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FORMES CLINIQUES

être prévenu de cette éventualité possible pour ne pas se tromper sur l'éliologie.

La septicémie généralisée, qui complique souvent les artérites et les phlébites ombilicales, peut ne se manifester, à l'autopsie, que par des lésions dégénératives banales des différents organes; le foie est pâle, marbré ; les reins sont gros et blancs ; la rate est hypertrophiée . D'autres fois on trouve des lésions plus localisées ; les poumons présentent des foyers congestifs, des infarctus ; des petits abcès peuvent se voir dans les reins, la rate, les poumons; il peut exister des exsudats séro-purulents dans le péritoine ou la plèvre.

Bactériologie. — La plupart des microbes peuvent causer des infections ombilicales ; les divers cocci pyogènes, le colibacille, le Pyocyaneus, le Proteus causent les omphaliles, les périomphalites, les inflammations vasculaires, les septicémies ; le streptocoque est plus spécialement en cause dans l'érysipèle des nouveau-nés.

Formes cliniques. — Putréfaction du cordon. — Au lieu de se rétracter et de se dessécher progressivement, le cordon prend une teinte verdâtre et s'amollit. Le meilleur procédé pour lutter contre cette putréfaction consiste à saupoudrer largement le cordon d'une poudre momifiante, puis d'une gaze aseptique :

Poudre de quinquina gris 15 grammes

Poudre de tanin 2 —

Poudre d'acide borique. , 3 —

On peut employer aussi la poudre d'arislol. Dans les formes fétides» les lavages locaux à la solution de permanganate de chaux à 1 p. 1 000, répétés à chaque change, font merveille. On séchera ensuite très soigneusement avec des tampons d'ouate hydrophile sèche sans frolter, et on saupoudrera avec du peroxyde de zinc.

Pyorrhée ombilicale. — Il s'agit d'un simple suintement ombilical séro-purulent sans réaction inflammatoire locale (forme simple) ; il se complique parfois de bourgeonnement exagéré (forme fongueuse), oud'ulcération (forme ulcéreuse, forme phagédénique).

De simples lavages à l'eau bouillie, ou à l'eau boriquée, avec application d'une poudre antiseptique (aristol), viennent, en général, à bout de la forme simple; dans la forme fongueuse, il faut, en outre, toucher une ou deux fois par jour les bourgeons avec le crayon de nitrate d'argent; dans la forme ulcéreuse, lavages à l'eau oxygénée, attouchements à la teinture d'iode dédoublée, ou badigeonnages à l'eau iodée :

Iode... ) gj i gramme

Iodure de sodium )

Eau 100 grammes.

ou avec la solution de collargol à 1 o. iOo.

Apert. — Mal. des Enfants. 3e édit. 13

i 94 INFECTIONS OMBILICALES.

Omphalite , péri-omphalite , lymph angite, phlegm on . — Quand les lésions inflammatoires se bornent à un bourrelet rouge autour de l'ombilic, elles cèdent, en général, à des pansements humides en permanence. L'eau bouillie suflit à ces pansements; les solutions de sublimé ou d'acide phénique sont trop irritantes pour la fine peau du nouveau:né. On peut employer la solution de collargol à 1 p. 100. Il suffit, en général, de quelques jours de pansements pour venir à bout de cette inflammation limitée.

Quand les lésions vont jusqu'à la lymphangite ou jusqu'au phlegmon, le même traitement est à employer, mais ne suffit que bien rarement à enrayer la marche progressive des accidents. Le pronostic est grave. Les incisions sont mal supportées et doivent être réservées aux cas où de petits abcès bien collectés se seraient formés auv alentours de l'ombilic.

Érysipèle ombilical des nouveau-nés. — L'érysipèle des nouveau-nés a une allure clinique très différente de l'érysipèle de l'adulte ; l'étude histologique des parties atteintes explique cette différence; chez le nouveau-né, la pullulation du streptocoque ne se limite pas à la couche superficielle du derme et à la région papillaire ; elle infiltre de façon diffuse les espaces conjonctifs du tissu graisseux sous-cutané, les vaisseaux lymphatiques qui s'y trouvent et les gaines lymphatiques périvasculaires très développées à cet âge. La phagocytose, très marquée chez l'adulte, fait à peu près défaut chez le nouveau-né; aussi la maladie est-elle, chez ce dernier, extensive et souvent compliquée d'infection généralisée.

L'érysipèle débute brusquement, vers la fin de la première ou le début de la seconde semaine, par une élévation brusque de la température ; en même temps, on constate un placard rouge diffus qui apparaît d'abord, non pas toujours au pourtour de l'ombilic, mais souvent à distance, à l'hypogastre et au triangle pubien; au début, l'enfant n'est pas abattu et continue à prendre le sein avec appétit. Dans les jours suivants, la température monte par intervalles à 39° et 40°, mais ne se maintient pas à cette hauteur d'une façon aussi constante que chez l'adulte. La plaque érysipélateuse s'étend rapidement : aux grandes lèvres chez la petite fille, au pénis et au scrotum chez le petit garçon ; ces régions sont rouges, indurées, luisantes; le placard abdominal gagne tout l'abdomen ; la peau est rouge, tuméfiée; le bourrelet périphérique est moins marqué que chez l'adulte. Dans les jours suivants, l'érysipèle conLinue à s'étendre ; ce n'est pas toujours uniquement par contiguïté; quelquefois on voit un placard rouge débuter à 1 ou 2 centimètres en dehors de la ligne d'extension. Les cuisses, les jambes, les membres supérieurs sont atteints à

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