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IV. — Bronchite

Définition. — La bronchite est ï inflammation de la muqueuse des bronches.

Etiologie. — Les causes les plus habituelles de la bronchite sont : le froid, les poussières, les infections diverses {grippe) rougeole, coqueluche, tuberculose), la dentition, le muguet, etc. Nous y ajouterons les déformations du thorax, rachitiques ou autres.

Symptomatologie. — C'est la toux qui est le symptôme primordial de la bronchite. C'est elle qui, tout d'abord, attire l'attention du pédiatre sur l'appareil respiratoire du petit malade.

L'expectoration est rare, dans la première enfance tout au moins. Ce n'est guère que pendant la seconde et à la fin de celle-ci qu'on l'observe. Les enfants crachent dans leur estomac, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas l'habileté de se débarrasser, par l'expectoration, des produits de sécrétion bronchique. Ils montent bien par la toux, jusqu'au larynx, ces mucosités plus ou moins abondantes; après quoi, instinctivement, ils les avalent.

Le résultat est absolument le même, si l'on ne considère que le dégagement de l'appareil bronchique. Il est tout autre, si l'on tient compte des infeclions, qui peuvent résulter de la présence de ces mucosités dans l'appareil digestif.

A ce point de vue, la bronchite simple n'a pas, d'ordinaire, de bien graves conséquences. Dans la bronchite spécifique au contraire, tuberculeuse par exemple, l'extension de l'infection peut se faire ainsi facilement à Vappareil digestif

lui-même, à ses annexes (péritoine, etc.), enfin aux différentes parties de l'organisme.

La respiration est plus ou moins gênée, suivant que l'inllammation de la muqueuse se limite aux grosses bronches ou qu'elle s'étend à celles de moyen ou de petit calibre.

Dans ce dernier cas , c'est la plus ou moins grande étendue du mal qui fait la dyspnée plus ou moins forte, pouvant aller parfois jusqu'à V asphyxie {bronchite capillaire).

La fièvre, si elle existe, est généralement faible (38° à 39°). Le plus souvent, même, elle est tout à fait nulle.

A Vinspection , on constate le degré de la dyspnée , indiqué par les moucements thoraciques plus rapides, plus nombreux et moins amples, qu'à l'état noraial. La percussion ne dénote pas grand'chose de bien particulier.

C'est surtout à Vaide de l'auscultation que se précise le diagnostic. Déjà, à distance du malade, l'oreille perçoit, dans certains cas, des sibilants qui se produisent pendant la respiration (inspiration ou expiration, l'une et l'autre quelquefois, la première principalement).

Quand Vexpiration devient sibilante à son tour, c'est généralement un signe d'emphysème pulmonaire, ainsi que nous allons le voir à propos de l'auscultation directe.

Le plus souvent, c'est en appliquant l'oreille sur le thorax du petit malade que le pédiatre pratique l'auscultation, dans la bronchite, comme pour la plupart des maladies thoraciques et pulmonaires.

Il perçoit alors des ronchus {râles ronflants) produits dans les grosses bronches; des sibilants [râles plaintifs, etc.), dans les bronches moyennes; des sous-crépitanfs {râles humides ou muqueux), dans les petites bronches. Ceci est à peu près conforme à ce qui se passe chez l'adulte, avec cette différence toutefois que les râles humides se produisent peut-être plus communément, sinon plus facilement, chez l'enfant.

A ce point de vue et pour juger bien exactement de l'étendue comme de la profondeur des lésions, le pédiatre doit examiner attentivement les divers points du thorax, c'est-à-dire non seulement les faces, antérieure, postérieure

et latérale, mais encore le sommet, le tiers moyen et la ba^e, de chaque poumon.

Ce précepte est applicable à toute maladie ou lésion de l'appareil respiratoire, si le pédiatre ne veut point méconnaître (ainsi que nous l'avons vu faire par des praticiens animés d'aillçurs des meilleures intentions) certains états pathologiques qu'une oreille plus expérimentée et plus attentite met facilement en évidence. L'existence des sibilants à Vexpiration indiquera, nous l'avons dit, l'emphysème pulmonaire (1).

Diagnostic. — Pour le diagnostic de lésion ou de nature^ voir celui de la broncho-pneumonie, de la coqueluche, de la rougeole, de l'adénopathie bronchique, enfin de la tuberculose pulmonaire.

Pronostic. — Il ne s'agit point de constater qu'il existe de la bronchite aiguë ou chronique, que cette inflammation porte sur les bronches grosses, moyennes, ou petites, il faut encore en connaître Vorigine. Il faut enfin tenir compte du terrain, sur lequel la maladie s'est développée.

C'est ainsi que les déformations thoraciques, de nature rachitique le plus souvent et dont le degré est plus ou moins intense suivant les cas, seront importantes à connaître ; car, non seulement elles favorisent la production de la bronchite, mais elles aggravent généralement son pronostic, soit au point de vue de la lo?igueur de la maladie et de ses récidives, soit au point de vue de sa terminaison.

