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III. — Aphtes

Définition. — Les aphtes sont de petites ulcérations arrondies, de la dimension de la tête d'une grosse épingle, que l'on trouve di^iséminées à la surface de la muqueuse buccale, dans les points les plus divers.

Etiologic. — La contagion est la cause ordinaire de la propagation du mal. Non seulement les aphtes sont transmis d'enfant à enfant ou d'adulte à enfant, mais, souvent aussi, ils ont une origine exclusivement animale.

C'est principalement par le lait de vaches, atteintes de la lièvre aphteuse, que se propagent les aphtes et qu'éclatent certaines épidémies, d'abord circonscrites à ceux qui font usage du lait contaminé.

Un parasite a été rendu, dans ces derniers temps, responsable de la contagion et de la maladie elle même.

Pour les raisons étiologiques et pathogéniques que nous venons de donner, tout nourrisson en est généralement à l'abri, à condition qu'il soit exclusivement élevé au sein et qu'il n'existe pas de cas dans son entourage. Pour que la contagion ait lieu il faut un contact assez immédiat (objets de vaisselle, jouets, etc.).

Symptomatologie. — De petites ulcérations, arrondies, comme nous l'avons dit plus haut, et à fond jaunâtre, sont observées sur la muqueuse buccale, du côté de laquelle l'attention est attirée par les douleurs qu'éprouve l'enfant au moment de l'alimentation, s'il est grandet (ce qui est le cas de beaucoup le plus fréquent) ; par le refus de toute alimentation, même liquide, dans le cas contraire.

Le froid, comme le chaud et le simple contact, exagérant la douleur des petits malades, ceux-ci en arrivent à refuser tout aliment ou à peu près. Les plus jeunes, n'étant point capables d'en rendre compte, traduisent leurs soutirances, à ce moment-là. par des cris redoublés et tout-à-fait significatifs.

Parfois il existe une fièvre plus ou moins intense, principalement avant l'apparition des aphtes dans la bouche, rarement pendant qu'ils existent, exceptionnellement après.

Leur siège le plus habituel est : la face interne des lèvres ou des joues, la pointe et les bords de la langue. Leur nombre est généralement très limité (3 ou 4).

Diagnostic. — Les aphtes, quand on les aura bien vus et observés une première fois, ne seront plus confondus avec d'autres ulcérations, en raison de leurs caractères et de leur forme pour ainsi dire pathognomonique.

Les ulcérations syphilitiques, qu'on observe à ce niveau, sont généralement blafardes, sanieuses, irrégulières comme bords et comme aspect, tout à fait difïérentes des aphtes, par conséquent.

Ce que nous avons dit précédemment de la stomatite ulcéro-membraneuse nous dispense d'y revenir maintenant. Elle n'a rien toutefois, dans sa symptomatologie, qui puisse rappeler les aphtes.

Nous verrons, dans un instant, combien la maladie de Riga se distingue de ceux-ci, par sa gravité, son siège, son ulcération unique, ainsi d'ailleurs que Vulcération du frein de la langue que l'on observe dans la coqueluche et qui présente, de très loin, certaines analogies avec cette redoutable maladie.

Pronostic. — Les aphtes constituent généralement une affection bénigne. Leur pronostic ne deviendrait sérieux que si toute alimentation était rendue définitivement impossible. ce qui ne s'observe pour ainsi dire jamais. La gravité dépend précisément du degré plus ou moifts faible de cette alimentation, du nombre et de l'étendue des ulcérations buccales. On en observe rarement plus de 5 à 6 ; elles sont d'ordinaire de petite dimension (4 à o millimètres de diamètre).

Traitement. — La potion gargarisme au chlorate de potasse, que nous avons formulée précédemment au sujet de la stomatite (voir page 269), les attouchements au collutoire borate, que nous avons conseillés dans le muguet, et les lavages boriques, effectués principalement aussitôt après le repas, constituent le traitement le meilleur à diriger contre les aphtes, que nous avons toujours vu rapidement et radicalement guérir par son usage.

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