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CHAPITRE X MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Particularités anatomiques. — A la naissance, le volume et le poids du cerveau sont relativement énormes : le poids du cerveau est le huitième de celui du corps chez le nouveau-né, le douzième à un an, le quinzième à deux ans, le vingtième à quatre ans, le trente-cinquième seulement chez l'adulte.

Le poids de l'encéphale est de 350 grammes à la naissance, 420 grammes à un mois, 630 grammes à trois mois, 675 grammes à six mois, ~00 grammes à un an, 950 grammes à trois ans, 1 100 grammes à sept ans, 1 300 grammes à quinze ans, 1 350 chez l'adulte.

Chez le nouveau-né; le cerveau est mou et gris rosé; les sillons sont moins profonds et moins subdivisés que chez l'adulte. A la coupe, la substance blanche centrale est mal différenciée ; elle est encore grisâtre, ce qui tient à ce que la myélinisation n'est pas terminée; tandis que la myélinisation des fibres courtes de la moelle, du bulbe, du cervelet et des zones ganglionnaires du cerveau, est achevée à la naissance, on ne trouve à ce moment dans la souscorticalité que de rares flbres myélinisées; on en trouve dans tout le cerveau, mais elles sont spécialement accumulées en certaines régions : région circumrolandique, extrémités antérieures de la première temporale e' des oecipito-temporales, région cireumcalcarine, circonvolution du corps calleux et de l'hippocampe; ce sont les territoires primordiaux de Flechsig, qui comprennent surtout le cerveau olfactif, et le cerveau sensorio-moteur ; les fibres centripètes se myélinisent d'abord, les fibres centrifuges ensuite. Dans les deuy premiers mois, la myélinisation se fait dans les territoires intermédiaires de Flechsig, qui sont la plupart des zones marginales autour des territoires primordiaux ; au deuxième mois, il ne reste dépourvu de myélinisation que les territoires ter-

minaux, répartis en trois grands champs, occupant le centre de lobes frontal, temporal et pariétal. Les territoires les plus précoce ment myélinisés sont ceux qui sont les plus riches en fibres de projection; les territoires tardivement myélinisés ne comprennent guère que des fibres d'association ; les premiers sont les zones sensorio-motrices, les seconds les zones intellectuelles.

Dans l'axe bulbo-spinal, les faisceaux longs sont les plus tardifs à se myéliniser ; la myélinisation des faisceaux pyramidaux ne s'achève complètement que vers sept mois.

Particularités physiologiques. — Mouvements. — A la naissance, l'enfantne fait que des mouvements réflexes, respiration, succion ; il sursaute au bruit ; au bout de deux ou trois semaines, il commence à suivre des yeux les objets lumineux; il retient un objet qu'on lui met dans la main ; vers quatre ou cinq mois, il saisit intentionnellement les objets; dès le second mois, l'enfant tient sa tête droite ; au troisième ou quatrième mois, il reste assis sur son séant ; vers six mois, il se traîne sur le ventre à l'aide des mains ; vers huit mois, il marche â quatre pattes ; vers dix mois, il se dresse le long des meubles; à un an, il marche soutenu par la main; c'est en général vers quatorze mois qu'il réalise la marche indépendante, mais encore incertaine et chancelante; et ce n'est guère qu'à deux ans que la marche est tout à fait assurée.

Langage. — Dès le quatrième ou cinquième mois, l'enfant émet quelques sons sans signification, et ce n'est guère qu'à la fin de la première année qu'il émet les premiers mots. A la fin de la deuxième année, il possède un langage simplifié, qu'il perfectionne au cours des années suivantes. On voit parfois des enfants, normaux pour tout le reste, chez qui la faculté du langage tarde à se développer et qui ne parlent as. encore à trois et quatre ans. (audimutité). 11 n'y a rien à faire pour hâter l'apparition de la faculté en retard. Si l'enfant a par ailleurs une intelligence normale, le langage finira par se développer aussi bien que chez les autres sujets.

Développement intellectuel. — Les facultés intellectuelles se développent selon une évolution sensiblement la même selon les enfants. On peut apprécier le degré de développement de l'intelligence au moyen d'un certain nombre d'épreuves simples ou t«st (Alfred Binet).

