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V. — Broncho-Pneumonie

Défînitwn. — La broncho-pneumonie est V inflammation des bronchioles proparjêe aux lobules pulmonaires eux-mêmes.

Étiologie. — La bronchite, quelle qu'en soit la cause, est l'origine banale de la broncho-pneumonie. Celle-ci peut survenir aussi, très facilement, dans certains états infectieux, locaux (coqueluche) ou généraux (rougeole), à localisation pulmonaire fréquente ou possible. Les microorganismes qu'on y a rencontrés sont des plus divers.

Il est une disposition anatomique, spéciale à Venfant, qui explique, chez lui, la fréquence extrême de la broncho-pneumonie, surtout si on la compare à celle de la pneumonie, beaucoup plus rare, dans l'enfance, comme nous le verrons plus loin.

Cette disposition consiste en ce que, comme l'ont montré l'illustre Charcot et son élève, M. le professeur Jofïroy (1), le lobule pulmonaire est entouré, chez Venfant, d'une zone de tissu cellulaire, qui le sépare et Visole à peu près complètement des lobules voisins, contrairement à ce qui se passe à l'âge adulte et, a fortiori, chez le vieillard.

De sorte que toute infection ou inflammation, propagée à l'un de ces lobules, se transmet difficilement ou ne se transmet pas du tout, dans l'enfance, aux lobules voisins. Le contraire est plutôt la règle, dans la vieillesse.

Symptomatologie. — On soupçonne l'existence d'une broncho-pneumonie, chez l'enfant, lorsque ce dernier présente, avec de la toux, une fièvre plus ou moins intense (de 38" à 40" et plus).

La dyspnée, qu'on observe parfois dans ces conditions, est généralement en rapport avec l'importance des lésions.

Ce n'est guère que l'auscultation qui, en présence des

(I) Voir la thèse du D"^ Lena sur: la broncho-pneumonie, ses complications, ses conséquences, chez l'enfant. Montpellier, 1898,

symptômes précédents, pourra permettre de préciser le diagnostic. Elle fera constater l'existence, sur un ou plusieurs points plus ou moins étendus du poumon, de râles sous-crépitants, humides ou muqueux. Ceux-ci occuperont une surface d'autant plus grande, au niveau de chaque partie atteinte, qu'il y aura plus de lobules intéressés à la fois dans une même région. Le plus souvent, ce sont des points disséminés et discrets, sur lesquels on perçoit ces râles, à la surface du poumon. Ils correspondent exactement aux lobules plus particulièrement envahis.

Le rapprochement d'un certain nombre de ces lésions peut faire croire à l'existence d'une pneumonie. C'est la bronchopneumonie pseudo-lobaire.

La température reste élevée pendant quelques jours, rarement pendant plusieurs semaines. Elle a une marche des plus irrégulières. La fièvre, intense par moments, est plus faible à certains autres. On voit même Vapyrexie survenir par intervalles, bientôt suivie d'une recrudescence nouvelle, aussi forte, sinon plus, que les précédentes. C'est ce qui a fait dire si justement, par quelques auteurs et par nousmême, que la broncho-pneumonie ressemble, ainsi, à un incendie mal éteint.

Ce sont précisément les foyers de broncho-pneumonie successifs, qui expliquent et la marche de la température et les aspects ou degrés divers, présentés par eux au moment de l'autopsie.

Les uns sont, en effet, à la première période (engouement), quand d'autres sont à la deuxième (hépatisation rouge), d'autres enfin à la troisième {hépatisation grise).

Aussi le pronostic doit-il être réservé tant que l'apyrexie n'a pas encore une durée suffisante et qu'elle ne date que de quelques jours.

Le nombre par trop considérable des lésions, même disséminées et circonscrites, de la broncho-pneumonie peut amener de l'asphyxie par atélectasie, congestion pulmonaire, emphysème vicariant, etc., etc.

Le cœur droit, lui-même, ne tarde pas à subir le retentis-

sèment de la gêne apportée à la circulation pulmonaire par la broncho-pneumonie. Aussi voit-on, dans ces cas, se produire ['asphyxie avec cyanose ou asphyxiebleiie, ainsi dénommée en opposition avec l'asphyxie blanche que l'on rencontre plus spécialement dans la bronchite capillaire.

L'asphyxie, dans ces conditions, est qualifiée de blanche, en raison de la décoloration des téguments, de la face en particulier, décoloration qui tient à l'anémie pro/bwcfe, résultant beaucoup plus du vide relatif de l'appareil circulatoire artériel que de la stase du système veineux et de la dilatation du cœur droit (cœur forcé).

