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lactolyliques qu'il renferme, en rend la digestion beau-
coup plus difficile, l'utilité plus contestable, l'infériorité plus grande. C'est là, toutefois, un moyen de stérilisation très pratique et très simple, en attendant le jour où du lait stérilisé pourra être mis à la disposition de tous.
Nous avons dit plus haut que la stérilisation du lait devait avoir lieu le plus tôt possible après la traite, parce que, si elle arrive trop tard, elle détruit sans doute les microbes saprophytes et pathogènes qu'il contient, elle empêche aussi les fermentations ultérieures, mais elle ne détruit pas les toxines résultant des fermentations déjà produites. Or ces toxines suffisent à elles seules à rendre toxique le lait qui les renferme.
Malgré toutes les précautions ci-dessus, relatives à l'allaitement artificiel, ce dernier ne vaudra jamais l'allaitement naturel, ainsi que le prouve la courbe (fig. 2).
Aussitôt que l'enfant est soumis à l'alimentation commune, il ne doit pas faire plus de quatre repas par jour :
r Petit déjeuner, le matin à 8 heures, au lever : lait ou chocolat cuit, avec ou sans pain;
2" Déjeuner à midi : soupe ou potage ; œuf, ou purée, ou viande (blanche de préférence et toujours coupée finement, en raison de la difficulté à obtenir chez l'enfant — pour des raisons que nous exposons plus loin — une mastication complète des aliments^ ;
3" Goûter, à 4 heures : une tasse de lait, d'ordinaire ;
4* Dîner, à 7 heures : soupe ou potage, œuf ou purée.
Tout enfant ayant de l'insomnie, un sommeil agité, des terreurs nocturnes, est généralement un enfant qui échappe à l'observation de ces règles hygiéniques alimentaires de premier ordre.
Le dessert en général ne vaut rien pour les enfants. II en est de même des gâteaux, bonbons, dont ils sont friands à leur âge. On doit éviter de leur donner : du café, du vinaigre, du poivre, des crudités (du moins celles qui ne sont pas fondantes, l'adis, salade^ etc.), tout ce qui craque sous la dent, entin la charcuterie et non seulement l'alcool sous toutes ses formes, mais, même à table, le vin
pur, qu'on doit toujours leur faire prendre additionné d'au moins une égale quantité d'eau.
Rien ne doit être bu (lait, eau, tisane, etc.), ni mangé, dans l'interval'e des repas.
FxAMEN d'un enfant MALADE. — L'examen clinique d'un enfant malade ne diffère pas, essentiellement, de celui d'un adulte. Il est toutefois certains détails qui lui sont spéciaux et que le pédiatre doit connaître. Voilà pourquoi nous allons nous y arrêter un instant.
Il est évident que l'inspection, la palpation, la percussion, l'auscultation, ne diffèrent pas beaucoup chez l'enfant, du moins dans leur ensemble, de ce qu'elles sont chez l'adulte.
Il est cependant certains points qui méritent une attention toute particulière.
C'est ainsi que, dans l'adénopathie mésentérique par exemple, on n'aura la sensation de ganglions hypertrophiés siégeant dans la profondeur du mésentère que lorsque la gastro-entérite aiguë ou chronique qui lui a donné naissance aura disparu ou que du moins se sera atténué le météorisme abdominal plus ou moins intense qui résulte le plus souvent de l'inflammation gastro-intestinale.
C'est ainsi que la percussion thoracique devra être pratiquée avec une certaine modération: d'abord, pour ne pas effrayer le petit malade qui peut s'imaginer qu'on le bat (ce qui lui arrache aussitôt des pleurs et des cris de frayeur); ensuite, pour ne pas provoquer, vu la minceur des parois thoraciques chez l'enfant, des sonorités exagérées et en particulier le bruit de pot fêlé à la partie supérieure et antérieure du thorax sans qu'il existe dans le poumon la moindre caverne à ce niveau, condition indispensable chez l'adulte pour le produire.
C'est ainsi que dans les gouttières vertébrales et à leur partie supérieure, jusqu'au niveau du hile pulmonaire, on devra chercher, à la percussion et à l'auscultation, l'adénopathie bronchique, beaucoup plus souvent dorigine infectieuse commune et banale dans le jeune âge (grippe, bronchite simple, broncho-pneumonie, pneumonie, coqueluche, rou-
geolc, etc.) et par conséquent curable, qu'invariablement tuberculeuse, comme le veulent certains auteurs, et par suite frappée d'incurabilité.
