IV. — Ulcération sublinguale (maladie de Rig-a
Définition. — La maladie de Riga n'est pas autre chose qu'une ulcération développée au-dessous de la langue et au niveau de son frein. Elle porte le nom de celui qui l'a décrite le premier.
Etiologie. — Nous ne connaissons pas au juste la nature de cette ulcération. Nous nous demandons si une cause commune (tuberculose, syphilis, traumatisme, etc.) ne pourrait pas la produire, ce que nous croirions assez facilement.
Il résulte des observations de Cardarelli, de Riga, de Pianese, de Fede, de Giardè, de Nota, de Boccardi,de Concetti, qu'il s'agit là d'un ulcère cachectique (1).
Symptomatologie. — Une ulcération plus ou moins arrondie, cupuliforme et à base indurée, siégeant au niveau du frein de la langue et rappelant de loin l'aspect du chancre induré, telle est la lésion qui caractérise la maladie de Riga, dont nous n'avons vu qu'un exemple, d'ailleurs suivi de mort, chez un nouveau-né (2).
Il) Voir, sur ce sujet, le travail intéressant de Luigi Concetti, intitulé : Sulla produzione sottolinguale dell' infanzia (Communicazione al II congresso Pediatrico Italiano tenuto in Napoli nell', ottobre 1892).
(2) La mère et l'enfant ne rostôrent qu'un jour et demi à l'hôpital, ne nous donnant le temps ni d'observer ni de traiter ce cas. L'enfant mourut chez lui quelques jours après.
Diagnostic. — Il n'y a guère que l'ulcération du frein, si commune dans la coqueluche, que l'on pourrait, à un examen superficiel, confondre avec la maladie de Riga. L'existence ou l'absence de la coqueluche, commune ou même anormale (à forme de spasme glottique et telle que nous l'avons décrite et expliquée chez le nourrisson dès 1895) (1), mettra rapidement sur la voie.
Pronostic. — Ce qui aggrave, à notre avis, la maladie de Riga, c'est moins la nature de l'ulcération que son siège rendant impossible l'allaitement naturel, que l'on doit remplacer aussitôt par l'allaitement artificiel, sous peine de voir l'enfant succomber à l'inanition secondaire, plus à redouter selon nous, que la cachexie primitive, laquelle n'est rien moins que démontrée.
Traitement. — Le traitement consiste : 1° à surveiller et à favoriser l'alimentation, au besoin par l'allaitement artificiel et le gavage, ou par l'usage de la cuiller pour administrer le lait de la nourrice ; 2" à recourir aux applications de collutoire borate et, même, aux cautérisations : nitrate d'argent, fer rouge, isolément ou simultanément employés.