‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 17 sur 100 · SI · texte numérisé non relu

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tingue encore des types : double quotidien ; double tierce

(accès tous les jours, avec concordance entre eux, comme heure ou comme intensité, de deux en deux jours) ; double quarle (accès deux jours de suite, avec concordance particulière de chacun d'eux avec les deux suivants; le premier accès d'une série a lieu à trois jours d'intervalle de l'accès correspondant de la série suivante, le second de l'une, à égal intervalle du deuxième de l'autre).

Ce que ne dit pas le mot de fièvre intermittente, c'est qu'il existe une certaine périodicité, toujours la même pour un même type, c'est-à-dire un intercalte d'apyrexie toujours égal séparant les accès (Voir les figures ci-dessus).

Nous n'insisterons pas davantage, sur ces données générales . que nous devons supposer connues en pédiâ trie.

Symptomatolofjie . — Ce qui nous intéresse plus spécialement ici ce sont :

1° L'âge auquel on peut observer la fièvre intermittente chez l'enfant ;

2<» La forme plus spéciale qu'elle parait y revêtir ;

3° Les particularités, symptomatologiques, évolutives ou thérapeutiques, qui lui sont propres, à cette époque de la vie.

Quoique nous exercions dans un milieu ou la fièvre intermittente n'est pas des plus fréquentes, nous l'avons observée cependant à toutes les périodes de l'enfance c'est-àdire depuis l'âge de quelques mois (Sou 4). chez le nourrisson par conséquent, jusqu'à 15 et 16 ans ou jusqu'aux limites de la seconde enfance. Elle est plus fréquente toutefois pendant celle-ci que durant la première.

Le nourrisson, auquel il est fait allusion plus haut, était de Frontignan,

La plupart des cas que nous avons observés, dans la seconde enfance ou même plus tôt, sont relatifs à des enfants ayant suivi leurs parents en Camargue, pour les vendanges.

La forme la plus habituelle, que la fièvre intermittente parait revêtir chez l'enfant, est la forme alqide. C'est-à-dire

que, comme nous l'avons précédemment indiqué (1), ce qui douiine dans l'accès de lièvre intermittente, à cet âge, c'est l'algUiité ou période de froid intense, le plus souvent accompagnée de vumiiisements. Qu'il se produise périodiquement, chez un enfant, de la réfrirjération avec vomissements et l'on doit, tout de suite, penser à la malaria et à la fièvre intermittente.

Chez le nourrisson, dont nous avons parlé plus haut, telle était la forme revêtue par le paludisme. Nous l'avons observée aussi dans bien d'autres cas de fièvre intermittente, chez l'enfant, principalement chez les plus jeunes.

Ceci ne veut point dire que la lièvre intermittente, proprement dite, ne puisse pas être observée à cette époque de la vie.

Parfois la période initiale de frisson ou de froid semble s'écourter, pour faire place à celle de chaleur ou de fièvre, rarement suivie de sueurs profuses, telles qu'on les observe chez l'adulte.

Dans un cas, même, d'embarras gastrique fébrile continu, nous avons reconnu l'existence de l'impaludisme au simple aspect de la courbe et à la périodicité de rexacerbation fébrile, revenant régulièrement tous les deux jours. Renseignements •pris, nous sûmes, ce que nous ignorions jusque-là, que le père et la mère de cette enfant étaient entrés à l'hôpital pour des lièvres intermittentes, contractées en Camargue pendant les vendanges. Plusieurs de ses frères ou sœurs avaient été dans les mêmes conditions que leurs parents.

Comme détail particulier, concernant l'enfant dont nous parlons, il est bon d'ajouter quen raison de son jeune âge (3 ans) elle n'avait point été prise à la vigne par sa mère et était restée tout le temps des vendanges à la maison, dans le village.

Un point spécial à la fièvre intermittente, chez l'enfant, c'est qu'elle est plus rebelle au traitement spécifique ou que,

(1) L. Baumel. — Fièvre intermittente, in Leçons cliniques sur les maladies des enfants. Paris, Masson, 1893, page 18 i et suivantes.

du moins, ce dernier doit subir, pour être véritablement efficace, certaines moditications que nous avons depuis longtemps décrites ailleurs. 11 faut raccourcir les semaines paroxystiques et, après chacune, répéter plusieurs fois, c'està-dire plusieurs jours de suite, la prescription de la quinine.

Nous ne voulons pas empiéter, en ce moment, sur l'étude thérapeutique de cette importante question, nous voulons toutefois faire observer dès à présent que. si Trousseau avait pu affirmer que. ctiez l'adulte, la tîèvre intermiltente. une fois coupée, ne revenait pas avant huit jours et même plus, il en est tout autrement chez l'enfant. Ici la hèvre reviendra au bout de 4à5 jours. D'où, la nécessité de donner la quinine, non pas seulement au bout de 8 jours, mais déjà après 4 ou 5. Et si, comme le pratiquait eflicacement chez l'adulte notre regretté maître le Professeur G. Dupré, comme nous l'avons pratiqué nous même avec succès dans les mêmes conditions, on ne donnait la quinine à l'enfant qu'une seule fois (après chaque semaine paroxystique ainsi écourtée), on verrait les accès se reproduire à plus court intervalle encore et quelquefois même au bout de 3 jours seulement.