Dans les deux premières années on auscultera plus facile ment un enfant Jace postérieure du thorax) en le faisant placer le ventre appliqué contre l'épaule gauche de sa mère ou de sa nourrice. Pour la face antérieure l'enfant est couché sur le dos et placé soit sur les bras, soit sur les genoux, de la personne qui le tient, soit même sur un lit suivant le cas.
La pointe du cœur, jusqu'à 6 ans, bat dans le 4°= espace intercostal. Le pouls est beaucoup plus fréquent que chez l'adulte.
Mais s'agit-il d'examiner les yeux, l'oreille externe, la bouche d'un enfant, il est bon tout d'abord d'immobiliser sa tête, ses bras et ses jambes. Après cela, ces divers examens sont chose relativement aisée.
Celui de la cavité buccale est d'autant plus facile que l'enfant est plus jeune. Si l'on a quelque difficulté à faire ouvrir la bouche au petit malade, on lui ferme le nez que l'on tient faiblement serré entre le pouce et l'index de la main droite (le médecin étant à gauche du patient). Après quoi, avec l'index gauche (la bouche s'ouvrant nécessairement dans ces conditions et à l'état normal) on abaisse le maxillaire inférieur, en appuyant sur un point quelconque et latéral de son bord supérieur si l'enfant n'a pas de dents, en arrière de celles-ci s'il en existe.
11 est bon parfois, en pressant de l'index gauche (d quelques centimètres de sa partie terminale) sur la partie sus-indiquéedu maxillaire inférieur, de prendre un point d'appui, arec iextrémitè diqitale. sur le bord du maxillaire supérieur. Dans cette position le doigt peut assez facilement produire l'écartement des mâchoires. Chez un enfant de 4 à 5 ans ou au-dessus, qui résiste, la cuiller ou Tabaisse-langue sont indispensables.
De cette façon il est aisé d'examiner la langue, les gencives, les dents, la cavité buccale tout entière, les lèvres, leurs commissures, et de voir s'il existe des aphtes, du
muguet, des manifestations syphilitiques, diphtériques, etc.
L'examen de l'anus, de la vulve ou du vagin, de la verge (principalement de son extrémité libre), du testicule enfin, sont souvent nécessaires chez lenfant.
Non seulement on rencontre fréquemment chez lui le prolapsus du rectum, résultant de la diarrhée ou de la dysenterie, mais encore la fissure à l'anus consécutive à une constipation opiniâtre, les hémorroïdes même le plus souvent liées à un vice alimentaire ou à l'abus de l'alcool.
Il suffit pour ces divers examens, le malade étant couché sur le ventre (examen de l'anus) ou sur le dos (examen de la verge, du testicule, de la vulve), de fixer fortement les membres inférieurs (dans la demi-flexion sur le bassin, quand le petit malade repose sur le dos). Les supérieurs sont maintenus au besoin.
Nous verrons plus loin combien la vulvo-vaginite est fréquente chez la jeune fille, combien sont communes aussi les adhérences épithéliales du gland et du prépuce chez le petit garçon, et cela, dès l'âge le plus tendre chez l'un comme chez l'autre.
L'examen du testicule n'est pas sans offrir une utilité pratique incontestable : qu'il soit le siège de manifestations précoces de syphilis héréditaire ; qu'il y existe de l'hydrocèle de la tunique vaginale ou au contraire enkystée du cordon; que le testicule soit atrophié ou que l'on ait affaire à de la chryptorchidie apparente ou réelle.
Celle-ci n'est parfois en effet qu'apparente, le testicule étant assez souvent à l'anneau de chaque côté, ainsi qu'il m'a été donné de l'observer en particulier dans un cas où l'on se préparait à pratiquer l'opération de la chryptorchidie d'autant plus volontiers qu'il existait, d'un côté (à droite) et par moments, une hernie inguinale.
Un simple bandage herniaire était nécessaire dans ce cas, mais encore fallait-il, après avoir fait sortir le testicule de l'anneau, ce qui était assez difficile, empêcher l'anse intestinale de le suivre et bien appliquer la pelote entre les deux, ce qui était relativement délicat.
