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V. — TUMEURS INTRACRANIENNES

Les tumeurs intracraniennes que l'on observe le plus chez l'enfant sont, en première 'ligne, les gros tubercules du cerveau, du cervelet ou des méninges ; en seconde ligne, les gliumes et les neuroblastomes, plus rarement les gommes syphilitiques, les ostéomes, les liystes dermoides, les kystes parasitaires, les hémorragies enkystées.

Les gliomes, composés de cellules et de fibrilles névrogliques, et les neuroblastomes, composés de cellules nerveuses plus ou moins rapprochées de l'état embryonnaire, se rencontrent dès la première enfance ; ils sont le plus souvent uniques ; les gros tubercules se voient dans la seconde enfance et l'adolescence; quelquefois isolés, ils sont plus souvent multiples; ils siègent dans l'épaisseur des circonvolutions; ils ont une prédilection pour les lobes latéraux du cervelet.

Symptomatologie. — La symptomatologie peut être nulle; la tumeur est une trouvaille d'autopsie. On trouve ainsi fréquemment des tubercules cérébraux ou cérébelleux à l'autopsie d'enfants atteints de tuberculose chronique disséminée.

Quant la tumeur se manifeste p niant la vie, c'est par des symptômes semblables à ceux qu'elle provoque chez l'adulte : i° symptômes d'hypertension cérébrale : céphalalgie localisée, persistante, rebelle à tous les traitements; vomissements sans efforts, sans rapport chronologique avec les périodes de digestion; stase papillaire perceptible à l'ophtalmoscope ; chez le nourrisson, tension des fontanelles et parfois hydrocéphalie; 2° symptômes en rapport avec la localisation : épilepsie jacksonienne avec ou sans hémiplégie, si la tumeur est localisée dans la zone rolandique ; troubles de l'équilibration dans les tumeurs cérébelleuses ; troubles psychiques inconstants dans les tumeurs de la partie antérieure du cerveau ; strabisme, amaurose, dans les tumeurs de la base.

La durée est très variable. Elle peut être très longue quansd le symptômes de compression sont peu intenses et les crises jackso niennes espacées; mais quelquefois les troubles prennent tout d'un coup une intensité plus grande, et la mort est prompte. La guérison et sexceptionnelle.

Diagnostic. — Deux explorations sont très utiles pour assurer le diagnostic : 1° Yexamen ophtalmoscopique, qui montre souvent la stase papillaire, et parfois des granulations tuberculeuses de la cho-

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roïde permettant d'affirmer la nature tuberculeuse de la tumeur et son origine méningée probable; 2° la ponction lombaire, qui permet de constater l'augmentation de la pression intracéphalo-rachidienne et de faire la cytologie du liquide retiré. Dans les gros tubercules encéphaliques, on trouve souvent, mais non toujours, de la lymphocytose, et le cobaye injecté peut devenir tuberculeux ; les gliomes ne provoquent guère de réaction du liquide que lorsqu'ils envahissent les espaces sous-arachnoïdiens. L'examen radiologique, chez les jeunes enfants à crâne mince, et en employant des rayons appropriés, peut permettre de localiser la tumeur.

Traitement. — A part le cas exceptionnel du syphilome, le traitement est peu actif et uniquement symptomalique. Il y a lieu de discuter une intervention chirurgicale. Quand il n'y a pas de signe permettant une localisation précise, il faut se garder d'intervenir chirurgicalemenl; la ponction lombaire atténuera momentanément les symptômes graves de compression. Quand la tumeurs pu être localisée, l'opération ne donne aussi que rarement de bons résultats; s'il s'agit de tubercules ou de gliomes, l'intervention est grave, parce qu'alors la tumeur fait partie de la substance cérébrale, et le résultat définitif n'est que rarement la restitutio ad integrum; quand il s'agit de kystes dermoïdes, de kystes parasitaires, d'osléomes, qui refoulent le tissu cérébral plus qu'ils ne l'altèrent, le résultat peut au contraire être excellent.

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