‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 62 sur 283 · I. — Teigne faveuse · texte numérisé non relu

I. — Teigne faveuse

On ne l'observe guère à Paris que chez des enfants revenant de nourrice ou d'un séjour prolongé à la campagne dans une famille rurale, ou chez des enfants d'immigrés récents. C'est, en effet, une teigne rurale et ne se développant guère que chez des enfants privés

l'ig. 4Î. — Kavus de la tète et de la partie supérieure du Iroac.

de tout soin de toilette. Elle se présente sous forme de godets blanc grisâtre, circulaires, surélevés sur leurs bords, déprimés au centre, punctiformes au début, puis se développant jusqu'à atteindre 1, 2, 3 centimètres de diamètre (fig. 42). Ces godets dégagent une odeur rappelant l'odeur de souris ; ils sont le plus souvent multiples, semés sans ordre sur le cuir chevelu, et plus rarement sur le cou, le tronc, les membres, très rarement au visage, aux mains, aux ongles. Si on enlève le godet favique, le derme sous-jacent apparaît rouge et suintant. Les cheveux sont envahis par le champignon et deviennent grisâtres et ternes; la mèche de cheveux est ordinairement enlevée avec le godet correspondant.

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Quand la maladie est abandonnée à elle-même, les godets progressent lentement; par leur réunion, ils forment une masse douteuse plus ou moins étendue; souvent il arrive par endroits que la croûte se détache et que la lésion sous-jacente tende plus ou moins à la cicatrisation; ou encore le milieu des godets se cicatrisé quand la périphérie continue à s'étendre. En général, une bordure de cheveux reste toujours préservée à la périphérie de la chevelure.

Traitement. — La guérison spontanée du favus est rare; on n'observe pas pour lui la guérison naturelle à la puberté comme pour la tondante. En revanche, la guérison est beaucoup plus facilement obtenue que pour cette dernière teigne par le traitement que voici :

Couper les cheveux ras; appliquer sur la tête un pansement humide en permanence pour ramollir les croûtes; faire tomber celles-ci; quand tous les godets sont complètement enlevés, appliquer pendant quelques jours un pansement humide avec des compresses imbibées du liquide suivant :

Iode ... -. 1 gramme .

Iodure de sodium 2 grammes.

Eau distillée'. .'. 100. " —

L'épiderme tend à se reformer sur Je cuir chevelu ainsi décapé; mais le parasite persiste dans les follicules pileux. Il faut alors procéder à l'épilation patiente de toute la région atteinte, de façon à enlever tous les bulbes pileux, en dépassant de plusieurs millimètres les limites du mal. L'épilation se fera d'avant en arrière, en avançant d'environ 1 centimètre par jour. Après la séance, enduire la tête de vaseline au turbith au quinzième. Avant la séance suivante, laver la tête au savon, puis à l'alcool au tiers; après la séance, laver la tête à la liqueur de Van Swieten, puis à l'alcool au tiers ; bien sécher, appliquer la pommade.

En cas d'ulcérations suppurantes ou saignantes du cuir chevelu, on se contentera délavera J'eau boriquée, et on emploiera le turbith au trentième ou au cinquantième.

Des cheveux cassés, échappés à l'épilation, suffisent pour être le point de départ d'une récidive; aussi, à mesure que l'on avance vers la nuque, il faudra surveiller la repousse des cheveux vers le front; huit jours après la première épilation, les racines qui ont échappé ont suffisamment grandi pour être- épilées; il -n'y faudra pas

manquer.

En général, deux mois à quatre mois, selon l'étendue du mal, suftisent pour obtenir la guérison.

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