Tout bandage de ce genre doit être retiré la nuit, sans quoi l'enfant ne pourrait pas le supporter longtemps. II s'agit de songer à la hernie, au cas où l'enfant viendrait à pleurer, pour la réduire aussitôt ou appliquer exceptionnellement et momentanément le bandage dans ces conditions, s'il paraissait nécessaire.
L'application du thermomètre soulève la question de sivoir si l'on doit l'introduire dans le rectum ou si l'on peut se contenter de la température axillaire.
Nous avons toujours eu recours à cette dernière, qui suffit largement dans l'immense majorité des cas, sinon dans tous.
Elle ne présente pas les inconvénients de la prise de la température rectale. Celle-ci nécessite qu'on délange l'enfant, qu'on le découvre davantage. Elle l'expose à des accidents graves si le thermomètre vient à se briser dans le rectum, de même qu'on l'a vu, chez la jeune fille, propager la vulvite ainsi que l'a observé dans son service M. le P' Weill (de Lyon) (1).
Tout cela, nous dira-t-on, est parfaitement évitable, avec certaines précautions. Nous voulons bien l'admettre, mais nous sommes beaucoup plus certain de l'éviter en recourant à la température axillaire, qui ne nécessite qu'une précaution (le thermomètre une fois appliqué) c'est de rametiet- le coude du petit malade en avant du thorax et de l'y malnienir le temps voulu (dix minutes ou un quart d'heure).
Le haut du corps de l'enfant, qu'on n'a dû découvrir légèrement que d'un seul côté, peut d'ailleurs être enveloppé dans un vêtement large et chaud qui recouvre bras et thermomètre, le coude seul devant être maintenu dans l'altitude sus-indiquée.
L'examen du tégument externe présente aussi son utilité en clinique infantile.
L'ombilic chez le nouveau-né, la plante des pieds, la face interne des cuisses et des jambes (en vue des complications
11) Weill. Congrès de Lyon, 1894.
dont la plaie ombilicale peut être le siège, de l'érysipèle, de rérvthème inlerfessier, des manifestations de la syphilis héréditaire, précoce ou tardive) ont besoin parfois d'être examinés avec le plus grand soin.
11 en est de même du tégument tout entier dans l'ictère, la maladie bronzée d'Addison, la plupart des dermatoses observées chez l'enfant.
Nous avons parlé plus haut de l'examen de l'œil (dont il suffît d'écarter les paupières à l'aide du pouce de chaque main), de l'oreille externe, de la bouche ; nous en dirons autant de celui des cavités nasales, des narines (polype, coryza syphilitique), enûn de l'aine, de l'aisselle, du cou, où, dans les plis cutanés, se produisent souvent, chez le nourrisson, des ulcérations douloureuses, faciles à guérir, plus difficiles à soupçonner ou à diagnostiquer, sous l'aisselle principalement.
Les cris de l'enfant mettent souvent sur la voie et nécessitent ces recherches minutieuses. Ils indiquent en général la faim, le besoin de dormir, ou la douleur dont il faut rechercher la cause.
Les matières fécales dun enfant sont utiles à examiner au point de vue de leur coloration [jaune ou verte), de leur composition (grumeaux de lait, substances alimentaires non digérées ou même non mastiquées, vers, œufs, etc.).
Pour l'urine, c'est un peu plus délicat. On peut en obtenir assez facilement toutefois en faisant placer l'enfant, même tout jeune, sur un vase plusieurs fois dans la journée ou en la recueillant directement au moment de l'émission, quand on le lange.
On a également conseillé l'application de coton entre les cuisses, ce qui est à la rigueur possible, à défaut d'autres moyens préférables. On a aussi inventé et préconisé certains appareils collecteurs (tube en caoutchouc de Marfan), dont on peut aisément se passer nous semble-t-il, d'autant plus qu'ils sont parfois malaisés à appliquer.
Sauf dans la coqueluche, l'enfant en général ne crache pas.
De là, pour la pneumonie (crachat rouillé, microbe de
TalanioD-FrŒ'nkel), pour la tuberculose pulmonaire (microbe de Koch), des ditlicuUés de diagnostic qui L'existent pas chez l'adulte.
Souvent un lavage de l'estomac et un examen bactériologique des mucosités qu'il contient peuvent permettre le diagnostic, étant donné que les enfants crachent dans leur estomac.