En voici quelques-unes. A trois ans, l'enfant sait répéter deux chiffres, répéter six syllabes, énumérer les personnages et objets d'une gravure, dire son nom de tarmille. A quatre ans, il sait dire s'il est un garçon ou une fille, il sait nommer les objets usuels, dire

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de deux lignes quelle est la plus longue. A cinq ans, il sait répéter une phrase de dix syllabes, dire de deux objets quel est le plus lourd, copier un carré. A six ans, il sait distinguer la main droite et l'oreille gauche, répéter une phrase de seize syllabes, définir par l'usage des objets familiers, dire son âge, exécuter trois commissions. A sept ans, il sait donnerle compte de ses doigts, copier un losange, répéter cinq chiffres, copier une phrase écrite. A huit ans il sait faire une lecture et en conserver deux souvenirs, compter trois sous simples et trois doubles et en donner le total, nommer trois couleurs, écrire sous dictée, compter de 20 à 0 en descendant. A neuf ans, donner la date complète du jour, indiquer à quel jour de la semaine ou se trouve, rendre la monnaie' sur vingt sous. : A dix ans, composer deux phrases où se trouveront deux mots donnés, énumérér les douze mois de Tannée, reconnaître les neuf pièces de notre monnaie. A douze ans, iaire'une phrase contenant trois mots donnés, trouver plus de soixante mots en trois minutes. Donner des définitions de mots abstraits. Reconstituer des phrases désarticulées. A quinze ans, répéter sept chiffres, répéter une phrase de vingt- six syllabes. Trouver trois rimes à un mot donné, interpréter une gravure.

Lorsqu'un enfant est en retard de plus de deux ans sur un ensemble des tests, cela constitue une présomption grave d'arriération due, soit à un développement cérébral insuffisant, soit à des, tares physiques (chétivité, hypothyroïdie, vision ou audition défectueuses, maladies organiques graves).

Sémiologie — Réflexes. — Les réflexes sont moins fr.<rilcs à explorer chez f enfant que chez l'adulte. Dans la première eniance, les réflexes tendineux, quand on arrive à les provoquer, sont exagérés, ce qui traduit l'insuffisant développement de la portion .motrice du cerveau; les réflexes du membre supérieur restent exagérés, jusqu'à trois mois, ceux du membre inférieur jusqu'à sept mois. La trépidation épileptoide du pied «'obtient facilement chez l'enfant des premières semaines pour la même raison.

Les réflexes osseux n'apparaissent que dans la deuxième année.

Le réflexe plantaire de Babinski se fait normalement en extension chez l'enfant des premiers mois; ce n'est qu'au-dessus de deux ans qu'il se fait régulièrement en flexion. Le signe de Babinski n'a donc aucune valeur dans la première enfance.

Le réflexe crémastérien n'existe pas à la naissance et n'apparaît ^u'au bout de quelques mois.

L'enfant des premières années conserve avec une grande facilité et sans fatigue apparente les attitudes dans lesquelles on place

ses membres (extension du membre supérieur verticalement

au-dessus de la tête, expérience de Lesage). MM. Lesage et Collin ont décrit sous le nom de syndrome infantile normal psycho-neuro-musculaire un état caractérisé par la vivacité des réflexes tendineux, l'existence du signe de Babinski en extension et la conservation des attitudes. Ce syndrome est normal jusque vers deux ans et huit mois; quand il persiste au delà de cet âge, il indique un retard dans l'évolution des centres nerveux. Le retard peut être partiel; quand

L'ig. 'J3. — PoucLiou loamairo dauo lu jjosiliuu ttasioe (DopLui'J.

on note seulement la persistance ou l'exagération des rétlexes et du signe de Babinski en extension, ce serait un indice de débilité motrice; quand on note seulement la persistance de la faculté de conserver les attitudes, ce serait un indice de débilité de la volonté, indiquant une aptitude ultérieure aux accidents hystériques.

Ponction lombaire. — Elle a une importance sémiologique très grande chez l'enfant à cause de la fréquence des manifestations

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méningées chez lui. La technique est facile; le cul-de-sao rachidien descend plus bas chez l'enfant que chez l'adulte et n'est séparé de la peau que par des plans moins épais et moins résistants que chez l'adulte; la souplesse de la cobmne vertébrale chez l'enfai.l permet de lui faire « faire le gros dos », ce qui fait bâiller les espaces intervertébraux. On place l'enfant, soit assis en travers du lit \.'ig. 93), soit couché sur le côté (fig. 04). On pique sur la ligne médiane, dans le plan médian, sans crainte d'être gêné par les ligaments interépineux, très peu résistants dans le jeune âge; le niveau horizontal ie plus favorable est l'espace qui sépare la troisième de la quatrième lombaire, ou la quatrième de la cinquième; on repère facilement ces espaces par la position des apophyses épineuses perceptibles au palper sans difficultés chez l'enfant

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