Si la bronchite se termine, dans r immense majorité des cas, même lorsqu'il existe des déformations thoraciques, par la guérison, nous devons nous rappeler que la bronchite des bossus est souvent grave et parfois mortelle {hanmel, Huchard).

C'est surtout dans ces cas que devra être surreillé Vélat du cœur, dont les fonctions sont doublement compromises : 1" par Vétat ordinaire du thorax ; 2° par la bronchite surajoutée.

(1) L. Baumel. L'emphysème pulmonaire. Thèse de doctorat, Montpellier 1877.

Il est assez commun d'observer, dans ces conditions, le CŒîir droit forcé avec toutes ses conséquences (foie, rate, reins, cardiaques, etc., etc.) (1).

Enfin, quelque légère que soit une bronchite, quelque courte que soit sa durée, quelle que soit sa forme ou sa nature, elle retentit, avec la plus grande facilité, sur les ganglions bronchiques correspondants.

Il se produit alors de V augmentation de volume, de ïhypertrophie, disons mieux, de V inflammation, de Vinfection de ces ganglions, véritable adénopathie bronchique, qui peut ensuite, une fois la bronchite guérie, persister et évoluer pour son propre compte. C'est la raison pour laquelle nous aurons à l'étudier, elle-même, ultérieurement.

Qu'il nous suffise de signaler, pour le moment, son mode habituel de production et la possibilité de la voir ainsi, non pas seulement swicre la bronchite, mais encore la compliquer ou Yaggraver pendant son existence même.

Les signes particuliers, que nous lui décrirons plus tard, viendront, non pas obscurcir ou masquer ceux de la bronchite, mais se surajouter à ces derniers, ce qu'il faut toujours avoir présent à l'esprit, si l'on ne veut point s'exposer à mettre sur le compte de la bronchite elle-même ce qui appartient à l'adénopathie bronchique, secondaire ou consécutive.

Pour peu que dure une bronchite, on doit s'assurer de l'intégrité de la fonction rénale, par l'analyse des urines, dénotant l'absence de toute albuminurie.

Lecaractèredu pouls indiquera suffisamment l'état du cœur gauche, notion que complétera, nécessairement, l'auscultation de cet organe.

Traitement. — Le traitement de la bronchite est relativement simple. Qu'il s'agisse d'une bronchite aiguë ou d'une bronchite chronique, une température uniforme du milieu ambiant est, autant que possible, nécessaire.

Le séjour au lit ou simplement à la chambre s'impose

(1) L. Baumel. Des lésions non congénitales du cœur droit et de leurs effets. Thèse d'agrégation. Delahaye, Paris, 1883.

dans le premier cas. Dans le second, on évitera les variations brusques de température, on tâchera d'écarter toute nouvelle cause de refroidissement. On ne laissera sortir l'enfant ni trop matin ni trop tard. A peine pourra-t-il faire une petite promenade au milieu de la journée; encore faudra-t-il la supprimer les jours de froid excessif, de vent ou de pluie.

Le petit malade devra toujours être bien protégé par ses vêtements et porter des bas longs, des chaussures chaudes et jamais humides (1).

Comme traitement interne, les balsamiques sont parfaitement indiqués.

Un looch (de 60 à 120 grammes) au benzoate de soude (oO centigrammes à 2 grammes, suivant l'âge) sera administré : aux plus jeunes enfants, à raison d'une cuillerée à dessert toutes les trois heures; aux plus grands, par cuillerée à bouche et aux mêmes intervalles.

Des pilules au terpinol et au benzoate de soude (aa o à iO centigrammes) seront données quatre fois par jour (une toutes les six heures) aux enfants déjà grandets.

Les boissons seront administrées chaudes ou tièdes, à moins qu'il ne s'agisse d'une bronchite chronique, auquel cas, si l'enfant mange, il pourra prendre, à son repas, de l'eau et du vin à la température de la chambre.

Les résicatoires seront rarement nécessaires. Les dérivatifs, thapsia par exemple, seront parfois utiles. La teinture d'iode, en applications locales (badigeonnages sur le thorax) sera proscrite, principalement en avant, en raison du catarrhe plus prononcé que déterminent les tapeurs d'iode pénétrant ainsi dans les voies respiratoires. Elle ne pourrait être indiquée qu'à titre de méthode substitutive, ce que l'on ne recherche pas, habituellement, au moins dans la forme aiguë.

(1) Une bonne pratique consiste, le lendemain d'un jour de pluie ou de boue, à ne pas mettre aux enfants la chaussure de la veille. On doit même, de préférence, la remplacer ou, tout au moins, la séctier, le jour même où elle a été mouillée et, cela, le plus tôt possible.

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