Chaque partie du corps entin peut nécessiter à son tour un examen particulier et attentif. C est ainsi que la persistance, à l'âge de 2 ans, de la fontanelle antérieure du crâne est donnée par Trousseau comme signe pathognomonique du rachitisme. Nous pourrions en dire autant du simple retard observé dans l'évolution dentaire. C'est ainsi que la microcéphalie, résultant de la suture précoce des os du crâne, se voit chez les arriérés, les idiots, les imbéciles, de même que l'élargissement et la mollesse des fontanelles et des sutures s'observe dans l'hydrocéphalie, comme dans le rachitisme céphalique, avec des caractères diflérents toutefois, sur lesquels nous aurons à revenir ultérieurement.
Le thorax est tout aussi utile à bien observer avec ses angusties, ses déformations (rachitiques, pleurétiques, constrictives, etc.), dont il est bon de pénétrer l'origine, de prévoir les conséquences (bronchite chronique, emphysème, atélectasie, cœur droit forcé, tuberculose même), de connaître enhn les modificateurs salutaires.
L'abdomen présente, à son tour, certaines modalités différentes, suivant les divers états pathologiques. Là c est le gros ventre, résultant le plus souvent d'une hygiène alimentaire défectueuse, avec de la dilatation gastrique et cœcale, de l'hypertrophie des ganglions mésentériques ; ici c'est le ventre en bateau, comme dans la méningite, le choléra infantile, la diarrhée chronique ; ailleurs c'est le météorisme de la gastro-entérite, de l'adénopathie, de la péritonite.
Entin l'examen des membres eux-mêmes nous dénote : dans un cas, l'existence de la paralysie infantile ; dans un autre, celle du rachitisme plus accentué ou localisé sur
eux; ailleurs enfin celle de l'hémiplégie, de l'atrophie musculaire, des convulsions, des douleurs osseuses de croissance, des déformations (pieds bots, mains botes, etc.).
Le faciès, par sa maigreur, sa coloration, sa tuméfaction, ses grimaces, met sur la voie de l'alhrepsie ou de toute autre maladie de la nutrition, de l'ictère, de la maladie bleue, de l'évolution dentaire même; de l'albuminurie, de la coqueluche; enfin des tics, des convulsions, du muguet, ainsi que nous le verrons plus loin.
Le décubitus offre les mêmes significations que chez l'adulte.
Quanta 1 interrogatoire relatif à l'état actuel ou aux antécédents du sujet, il n'offre pas grande difficulté lorsque l'enfant est d'âge à pouvoir renseigner, ou lorsque l'entourage, quel qu'il soit, ne l'a pas perdu de vue et a été préposé à sa garde et à ses soins depuis sa naissance ou du moins pendant un temps assez long. ■
Thérapeutique. — C'est surtout au point de vue de la thérapeutique que la pédiatrie nécessite l'étude et la connaissance de certains points de détail, sans lesquels le médecin d'enfants peut être plus nuisible qu'utile.
L'axiome primum non nocere est surtout applicable à la médecine infantile.
Il ne faut pas croire que chaque médicament se plie facilement aux diverses tables de Gaubius, de Fonssagrives, de Baginsky, dressées pour indiquer la proportion générale du moyen à employer, étant donné l'âge de l'enfant.
Cest pour chaque substance qu'il faut connaître la dose à administrer suivant Vâge du sujet. Cet âge même peut ne jouer qu'un rôle secondaire.
Lorsqu'un enfant de 12 ans par exemple, par suite d'un développement retardé ou imparfait, paraît n'en avoir que 8, que doit-on faire ? Faut-il s'en rapporter plutôt à l'apparence ou au contraire à la réalité ? C'est évidemment la première qui l'emporte, dans ce cas, sur la seconde.
On a depuis longtemps fait justice aussi de la valeur de cette thérapeutique, employée surtout en médecine expérimentale,
qui veut que l'on administre un médicament en proportion des kilogrammes que pèse le sujet considéré.
C'est surtout en pédiatrie qu'une pareille technique serait souvent prise en défaut ; car, elle supprime toute idée d'idiosyncrasie et de sensibilité individuelle. Or, c'est principalement chez l'enfant qu'existe une sensibilité exquise aux modificateurs morbides comme aux modificateurs thérapeutiques. Certains médicaments, comme l'opium, sont assez mal tolérés, tandis que d'autres, commela belladone, le sont infiniment mieux et d'une façon même surprenante.
La forme liquide et sirupeuse est celle qui, en général, est le plus facilement acceptée par l'enfant malade.
