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XII. — Rhuiiiatisnie articulaire ai^u

Définition. — Le rhumatisme articulaire aigu est une maladie, encore inconnue dans son essence, qui, avec une fièvre généralement modérée (de 38 à 39*j sauf complication, se traduit par des arthrites douloureuses, ordinairement multiples, ou par l'inûammation de quelque séreuse, en particulier de la plèvre ou du péricarde.

Eliologie. — A en juger par ce que l'on observe dans le rhumatisme dit blennorrhagique, dans ce qu'on appelle le rhumatisme scarlatin et dans la plupart des arthropathies constatées au cours de bien des maladies infectieuses (pseudorhumatisme de la pyohémie. du scorbut, etc.), on est assez autorisé à classer le rhumatisme parmi les maladies infectieuses, bien que la véritable cause de cette infection nous soit encore inconnue. Achalme prétend avoir trouvé un bacille particulier dans le sang des rhumatisants.

L'hérédité et le froid humide en sont les causes les plus fréquentes.

Symptomatologie. — Les symptômes ne diffèrent pas sensiblement ici, c'est-à-dire chez lenfant, de ce qu'ils sont chez l'adulte : douleurs articulaires, que le simple contact ou le moindre mouvement exagère, arrachant des cris au patient; gonflement articulaire et périarticulaire, avec coloration normale du tégument.

Il est peu de maladies aussi déglobulisantes que le rhuma-

tisme. De là, cette pâleur excessive des téguments chez la plupart des rhumatisants, pâleur plus marquée encore, si c'est possible, chez l'enfant atteint de rhumatisme et qui avait motivé, de la part des anciens, le nom de febris pallida donné à la fièvre rhumatismale. Ils avaient été justement frappés, en effet, de la coexistence, un peu contradictoire, de la fièvre d'une part, de la pâleur excessive d'autre part, syniptômes qui, d'ordinaire, ne vont pas de pair dans la plupart des états fébriles.

Au cours de cette maladie se montrent des sueurs profuses et nullement critiques de la fièvre. Seules, les sueurs abondantes que l'on observe au cours de la suette et la sueur agonique, se trouvent, à ce point de vue, dans les mêmes conditions que celles des rhumatisants.

La constipation est la règle dans le rhumatisme. Cela s'explique suffisamment et par les sueurs profuses et par l'anémie profonde, qui existent au cours de cette maladie.

De là même, comme nous le verrons plus loin, une source particulière d'indications.

La péricardite et la pleurésie rhumatismales n'ont pas des symptômes différents de ceux de la péricardite ou de la pleurésie en général. Il en est de même de l'endocardite, assez fréquente dans cette maladie.

Le rhumatisme articulaire aigu présente ceci de caractéristique, c'est qu'il est d'une mobilité parfois extrême, quil soit poly — ou mono-articulaire. On le voit, subitement pour ainsi dire, débarrasser les articulations prises, pour envahir une ou plusieurs de celles qui, jusque-là, étaient restées indemnes.

Le torticolis osseux peut être la conséquence, rare il est vrai, du rhumatisme articulaire siégeant sur la colonne vertébrale cervicale.

Les muscles sterno-cléïdo-mastoïdiens, ceux de la nuque, sont le siège le plus habituel du rhumatisme musculaire dans l'enfance. On observe plus rarement, à cet âge, la pleurodynie ou le lumbago.

Le rhumatisme aimebeaucoup le cœur chez l'enfant, aussi

voit-on facilement survenir chez lui l'endo-péricardite et la symphyse du péricarde, que nous étudierons plus loin.

Il faut toutefois reconnaître que le rhumatisme, aigu ou chronique, est relativement rare en clinique pédialrique. Nous ne l'avons observé que très exceptionnellement. 11 est le plus souvent héréditaire.

Une de ses complications les plus redoutables est le rhumatisme cérébral, qui s'accompagne souvent dune hyperthermie excessive (40, 41*^).

Diagnostic. — Il ne faut pas se hâter de diagnostiquer le rhumatisme articulaire aigu, chez l'enfant, en présence de douleurs articulaires ou para-articulaires, même assez intenses.

Nous avons vu que le scorbut, le purpura, les déterminent ; il en est de même de la maladie de Parrot ou achondroplasie, sorte de syphilis héréditaire précoce, que l'on observe presque dès la naissance (voir plus loin Syphilis), sans parler des douleurs osseuses de croissance et de celles que déterminent le rachitisme et ses fractures plus ou moins complètes (douleurs avec lesquelles il faut toujours compter chez l'enfant), pas plus d'ailleurs que des arthropathies de la chorée, du rhumatisme scarlatin, etc., etc.

Lne localisation du rhumatisme articulaire, aigu d'abord, chronique ensuite, qui présente une certaine difficulté diagnostique, est l'arthrite vertébrale.

Le mal de Pott s'en distingue par sa gibbosité ou par la douleur épiphysaire que Ion provoque facilement à la simple pression.

Pronostic. — Si les complications viscérales les plus redoutables du rhumatisme aigu (rhumatisme cérébral) s'observent rarement chez l'enfant, il n'en est pas moins grave, même à cet âge, au point de vue pronostique, en raison des complications cardiaques et surtout endo péricardiques qui en résultent le plus souvent.

Traitement. — Comme chez l'adulte, le remède le plus efficace est encore le salicylate de soude, véritable spécifique du rhumatisme articulaire aigu, que l'on donne à la dose de 50 centigrammes à 3 grammes, suivant làge, et dans une

potion de 150 grammes, à raison d'une cuillerée à bouche toutes les trois heures.

L'alimentation, qui doit consister en bouillon et surtout en lait toutes les troisheures tant que dure la lièvre, peut être ensuite progressive.

L'huile de camomille camphrée chaude, en applications locales sur les articulations douloureuses, est précieuse comme calmant. On enveloppe celles-ci de ouate. Le tout est maintenu par une bande, d'où il résulte un certain degré d'immobilité, également des plus utiles au point de vue de la douleur. Tout calmant réfrigérant nous paraît plutôt dangereux et susceptible de produire la métastase ou déplacement de la fluxion rhumatismale.

XIIL — Fièvre intermittente Maladie paludéenne. — Fièvre des marais

La malaria peut se présenter, chez l'enfant, sous ses différentes formes : fièvre, névralgie intermittente, cachexie. De toutes la plus commune est sans contredit la fièvre intermittente.

Étiologie. — Cette dernière, comme les autres formes du paludisme, est déterminée, de l'avis unanime des auteurs classiques, par l'hématozoaire de Laveran, qui, on le sait, se présente sous quatre formes différentes (corps sphériques, flagella, corps en croissant, en rosace) et que certains mousti ques, par leur piqûre, feraient pénétrer dans le sang de l'homme. Il n'est pas impossible que l'air et l'eau interviennent comme vecteurs du parasite et favorisent sa pénétration dans l'économie.

L'hématozoaire de Laveran se rencontre, non seulement dans des pays actuellement marécageux, mais encore dans d'autres qui le furent autrefois et ne le sont plus actuellement. De là, deux de ses origines, apparentes au moins, l'une aquatique et marécageuse, l'autre terrestre.

Définition. — La fièvre intermittente, comme son nom

l'indique, est une lièvre qui reparaît par accès, séparés par

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