COMPLICATIONS DE LA DIPHTÉRIE
sécrétions; ils se jugent parfois par le rejet de mucosités ou de couennes flbrineuses.
La répétition et la prolongation des accès de suffocation aboutit à l'état d'asphyxie continue : c'est la troisième période, période asphyxique, dont la prolongation aboutit à la mort en cyanose.
3» Diphtérie bronchique, cutanée, labiale, oculaire, vulvaire, etc. — La diphtérie se limite en général à la partie postérieure de la cavité buccale, aux fosses nasales et à l'arbre respiratoire ; elle peut descendre plus ou moins bas dans les bronches ; on a vu des enfants rejeter des moules pseudo-membraneux ramifiés allant jusqu'aux petites ramifications bronchiques (fig. 27).
Sur les autres muqueuses et sur la peau, la diphtérie ne se greffe en général qu'à la faveur d'excoriation préalable, et il est rare qu'elle constitue la première localisation. On l'observe assez souvent aux commissures buccales et sur les excoriations des lèvres et des narines ; sur la figure, dans les points atteints d'impétigo ; sur la conjonctivite
palpébrale, surtout si l'enfant était préalablement atteint de blépharite ; sur la peau dénudée par un vésicatoire ; on peut encore, chez les petites filles, observer la diphtérie vulvaire.
Complications de la diphtérie. - Paralysie diphtérique. - L'imprégnation des tissus par la toxine diphtérique a trop souvent pour conséquence des altérations des éléments délicats, et en particulier des éléments nerveux ; ces altérations se traduisent pat
Fig. 27. — Diphtérie bronchique; fausses membranes reproduisant la forme des ramifications bronchiques
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les troubles de la motilité et de la sensibilité, qui apparaissent au cours de la maladie, ou plus souvent dans la convalescence, parfois dix et douze jours après la chute des fausses membranes. Ils débutent en général dans les muscles sous-jacents aux surfaces qu'ont tapissées les fausses membranes diphtériques; aussi le pharynx, le voile du palais, l'orifice supérieur du larynx sont-ils les premiers atteints.
La paralysie diphtérique du voile du palais se manifeste tout d'abord par du nasonnement, dû à ce que le voile du palais, paralysé, ne forme plus cloison étanche entre le nez et la bouche dans l'articulation des sons. Pour la même raison, lors des mouvements de déglutition, les liquides sont projetés de la bouche dans les fosses nasales; souvent la déglutition s'accompagne de toux, toux expulsive provoquée par la pénétration de liquide dans le vestibule du larynx.
Si on examine la gorge d'un sujet qui présente ce phénomène, on voit que le voile du palais tombe comme un voile inerte au fond de la gorge ; il est soulevé comme un rideau lors de l'émission des sons ; on peut le chatouiller, le piquer sans provoquer le réflexe nauséeux, ni la sensation de piqûre. La paralysie peut s'arrêter là ; elle dure dans ce cas seulement quelques jours.
Dans les cas graves, la paralysie est extensive ; il s'agit presque toujours alors de paralysies tardives, paralysies de la deuxième semaine; l'extension se fait, en général, dans l'ordre suivant:
1° Paralysie des mouvements du voile du palais et du pharynx se traduisant cliniquement par le nasonnement et les troubles de la déglutition; 2° paralysie de l'accommodation de l'œil à la distance, se traduisant par des troubles de la vision des objets rapprochés, manifestes surtout dans la lecture : les objets rapprochés sont vus troubles; ils ne sont plus « au point » ; 3° paralysie des muscles de la nuque; la tète est ballante : l'enfant ne peut plus la soulever sur l'oreiller; 4" paralysie des muscles lombaires, impossibilité de la position assise ; o° paralysie des mouvements des membres inférieurs; 6° paralysie des mouvements des membres supérieurs. La paralysie Bst souvent incomplète, c'est parfois un simple affaiblissement, plus qu'une paralysie.
La sensibilité est abolie ou diminuée dans les régions paralysées; les réflexes sont abolis.
La durée de l'affection est des plus variables ; si la paralysie isolée du voile peut ne durer que quelques jours, il est de règle que la paralysie extensive dure des semaines et des mois; elle est, au reste, variable, mobile; on note des périodes d'amélioration et des