Les cachets, les pilules, nécessitent un certain effort de bonne volonté et un certain degré d'intelligence, sur lequel on ne peut pas compter en toutes circonstances en pédiatrie. Les granules sont assez souvent préférables aux pilules. Les injections hypodermiques peuvent être employées à condition de ne pas être trop fréquemment répétées, en raison des inconvénients qu'elles présentent chez l'enfant. Rien n'est en effet plus apte surtout chez les plus jeunes, que l'excitation déterminée par la piqûre, à produire ou à aggraver les convulsions.
Ce procédé est de rigueur toutefois dans la sérothérapie antidiphtérique, les injections de sérum artificiel, etc.
Le vésicatoire a été fortement combattu dans ces derniers temps et frappé d'un ostracisme sûrement exagéré.
Pour notre compte nous nous sommes souvent très bien trouvé de son emploi, principalement dans la broncho-pneumonie aiguë ou chronique, traînante ou fortement dyspnéique, dans 1 epanchement pleurétique à résolution lente, etc.
Nous avons toutefois l'habitude de ne pas le laisser trop
longte:nps appliqué, suivant le conseil de Jules Simon mais
sans en réitérer l'application aussi souvent qu'il l'indique (1).
Après 4, 0 ou 6 heures) suivant l'âge de l'enfant, nous
(1) Jules Simon. — Conférences thérapeutiques et cliniques sur les maladies des enfants. 3* édition, Paris, Lecrosnier et Babé, 1889. Tome I, p. 15.
faisons enlever le vésicatoire ; on perce aseptiquement la phlyctène en un point déclive ; après quoi, on applique sur celle-ci une lame de colon hydrophile, laquelle n'est enlevéïe dans la suite que si elle est salie par la suppuration. Dans ce cas, on la remplace par une autre, après avoir lavé la surface du vésicatoire avec du coton hydrophile trempé dans de l'eau boriquée saturée.
Dans le cas contraire on ne renouvelle pas le coton primitivement appliqué, qui tombe avec l'épiderme soulevé par le vésicatoire.
Les sinapismes ne doivent être que rarement prescrits chez Tentant à cause de l'excitation qu'ils déterminent.
Le vomitif est souvent, trop souvent, employé en thérapeutique infantile. Comme beaucoup de médecins nous y avions recours autrefois assez facilement.
L'expérience nous a ensuite rendu sage à cet égard. Depuis que nous avons vu la mort subite survenir chez l'enfant, sans vomitifs sans doute quelquefois, mais surtout après leur emploi, nous avons été amené à cette conclusion, toute naturelle nous semble-t-il :
De même que le vomitif est contre -indiqué chez l'adulte en présence de toute lésion cardiaque, de même chez Venfant^ au cours de la rougeole, de la coqueluche^ de la diphtérie, dans l'emphysème, la pneumonie, la bronchopneumonie, la pleurésie, Vadénopathie bronchique, la tuberculose pulmonaire, la fiècre typhoïde, le mal de Pott, la scoliose, etc., il y a lieu de n'en user qu'avec la plus grande modération. Le cœur droit, forcé souvent dans ces conditions pathologiques, ne peut que se mal trouver de la gêne plus grande apportée à son fonctionnement par les secousses, les efforts du vomissement et l'action spéciale exercée sur les vaisseaux pulmonaires et les centres nerveux par les vomitifs, en particulier par l'ipécacuanha, si souvent employé de préférence, avec juste raison, en clinique pédiâtrique.
Les préparations antimoniales (émétique, kermès minéral, oxyde blanc d'antimoine même) doivent être proscrites de la thérapeutique infantile, en raison de leur action controsti-
mulante énergique, plus à redouter encore chez l'enfant que chez l'adulte. xXous n'avons eu, pour notre compte, qu'à regretter leur emploi. Nous nous trouvons beaucoup mieux de recourir au benzoate de soude, dont la dose varie avec lâge du petit malade.
C'est aussi dans la pneumonie qu'on a conseillé, chez l'enfant, l'usage de l'alcool. Ce moyen, que nous employons rarement, nous paraît ne pas devoir rester tout à fait inoffensif. Il peut rendre dans certains cas (à condition de ne pas en prolonger l'administration et de ne pas le prescrire à des doses trop fortes) de signalés services.
