéale.
Paltauf a pensé que l'hypertrophie du thymus n'est que la consé-
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quencc d'un état général, cause directe de la mort. Cet état général, qu'il appelle état lymphatique, se manifesterait cliniquement par une bouffissure du visage et une hypertrophie des amygdales et des ganglions accessibles au palper, anatomiquement par l'hypertrophie générale des organes lymphoïdes, ganglions, rate, thymus. La mort arriverait par paralysie du cœur; la proportion anormale des sucs dans l'organisme lymphatique aurait pour conséquences des modifications telles, dans les centres présidant aux mouvements du cœur, qu'ils seraient constamment en imminence d'arrêt.
Pour Srehla, la mort aurait lieu par syncope : Vhyperthymisation prédisposerait à la syncope.
En somme, la question de la mort subite chez les enfants et de ses rapports avec l'hypertrophie du thymus n'est pas encore résolue.
On a mieux élucidé, dans ces derniers temps, la symptomatologie des formes intermittentes et des formes chroniques de l'hypertrophie thymique. Grâceà la radioscopie, qui a permis de diagnostiquer avec certitude sur le vivant l'hypertrophie du thymus, il a été possible de rapporter à cette lésion certaines manifestations de cornage inspiratoire et expiratoire, avec ou sans tirage continu ou intermittent, et avec ou sans accès de suffocation. L'hypertrophie thymique se manifeste à la radioscopie par une ombre au niveau de la poignée sternale ayant la forme d'un triangle à sommet inférieur et médian. Il y a de la matité au même niveau. Au contraire, l'adénopathie des mêmes régions donne le plus souvent des ombres débordant latéralement le sternum et à contours arrondis ou polycycliques.
Quand l'examen radioscopique a établi l'existence d'une hypertrophie thymique, il faut se presser d'agir, la mort pouvant survenir brusquement ou comme conséquence d'un accès de suffocation. L'ablation chirurgicale a été faite à maintes reprises avec succès (Veau). La radiothérapie donne également d'exellents résultats et, à moins de risques, elle semble devoir, dans la plupart des cas, être prélérée au traitement sanglant (Albert- Weil).