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MANIFESTATIONS SUR LE TISSU CELLULAIRE

Quant aux accidents délirants, ataxo-adynamiques, comateux, qu'on décrit sous le nom de rhumatisme cérébral, ils sont exceptionnels dans l'enfance. On a cependant cité quelques cas de rhumatisme infantile accompagné de méningisme, avec délire, agitation, raideurs musculaires, contractures de la nuque, hyperthermie, et parfois mort dans le coma.

Manifestations rénales. — L'albuminurie s'observe au cours du rhumatisme infantile dans une proportion d'une fois sur quatre à cinq cas. Elle est, en général, minime et disparaît avec la fièvre. La néphrite rhumatismale et l'hématurie rhumatismale sont exceptionnelles chez l'enfant.

Manifestations sur le tissu cellulaire et les synoviales tendineuses. — Les synovites tendineuses sont beaucoup plus rarement observées dans le rhumatisme franc que dansle pseudo-rhumatisme. Il en est de même des poussées d'œdème dit à tort œdème rhumatismal, des poussées de pétéchies avec ou sans congestion cutanée, avec ou sans œdème sous-cutané, décrites sous le nom de péliose rhumatismale, pseudo-phlegmon rhumatismal ; elles ressortent en réalité à la péliose (voy. art. Purpuras), à l'érythème noueux ou polymorphe et à la maladie familiale de Quincke, et non au rhumatisme articulaire aigu vrai.

Toutefois on peut voir, au cours du rhumatisme franc, des fluxions œdémateuses ou congestives siégeant sur les membres, sur la peau du tronc, à la face ; ces plaques d'œdème sont mobiles, fugaces, durent au plus vingt-quatre heures ou quarante-huit heures.

Les nodosités rhumatismales de Jaccoud et Meynet sont tout autre chose. Ce sont de petites tumeurs fermes que l'on sent sous la peau, où elles roulent sous les doigts; elles sont sphériques ou allongées, et elles ont la dimension d'un pois, d'un grain de blé, d'une petite noisette. Elles sont indolores spontanément, mais sensibles à la pression forte. Elles siègent de préférence aux abords des insertions tendineuses, à la nuque, à l'extrémité interne de la clavicule, aux environs de la rotule, aux alentours de l'olécrâne, au niveau de l'apophyse styloïde du radius, le long des apophyses épineuses des vertèbres cervicales; elles sont multiples ; on en compte dix, quinze, trente chez le même sujet ; des biopsies ont montré qu'elles sont constituées par des épaississements du tissu cellulaire, parfois infiltrés de particules calcaires. Ces nodosités persistent de quelques jours à plusieurs mois. Elles se voient chez les enfants plus souvent que chez les adultes et indiquent toujours une forme tenace, grave, qui se compliquera presque à coup sûr d'endopéricardite.

Manifestations sur les muqueuses. — L'angine du début du

rhumatisme s'observe plus rarement chez l'enfant que chez l'adulte. C'est une angine rouge, douloureuse, qui disparaît en général quand les articulations sont franchement tuméfiées.

Évolution.

La poussée aiguë

— Rhumatisme chronique généralisé chez un enfant de quatre ans.

de> rhumatisme traîne des semaines quand elle est livrée à elle-même ; mais, sous l'influence du traitement salicylé, elle cède en général en quatre à cinq jours. Il en est de même des poussées viscérales : mais les reliquats d'endocardite et de péricardite laissent à leur suite des lésions valvulaires ou des symphyses cardiaques persistantes. Enfin le malade est exposé à des récidives.

Les récidives sont de règle dans le rhumatisme.

Les poussées surviennent à intervalles plus ou moins éloignés. Chez certains sujets, il y a des poussées qui ne sont séparées que par un intervalle de quelques semaines ; d'autres fois, des années s'écoulent entre deux attaques. En général, les attaques s'espacent quand le sn;«t arrive à

l'âge adulte. Elles finissent par disparaître vers la quarantaine. Rhumatisme chronique. — En général, dans l'intervalle des poussées articulaires, les articulations retrouvent leur plein fonctionnement. Cette règle est toutefois sujette à exception. Un malade a eu une, deux, trois, quatre poussées de rhumatisme articulaire aigu, qui ont évolué comme d'habitude, laissant ou non des traces sur le cœur ; à une nouvelle attaque, les articulations restent tuméfiées, douloureuses, se déforment lentement et restent déformées et douloureuses; la déformation devient progressive ; les petites jointures des mains et des pieds y participent, et, à un moment, il n'y a aucune différence d'aspect entre ce rhumatisme chronique déformant

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