Dans la gastro-entérite aiguë et les diverses affections de l'appareil digestif, les alcalins, l'eau seconde de chaux en potion ou dans le lait, entin les désinfectants tels que le benzonaphtoi, le salicylate de magnésie ou de bismuth (suivant qu'il y a constipation ou diarrhée), sont de la plus grande utilité.
Lorsque, dans un état fébrile quelconque (accident de dentition ou autre), le lait est toujours vomi (qu'il soit administré pur ou coupé de tisane ou d'eau bouillie, par 1/4, par 1/3 ou par moitié), il y a tout avantage à recourir, pour 24 ou 48 heures et à sa place (c'est à-dire toutes les 3 heures), à de la tisane légèrement sucrée. Celle-ci est souvent supportée dans ces conditions, ainsi que nous l'avons fait observer il y a longtemps déjà (1888).
Ce n'est là même que le prélude de ce que l'on a appliqué plus tard sous le nom de diète hydrique. Dans les cas où on la conseille et où nous l'avons vue prescrite d'une façon trop prolongée à notre avis, nous l'avons souvent supprimée non seulement sans inconvénient mais avec avantage. Nous la remplaçons efficacement quelquefois par les lavages d'estomac quand nous les jugeons nécessaires.
Ce sont les purgatifs dont il faut user modérément en thérapeutique infantile. L'huile de ricin, si facile à dissimuler dans le lait, à faire prendre dans le café chez l'enfant déjà grandet etque nousavons vue acceptée pure par des enfants d'un an, a de beaucoup notre préférence.
C'est un purgatif doux qui n'a pas l'inconvénient de constiper après son action purgative, comme le font tous les purgatifs salins, et facile à doser, suivant l'âge des sujets, par cuillerées à café (depuis 5 grammes jusqu'à 30).
On a dit beaucoup de bien du calomel en pédiatrie. Nous le proscrivons comme purgatif, contrairement à beaucoup de pédiatres très renommés qui le recommandaient autrefois et sur la foi desquels le prescrivent enc(»re beaucoup de médecins de nos jours.
Je ne l'ai vu commettre que des méfaits, soit qu'il ait été administré à des doses trop fortes j)ar des médecins d'ailleurs fort recommandables, soit qu'il ait produit de la gastro-entérite en tant que sel mercuriel; or, la gastroentérite est précisément la maladie de l'enfant contre laquelle ce moyen est manié tous les jours le plus imprudemment.
Son action spéciale sur le foie et ses maladies n'est rien moins que démontrée.
Si nous le conservons en thérapeutique infantile c'est à titre non de purgatif mais d'altérant, employé comme antiphlogistique et fractâ dosi, dans la méningite, la péritonite et la plupart des maladies inflammatoires aiguës, en surveillant toutefois très sérieusement son emploi.
Les toniques et les reconstituants comme le quinquina, le fer, le glycérophosphate de chaux, l'arséniate de soude, sont prescrits couramment avec la plus grande efficacité.
Je ne dirai rien des trois derniers, qui nous rendent les plus signalés services : l'un dans l'anémie, dont la cause première doit être toujours recherchée avec soin (convalescence, croissance, mastication incomplète, gastro-entérite, etc.), ce qui assure l'efficacité du traitement; l'autre dans le rachitisme, où l'alimentation hygiénique joue un rôle aussi important que le traitement médicamenteux ; le dernier entin dans la bronchite chronique, les affections cutanées et celles de la nutrition en général.
Une seule remarque doit être faite pour une préparation de quinquina, le vin. C'est qu'en raison de la nécessité où l'on se trouve (pour maintenir dissous les principes actifs
et amers du quinquina) d'y ajouter une certaine quantité d'alcool, cette préparation devient plus nuisible qu'utile en pédiatrie. Cette opinion, à laquelle nous nous sommes depuis longtemps arrêté, a été formulée par Jules Simon dans ses leçons de thérapeutique infantile (1).
Que de mères cherchent ainsi à stimuler l'appétit de leurs enfants atteints de gastro-entérite, dont elles ne font de la sorte qu'aggraver la maladie.
Le vin en général, même comme boisson hygiénique, ne doit jamais être donné pur à l'enfant, mais au contraire toujours additionné d'eau.
La plupart des vins thérapeutiques doivent, à notre avis et pour ce motif, être exclus de la médecine infantile.
Parmi les préparations de quinquina, nous préférons de beaucoup le sirop pour les plu*s jeunes, la décoction mélangée au lait ou le sirop lui-même pour les enfants plus grandels.