Dans la broncho-pneumonie, l'examen clinique des crachats est souvent rendu impossible chez l'enfant, toujours par la difTiculté qu'ont les petits malades à expectorer. Ici, comme d'ordinaire, ils crachent généralement dans leur estomac.

Diagnostic. — C'est surtout avec la bronchite capillaire que la broncho-pneumonie pourra être confondue. La plus grande attention sera nécessaire, de la part du pédiatre, pour ne pas tomber dans cette erreur, sans cela facile à commettre.

La grande étendue, occupée par les râles sous-crépitants, sera plus en rapport, en général, avec la bronchite capillaire. Les râles disséminés et discrets militeront plutôt en faveur de la broncho-pneumonie.

Il sera impossible de confondre longtemps la pneumonie lobaire avec la broncho-pneumonie, même lorsque celle-ci affectera, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la forme pseudo-lobaire.

L'une en effet (pneumonie) a une marche cyclique parfaitement déterminée : élévation brusque de la température atteignant 40° ou 41° dès le premier jour ; quelquefois convulsions mifin/65, de plusieurs heures de durée, accompagnant ordinairement ce début inopiné; défercescence rapide vers 1%8'jour ; disparition ou diminution notable des chlorures urinaires, faisant place à leur réapparition ou à leur augmentation au moment de la défercescence. L'autre (broncho-pneumonie) est absolument typique, par sa marche irrégulière, ses poussées

successives à plus ou moins long intervalle, ses hauts et ses bas justifiant pleinement la comparaison qui en a été faite, comme nous le disions précédemment, avec un incendie mal éteint.

La congestion pulmonaire de cause cardiaque ou autre (adénopalhie trachéo-bronchique, par exemple). Vœdème pulmonaire enfin, pourraient, à un examen superficiel, être confondus avec la broncho-pneumonie.

Leur siège de prédilection aux bases et en arrière, leur délimitation à cette partie des poumoDS, leur intensité habituellement plus grande du côté où a lieu de préférence le décubitus, sont autant de signes qui permettront de les distinguer aisément, pour peu que l'on veuille y prêter attention.

Pronostic. — Le pronostic, toutes choses égales d'ailleurs, est en rapport avec l étendue et la dissémination des lésions. 11 est beaucoup plus grave, au cours de la coqueluche, que dans toute autre circonstance.

11 revêt aussi une certaine gravité dans la i^ou^eole, comme au cours de l'évolution dentaire.

On voit parfois, pendant celle-ci, survenir de la bronchopneumonie, qui semble d'autant plus liée à l'évolution dentaire elle-même, qu'elle se juge, d'ordinaire, par la terminaison de cette dernière.

Cette broncho-pneumonie que l'on peut appeler de dentition, assez limitée le plus souvent, n'est pas celle à laquelle nous faisions allusion tout à l'heure. Nous voulions parler simplement de la broncho-pneumonie commune, compliquée ou aggravée par l'évolution dentaire, ce qui est bien différent.

Traitement. — Le traitement de la broncho-pneumonie, chez l'enfant, est relativement simple.

L'alimentation, s'il existe de la fièvre (comme dans la forme aiguë), consistera en du lait administré toutes les trois heures. Dans la forme chronique, le malade pourra s'alimenter un peu (potages, œufs, viandes blanches, etc.).

Dans le premier cas, on prescrira un looch (de 60 à 120 grammes) avec benzoate de soude (30 centigrammes à

2 grammes, suivant l'ége de l'enfant), comme dans la bronchite aiguë.

Le tartre stibié et les préparations antimoniales (kermès minéral, oxyde blanc dCantimoine même) seront proscrits, en raison de leur action contro-stimulante et modératrice de la circulation, action trop intense et par suite dangereuse, vu la fréquence du cœur forcé dans la broncho-pneumonie, surtout chez 4'enfant. Vemploi de ces divers moyens ne peut qu'aggraver sérieusement un tel état.

Il en sera de même de Vipécacuanha en infusion, bien que son action soit moins énergique, à ce point de vue, que celle des médicaments précités et son effet, décongestionnant du poumon, plus évident (Pécholier).

L'usage des révulsifs (vésicatoires à distance) sera parfois très utile, surtout si la résolution tardait à se produire, à condition toutefois qu'il n'y ait pas la moindre trace d'albumine dans les urines.

Les dérivatifs (vésicatoires, applications de teinture d'iode, loco dolenti) seront encore indiqués dans les formes chroniques.

Dans ces dernières, il sera bon, aux résolutifs locaux, d'ajouter \es résolutifs généraux [iode, iodures, administrés par la voie gastrique).

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