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PREFACE III

le médecin en général, doit s'efforcer le plus possible de réaliser le fameux adage : omnia mecum porto.

La science pédiâtrique est de date relativement récente. Si en effet, de tout temps, certains grands médecins ont, par goût ou par circonstance, étudié quelque point spécial de Pathologie ou de Clinique infantiles, il n'en est pas moins vrai quil y a cent ans à peine s'élevait, à Paris, le premier hôpital d'enfants construit en Europe. C'est là que se fonda, ainsi que le déclare M. le Professeur Luigi Concetti (de Rome), la véritable école pédiâtrique. « De cette façon, ajoute le savant pédiatre italien, la France occupe chronologiquement le premier rang dans l'enseignement et dans l'importance de cette étude (1) ».

Depuis lors, de nombreux hôpitaux d'enfants ont été construits, en France et à l'Etranger ; bien des enseignements pédiâtriques ont été créés, dans les diverses Facultés et Ecoles du monde entier ; quantité de journaux ont vu le jour, qui ne s'occupent que des maladies de l'enfance.

Si les générations précédentes pouvaient avoir pour excuse de leur ignorance en pédiatrie la non existence d'un enseignement spécial, les nouvelles et les futures ne l'auront point.

C'est surtout pour le Pédiatre que, suivant l'heureuse expression de Trousseau (2), la médecine est un véritable sacerdoce. Et, si ce n'est point au médecin d'enfants que s'appliquent spécialement ces paroles de

(1) Luigi Concetti. Lo stato attuale de la pediatria in Italia. Roma, 1894.

(2) Trousseau, Clinique médicale, 3« édition, tome I, J.-B. Baillière et fils, Paris, 1878. Introduction p. LU.

l'illustre maître : a // faut vous résigner à semer en dénouement ce qu'on recueille souvent en ingratitude n, c'est bien lui qui doit, plus que tout autre, se rappeler le conseil de l'éminent clinicien, lorsque, déclarant que : (( la médecine est un art avant d'être une science », il ajoute : (( Le pire savant est celui qui n'est jamais artiste ; le pire artiste celui qui n'est jamais savant (i) ».

Placé, depuis près de 15 ans, à la tête de la Clinique des Maladies des enfants (de Montpellier), nous pensons avoir acquis une expérience suffisante pour nous permettre, au cours de ce livre, de formuler certaines opinions personnelles, de rappeler sommairement des faits qu'il nous a été donné d'observer, véritables leçons de choses, si profitables à l'enseignement. Quel meilleur moyen de faire retenir un précepte, que celui de le faire suivre d'un exemple?

Puisse ce Précis atteindre le but qu'il se propose. Puisse-t-il faire œuvre de vulgarisât ion^ en matière de science pédiâtrique. Ce serait, pour nous, la plus douce des satisfactions et la plus belle des récompenses. Si, seulement, nous parvenions à faire aimer, comme il convient, cette branche de la clinique, nous rendrions service à la fois, aux petits malades dont elle s'occupe, à l'étudiant et au praticien souvent embarrassés en présence d'enfants malades.

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