Nous tiendrons le même langage à l'égard des eaux minérales, gazeuses, que Ton prescrit avec une prodigalité inouïe même aux nourrissons, dont le meilleur médicament est incontestablement le lait de la mère ou de la nourrice.
C'est à son détriment que, dans un but louable toutefois et avec l'intention formelle de bien faire, on donne ces eaux. Or, en même temps qu'elles enlèvent l'appétit, elles déterminent l'embarras gastrique et surtout la dilatation de l'estomac.
De là cette dyspepsie des jeunes que la thérapeutique produit si souvent, lorsqu'elle n'exige pas déjà, et qu'elle aggrave toujours, quand elle existe, par les moyens offensifs dont nous venons de parler.
La balnéation et l'hydrothérapie sont souvent très utiles, mais il faut en redouter l'abus.
Autant le bain hygiénique ou de propreté, tiède, est facilement accepté par nous, autant la balnéation systématique et journalière nous déplaît', car, il suffit d'un jour froid et d'une réaction mal faite, pour produire une pneumonie ou une broncho-pneumonie mortelles. Sous ces réserves, les bains
(1) Jules Simon, loco cilato, tome II, page 230.
hygiéniques, thérapeutiques et médicamenteux (sulfureux, alcalins, au sublimé, etc.) peuvent être prescrits, en surveil lant toutefois les doses des substances employées.
En présence de Thyperthermie, le bain tiède nous a sou vent rendu de réels services, principalement dans celle que provoque, chez les enfants au dessous de 2 ans, l'évolution dentaire. Encore doit-on y renoncer, pour les raisons précitées, aussitôt l'hyperthermie disparue.
Les bains sont utiles dans la lièvre typhoïde sans complications ; inutiles le plus souvent dans la scarlatine fruste, toutefois au point de vue du résultat tînal. Ils soulagent du moins momentanément les malades, même dans ce cas.
Les douches doivent être rarement et sagement administrées.
Dans la chorée de Sydenham, où on les emploie quelquefois, je les ai toujours vues aggraver la maladie.
Les spécifiques peuvent et doivent être administrés chez l'enfant (mercure, iodure de potassium, quinine), mais avec certaines précautions que nous indiquerons plus loin aux chapitres : syphilis et lièvres intermittentes.
On abuse des lavements, surtout chez les tout jeunes enfants.
Ces moyens, habituellement destinés à combattre la constipation, ont généralement pour efïet de l'accroître. On les administre en effet tièdes, sinon chauds, et beaucoup trop volumineux. Les lavements, petits et froids, auraient facilement notre préférence.
Nous aimons mieux recourir toutefois aux suppositoires à la glycérine solidifiée, qui ne présentent pas les mêmes inconvénients : distension, parésie intestinale.
L'opium et ses dérivés peuvent, nous l'avons dit plus haut, être administrés chez l'enfant de tout âge, à une condition cependant, c'est qu'ils soient donnés fractâ dosi ainsi que le conseille Jules Simon lui-même (1 goutte de laudanum par exemple dans un looch de 120 grammes, à prendre par petites cuillerées et à intervalles réguliers — toutes les heures — jusqu'à effet produit).
Les désinfectants, internes et externes, peuvent être employés dans bien des cas.
Les pulvérisations sont parfois utiles, comme dans la coqueluche par exemple.
Contre les convulsions, le chloral hydraté, en potion, sera souvent efficace.
Les bromures alcalins, contre l'épilepsie, l'hystérie, pourront être employés comme chez l'adulte, à des doses déterminées, mais avec beaucoup plus de chances de succès, surtout si Ton se rend un compte exact de l'étiologie et de la pathogéoie de l'affection.
Contre la tuberculose, le carbonate de gaïacol, en cachets, le cacodylate de soude, l'arrhénal, pourront de bonne heure être administrés utilement; mais le grand air, la bonne alimentation, un séjour dans les sanatoria spéciaux ou les hôpitaux marins, s'imposeront souvent.
Les toniques du cœur (digitale) ne pourront être employés qu'au dessus de 2 ans.
La grande préoccupation du thérapeute, en clinique infantile, sera de maintenir intactes les fonctions digestives. C'est vers ce but que devront toujours tendre, non seulement les médicaments employés, mais encore l'alimentation particulière à laquelle le petit malade sera soumis.