La première conclusion à tirer de ces faits, c'est que : l'enfant est imprégné ou, si l'on préfère, infecté par l'impaludisme plus encore que ne l'est l'adulte, toutes choses égales d'ailleurs.

La deuxième, c'est que : les semaines paroxystiques doivent être raccourcies.

La troisième entin. c'est que : la quinine doit être répétée plusieurs jours de suite et non administrée un seul jour, après chaque semaine paroxystique, corarae chez l'adulte.

Restait à approfondir les raisons de cette imprégnation plus grande de l'organisme infantile. Nous avons cru pouvoir l'expliquer : d'abord, par la pénétration plus facile des tissus de l'enfant, étant donnée leur perméabilité plus grande, résultant elle-même de sa nutrition et de son absorption pius actives; ensuite, .par la composition particulière et spéciale à cet âge du sang, qui contient, ainsi que nous l'ont

démontré MM. Hayem et Cadet (1), une proportion beaucoup plus grande de globules blancs que celui de l'adulte (19.400 au Ijeu de 6.400 par millimètre cube, c'est-à-dire 1/300 au lieu de 1/800).

Il semble même que le type continu, signed'une infection plus intense, s'observe de préférence chez l'enfant plus jeune (Voir les tig. 13 et 14 relatives à deux frères d'un âge différent), en raison précisément de son imprégnation plus facile.

Diagnostic. — Le paludisme exige, on^le voit aisément, sinon une très grande sagacité de la part du pédiatre, du moins la connaissance de certains points de détail sans lesquels, non seulement le diagnostic pourrait ne pas être porté dans certains cas, mais encore la maladie s'éterniser et s'aggraver par suite d'une thérapeutique mal dirigée (2). Il n'y a de difficultés réelles, et encore ne sont-elles point insurmontables, que lorsque la tièvre intermittente complique une autre maladie aiguë (broncho-pneumonie par exemple) ou qu'elle coexiste avec la fièvre de dentition, comme l'indiquent les deux figures suivantes. M. le professeur Luigi Concetti (de Rome) demande que le diagnostic ne soit établi que par la recherche et la découverte de l'hématozoaire de Laveran dans le sang du sujet. Cela ne nous paraît pas absolument indispensable.

Pronostic. — Il est généralement bénin. On doit voir rarement chez l'enfant la cachexie paludéenne, si fréquemment rencontrée chez l'adulte. Nous avons vu parfois la tièvre intermittente durer fort longtemps chez les petits malades et les anémier profondément. La faute en était, le plus souvent, à l'ignorance des règles élémentaires énoncées plus haut et qui doivent diriger, à l'avenir, toute thérapeutique ayant la pré-

(1) Hayem et Cadet, cités par Tarnier, Chantreuil et Budin, in Allaitement et hygiène des enfants nouveau-nés. Couveuse et gavage. 2-- édition. Paris, 1888.

(2) Voir, pour plus de détails sur cette question, notre leçon sur la fièvre intermittente chez l'enfant, in Leçons cliniques sur les maladies des enfants. Paris, Masson, 1893, et la thèse de M. le D' Vitalis Cohen, sur le même sujet. Montpellier, 1900.

112 PRÉCIS t)ES MALADIES DES ENFANTS

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plus eHicaceinent, mais encore le plus rapidement possible.

Trnitemenf. — Il est bon l'on se trouve en présence d'un enfant tout jeune (nourrisson par exemple) ou, au contraire, d'un enfant approchant déjà de l'adolescence.

Dans le premier cas. c'est le sirop de quinine (sulfate le plus souvent) auquel il faut avoir recours.

Dans le second, on peut formuler les diverses préparations que l'on a l'habitude de prescrireà l'adulteCpotioD, cachets, injections hypodermiques, etc.)

Une fois la dose de sulfate de quinine déterminée, suivant l'âge et pro die, c'est-àdire depuis 10, 15 oi 20 centigrammes jusqu'à 80 centigrammes ou 1 gramme (de la naissance à 15 ans), il est bon de se rappeler que pour agir sur un accès et, non point seulement l'atténuer, mais surtout le supprimer, il est nécessaire, indispen* sable même, d'administrer le sulfate de quinine en plusieurs fois, deux ou trois (en une heure généralement), et de façon à ce (jue la dernière dose soit prise 6 heures avant le moment présumé de l'accès.

Au lieu de deux jours de suite, au début, comme chez

de distinguer, ici, suivant que

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