XIV. - ÉRYTHÈMES
On nomme êrythèmes les lésions de la peau caractérisées par une coloration rouge persistante de la surface cutanée, sans élément éruptif surajouté. Toute cause locale d'irritation de la peau de l'enfant est susceptible de causer de l'érythème. Chez le jeune enfant, on observe 'aux fesses et aux cuisses Vérythème par macération, dû au contact irritant de l'urine et aboutissant à l'eczéma du siège et aux papules syphiloïdes de macération (voy. ''Eczéma). Au printemps, on observe fréquemment chez les jeunes enfants un érythème siidtiral qui a dés caractères spéciaux ; les plaques érythémateuses sont roses, irrégulièrès et semées de petites vésicules punctiformes; elles siègent au cou, à la nuque, à la poitrine, à la face. L'érythème solaire, ou coup de soleil, se manifeste par une coloration rouge sombre du nez e't des joues (ou, chez les enfants aux jambes découvertes, des mollets), bientôt suivie de 'desquamation et de pigmentation fugace. 'Chez certains enfants prédisposés, l'action solaire provoque une 'mortification superficielle de la peau avec formation de Bulles pleines 'd'un liquide sanieux (hyclroa vacciniforme) ; une telle éruption se répète parfois plusieurs années de suite chez les mêmes sujets, toujours sous la même influence d'une exposition aux rayons solaires.
Le froid cause une variété d'érythème violacé avec indurations noueuses du tissu sous-cutané (érythème pernio ou engelures), localisé aux extrémités, s'accompagnant parfois de mortification superficielle et de vésicùlation, avec ulcération.
Plus intéressants au point de vue du diagnostic sont les êrythèmes de cause générale, qui, plus généralisés à la surface cutanée, peuvent simuler des fièvres éruptives. Tous les états infectieux et beaucoup d'états toxiques sont susceptibles de s'accompagner d'érythèmes. 11 est rare toutefois d'observer des êrythèmes franchement morbilliformes ; on observe plus souvent des êrythèmes uniformément étendus à toute la surface cutanée (éryllicmcs scarlatiniformes) ; le plus ordinairement, l'érythème de cause générale ne ressemble ni à la rougeole, ni à la scarlatine; il forme des plaques irrégulières, plus ou moins étendues et confluentes; il mérite le nom d'érythème polymorphe.
Vérythème noueux, Vurlicaire se voient chez l'enfant comme chez l'adulte, sans rien présenter de particulier. Parmi les éry- Ihèmes toxiques polymorphes, nous devons signaler les urticaires sérothérapiques (voy. Diphtérie), les érythèmes dus à l'antipyrine, qui sont parfois 'assez franchement morbilli (ormes; les érythèmes dus aux infections chirurgicales et aux streptococcies, souvent scarlatiniformes, et les rashs des fièvres éruptives, scarlaliniformes on en grandes plaques rouge vif.
L'absence habituelle du larmoiement et des catarrhes èe muqueuses, l'absence constante du signe de Koplik distinguent de la rougeole les érythèmes morbilliformes : l'absence habituelle du pointillé scarlalineux, et une moindre intensité de la rougeur de la gorge permettent souvent, mais non toujours, de distinguer de la scarlatine les érythèmes scarlatiniformes.
Traitement. — Éry thème sudoral: poudre de talc, lotions vinaigrées ; érythème solaire : Uniment oléo-calcaire, ipoudre de talc ; engelures : emplâtre à l'oxyde de zinc, onctions glycérinées, teinture d'iode à l'intérieur, cinq gowttes chaque matin dans un peu de'lait; érythème polymorphe : séjour au lit, diète, purgation.