II. — HÉMIPLÉGIE CÉRÉBRALE INFANTILE
Dans les cas congénitaux, ou remontant à la première enfance, l'hémiplégie cérébrale infantile est le plus souvent accompagnée d'un état plus ou moins marqué d'idiotie. Quant le début de l'affection est un peu plus tardif, quand l'enfant a dépassé la deuxième année au moment où il est frappé, l'hémiplégie cérébrale infantile se présente sous une forme plus pure, et les caractères qui la différencient de l'hémiplégie de l'adulte sont plus faciles à mettre en relief. Quand l'hémiplégie est survenue dans la grande enfance, audessus de sept à huit ans, elle ne diffère plus de celle de l'adulte. JNous prenons pour type de notre description une hémiplégie survenue dans le seconde enfance, entre deux et sept ans, à la suite d'un des divers processus décrits à l'article précédent.
Symptomatologie. — Période de début. — C'est une attaque de convulsions qui marque le plus souvent, à l'âge que nous considérons, le début de la maladie. Elles se répètent à plusieurs reprises dans la journée et dans les jours qui suivent; l'enfant reste plus ou moins abruti dans l'intervalle des crises; la température s'élève. Au bout de quelques jours, la fièvre et les mouvements convulsifs disparaissent, la connaissance revient, mais l'enfant reste hémiplégique.
Période hémiplégique. — L'hémiplégie est d'abord flasque J mais très rapidement elle s'accompagne de raideurs; au bout de
trois à quatre semaines, elle a revêtu le type spasmodique. Le spasme A\ cùté atteint entraîne une attitude typique (fig. 96); la tète est légèrement inclinée du côté malade; l'épaule de ce côté est plus haute que du côté sain; le bras est appliqué contre le thorax; l'avant-bras est fléchi sur le bras et immobilisé en pronation ; la main est en flexion forcée sur l'avant-bras; les doigts sont généralement repliés dans la paume de la main. Au membre inférieur, le genou est légèrement fléchi, le pied en varus équin, le gros orteil en extension ; la plante ne repose sur le sol que par le» talon antérieur.
Lés réflexes tendineux sont 3xagérés ; la trépidation épileptoïde est facilement provoquée ; la paralysie n'est pas complète, mais les mouvements sont limités parla contracture ; la marche est possible en traînant la jambe. La sensibilité est indemne.
L'intelligence est souvent intacte.
L'aphasie peut exister dans les premières semaines; elle disparaît en général très vite, même quand il s'agit d'hémiplégie droite. Cette absence d'aphasie différencie l'hémiplégie infantile de l'hémiplégie de l'adulte ; on l'explique en supposant que la suppléance d'un hémisphère par l'autre pour la fonction du langage s'établit d'autant plus facilement que le sujet est plus jeune.
Quant l'enfant grandit, on remarque un retard dans le développement du côté atteint; l'accroissement des membres en longueur et en épaisseur est moindre que du côté sain, en sorte que finalement., à l'âge adulte, il existe un raccourcissement plus ou moins grand suivant les sujets. Le tronc et la face ne participent que peu à cette atrophie. Les mouvements des muscles de la face sont peu altérés; les mouvements symétriqnes synergique de ces muscles ont lieu comme normalement.
Fig. 96. — Hémiplégie cérébrale infantile du côté gauche, consécutive à une encéphalite aiguë. Période d'hémiplégie spasmodique.
MALADIE DE LITTLK. , 'i7b
Période d'athétose. — Dans un certain nombre de cas, l'hémiplégie, au lieu de persister et d'aboutir à l'arrêt de développement, rétrocède; les mouvements volontaires deviennent plus faciles; il ne se produit ni atrophie, ni raccourcissement; mais les membres du côté atleint deviennent alors le siège de mouvements involontaires incessants, connus sous le nom de mouvements athélosiques et surtout sensibles au membre supérieur; ce sont des mouvements de translation lente, avec flexion et extension alternante de la main sur l'avant-bras et des doigts sur la main ; les mouvements s'exagèrent dans les mouvements volontaires, mais existent même au repos. Quand l'hémiplégie prend la forme athétosique, non seulement le membre ne s'atrophie pas, mais même les muscles s'hypertrophient quelquefois et deviennent notablement plus volumineux que du côté sain.
Période éclamptique. — A une période tardive, des accès éclamptiques peuvent survenir, prenant le type de l'épilepsie jacksonienne. Si ces accès se rapprochent, le pronostic devient mauvais, et le malade peut Unir en état de mal.
Pronostic. — A part l'éventualité de l'état de mal, l'hémiplégie cérébrale infantile ne comporte pas de gravité au point de vue de la durée de l'existence, une fois la période de début passée.
Traitement. — H est à peu près nul; on peut toutefois, avec beaucoup de patience, espérer quelques résultats du massage et des exercices méthodiques des membres atteints.