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II. — Rachitisme congénital

Pendant longtemps, on a englobé sous le nom de rachitisme congénital tous les cas où des enfants naissaient avec des déformations du squelette entraînant des courbures ou du raccourcissement des membres. Depaul a montré que, pour un certain nombre de ces cas, il s'agissait d'une maladie spéciale du système osseux, toute différente du rachitisme, et que Parrot a désigné un peu plus tard du nom cXaohondroplasie.

Puis successivement il a été démontré que nombre de cas catalogués rachitisme intra-utérin appartenaient à d'autres affections : le myxœdème congénital, la syphilis osseuse congénitale, Yosteogenesis imperfecta ou dysplasie périostale, les malformations plastiques par compression intra-utérine (fîg. 108) 5 si bien que, malgré la prétendue fréquence du rachitisme congénital en Allemagne, nous avions tendance, en France, àadmettre que lerachitisme congénital n'existait pas.

Cependant des faits nouveaux ont montré que le véritable rachitisme peut exister déjà à la naissance ; c'est très exceptionnel, mais c'est possible. MM. Rudaux et Marfan ont observé un sujet de ce genre qui, à la naissance, présentait les altérations typiques du rachitisme: front large avec bosses saillantes, thorax évasé, chapelet costal, tuméfaction des épiphyses des radius, incurvation des tibias, Ce rachitisme s'est encore accusé après la naissance, puis il a évolué comme le rachitisme des jeunes enfants quand il est bien traité ; les déformations se sont atténuées et ont peu à peu disparu. Le rachitisme congénital peut donc exister cliniquement, mais c'est très exceptionnel.

La question a été portée également sur le terrain anatomo-pathologique. A l'examen microscopique des épiphyses de fœtus mort-nés, on a constaté qu'un nombre appréciable d'entre eux présentaient au début des lésions caractérisques du rachitisme, irrégularité de la prolifération, vascularisation exagérée, état crénelé de la ligne d'ossification. Dans deux cas de microméliedu nouveau-né, Poraket Durante ont trouvé ces mêmes lésions. 11 faut donc admettre que le processus rachitique peut débuter dès la vie intra-utérine ; mais le plus souvent il est latent à la naissance, et ce n'est que très exceptionnellement que le rachitisme congénital peut être cliniquement observé.

III — Rachitisme tardif.

Dans la très grande majorité des cas, le processus rachitique cesse d'être en activité à partir de l'âge de quatre ou cinq ans. A partir de cet âge, les déformations rachitiques ne s'accentuent plus ; elles s'atténuent même dans la plupart des cas, quand elles n'ont pas été trop prononcées, et disparaissent au furet à mesure des progrès de la croissance. Ce n'est que dans les cas très accentués qu'elles se trouvent fixées dans une forme vicieuse délinitive, qui ne pourra plus guère varier par les progrès du développement. On a toutefois cité des cas de rachitisme prolongé dépassant beaucoup la durée habituelle de la maladie. Ils sont exceptionnels.

Tout autre chose est ce qu'on appelle le rachitisme tardif. Ollier a groupé sous ce nom des déformations ostéo-articulaires susceptibles do survenir chez des sujets malingres, anémiques, affaiblis, et plus rarement chez des sujets de bonne apparence générale, au moment de la poussée de croissance qui précède et accompagne la puberté. 11 est très rare que ces déformations soient généralisées, comme dans le rachitisme des jeunes enfants ; le plus souvent il s'agit d'une

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