‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 177 sur 283 · XII. - HÉMATÉMÈSES ET MEL/ENA DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

XII. - HÉMATÉMÈSES ET MEL/ENA DES NOUVEAU-NÉS

Symptomatologie. — Les hémorragies gastro-intestinales des nouveaux-nés, cliniquement traduites par le vomissement de sang (hé malémèse) elles selles sanglantes (mélœna), s'observent environ une fois sur 700 à 800 naissances. Rien ne les fait prévoir ; elles surviennent subitement, aussi bien chez les enfants robustes et bien portants que chez les autres. Tantôt le mél.Tna apparaît seul (46 fois sur 100); tantôt il coïncide avec l'hématémèse (40 fois sur 100) ; l'hématémèse isolée est exceptionnelle (15 foissur 100). Les selles mélaîniquessont noirâtres et poisseuses et se répètent à plusieurs reprises; l'hématémèse est constituée par du sang rouge ou noir, rejeté en une ou plusieurs fois, à la fois par la bouche et le nez, dans un effort de vomissement. L'époque la plus habituelle est le deuxième ou troisième jour après la naissance ; les hémorragies les plus tardives ne surviennent pas après le douzième jour ; souvent l'hémorragie est unique ; parfois de nouvelles pertes de sang surviennentaprès quelques jours, et quelques récidives de ce genre amènent la mort.

Il n'y a pas d'autres symptômes associés que ceux qui sont la conséquence directe de la perte de sang, c'est-à-dire l'anémie profonde et l'état syncopal.

Les hémorragies gastro-intestinales des nouveau-nés entraînent

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la mort par anémie, syncope, affaiblissement dans plus de la moitié des cas. Le pronostic est presque fatal quand les pertes de sang se répètent ; exceptionnellement, la terminaison se fait par perforation et péritonite mortelle.

Anatoniie pathologique. — La cause de l'hémorragie gastrointestinale des nouveau-nés est la production d'ulcérations qui siègent, soit sur la muqueuse stomacale, soitdansla portion sus-valérienne du duodénum, soit dans la dernière portion de l'œsophage.

Elles sont multiples ; àcôté d'une ou plusieurs ulcérations profondes ayant atteint un vaisseau, on trouve des érosions superficielles multiples, de petites escarres en place et des taches ecchymotiques ou simplement hyperémiques. Le processus hyperémique peut être étendu à tout le tube digestif et même à la muqueuse vésicale. On peut, du reste, trouver des érosions analogues chez des nouveau-nés morts sans hémorragie.

Diagnostic. — Il faut distinguer l'affection que nous venons de décrire (melxna vera de certains auteurs) des hémorragies gastrointestinales survenues chez le nouveau- né secondairement à d'autres processus (melsenaspuria).

Une première cause d'erreur à éliminer est la déglutition par le nouveau- né, au moment de la tétée, de sang pro venant d'une gerçure du mamelon, ou de sang provenant d'une hémorragie buccale ou gingivale. Il ne faudra pas confondre avec la teinte brune du méco. nium, la teinte noir violacé des selles mélaeniques.

Le mélœna peut se voir chez les nouveau-nés comme élément d'une septicémie hémorragique jilcoïncide alors avec des hémorragies ombilicales et du purpura de la peau et des muqueuses ; la température n'est pas toujours élevée ; l'infection chez le nouveau-né et surtout chez le prématuré est parfois hypothermique.

La dégénérescence aiguë du foie du nouveau-né à la suite d'infection ombilicale, ou chez les hérédo-syphilitiques, est susceptible, également, de s'accompagner de mélœna, voire d'hématémèses. Il existe alors du subictère.

Étiologie. — Il est difficile d'expliquer la production des ulcérations s'tomaco-duodénales qui causent leshémorragies gastro-intestinales des nouveau-nés. On ne peut que les comparer, comme l'a l'ait M. Gandy, avec cellesqui existent chez les bridés, qui ont même localisation, même aspect macroscopique et microscopique, qui s'accompagnent de même congestion des muqueuses intestinales et vésicales : elles se produisent en très peu de temps après la naissance,commecellesdesbrûlés en très peu de temps après l'accident. Il est donc permis de penser que les deux ordres de lésions relèvent

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d'un mécanisme analogue, sur lequel, du reste, la lumière n'est pas encore faite.

Traitement. — L'enfant qui vient d'avoir une hémorragie doit être enveloppé de linges chauds, d'ouate, deboulesd'eau chaude; aubesoin, on le mettra dans un bain chaud à 40° ; on fera une injection hypodermique d'un quart de centimètre cube d'ergotine ; on ne donnera d'autre alimentation que des cuillerées à café d'eau glacée, de quart d'heure en quart d'heure; au bout de vingt-quatre heures, on pourra commencer le lait glacé; on a conseillé les inhalations continues d'oxygène.

Les nouveau-nés syphilitiques paraissent plus sujets que d'autres aux hémorragies intestinales; il faudra donc toujours rechercher avec soin les signes "de syphilis chez les parents et chez l'enfant, ei si l'enquête est positive, ou même simplement douteuse, appliquer le traitement antisyphilitique.

Traitement. — L'enfant qui vient d'avoir une hémorragie doit être enveloppé de linges chauds, d'ouate, de boules d'eau chaude; au besoin, on le mettra dans un bain chaud à 40° ; on donnera tous les deux heures une cuillerée à café de solution de chlorure de calcium à 1 p. 100; pas d'autre alimentation ni boisson ; on fera une ou deux fois par jour une injection sous-cutanée de soluté de sel marin à 8 p. 1000, à la dose de 20 ou 40 centimètres cubes, additionnée d'une goutte de solution d'adrénaline au millième.

Il est de règle que ce traitement arrête l'hémorragie en vingtquatre ou quarante-huit heures. Une fois le sang disparu des selles, on reprendra l'alimentation par cuillerées à café d'eau glacée de quart d'heure en quart d'heure ; puis on coupera l'eau glacée de lait, on augmentera progressivement la quantité donnée à chaque fois, la proportion de lait et les intervalles des cuillerées, de façon à revenir en quelques jours à l'alimentation normale

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