V. — Symphyse du pérîcai»de
Définition. — Comme son nom l'indique, la symphyse du péricarde est la soudure des deux feuillets, pariétal et viscéral, de la séi^euse péricardique.
Étiologie. — Chez l'enfant, il est deux causes principales de cette symphyse, ce sont : le rhumatisme aigu et la tuberculose. Nous avons rapporté nous-mème un cas de symphyse relatif à chacune de ces causes(l).M. le D'Marfan en a vu un consécutif à la scarlatine (2).
(1) Baumol et Abadie, loco citato. et L. Banmel, Symphyse du péricarde d'origine rhumatismale avec tracé spbygmographique. Congrès de pédiatrie, Nantes 1901.
(2) Marfan. Bulletin médical du 21 avril lîXil.
Symptômes. — La symphyse du péricarde se révèle par des palpitations de cœur, des étouffements, de la dyspnée, de la cyanose (des extrémités surtout), de VhèpatO' et de la splèno-mégalie, des hydropisies multiples (ascite, épanchements pleuraux, œdème des membres, surtout inférieurs, et, principalement, à droite).
Parfois le liquide, ainsi accumulé dans les diverses séreuses, est plus ou moins teinté de sang (voir le cas relaté dans notre communication au Congrès de pédiatrie de Nantes 1901). Des ecchymoses sous-cutanées, plus ou moins étendues, peuvent se produire, dans ces cas, comme nous l'avons observé dans l'un de ceux qui nous sont personnels et que nous avons publié avec M. Abadie.
V examen du cœur mérite une attention toute particulière et comporte certaines difficultés que nous devons mettre en lumière.
A Yinspection, il semble que la paroi fhoracique tout entière, au niveau de la région précordiale, soit le siège d'une ondulation particulière, qui a fait désigner ce phénomène sous le nom de mouvement de roulis.
La percussion indique, généralement, une augmentation d'étendue de la matité précordiale. Elle affecte, soit la forme du cœur, soit celle du péricarde, qui est, nous l'avons dit plus haut, l'inverse de la précédente (voir péricardite).
V auscultation révèle, avec une faiblesse des contractions (qui s'explique fort bien par la symphyse elle-même), l'existence de certains souffles, généralisés d'ordinaire et tenant plus à Vinsuffisance valtulaire qu^au rétrécissement des orifices. C'est pourquoi le souffle prédomine habituellement au premier temps et à la pointe, pour les valvules auriculoventriculaires {région sous-mamelonnaire externe gauche et appendice xyphoide);^\i deuxième temps et à la base, pour les valvules artérielles {deuxième espace intercostal droit, pour l'aorte; gauche, pour Vartère pulmonaire).
Il existe parfois un certain degré d'hypertrophie du myocarde, comme dans notre cas de symphyse d'origine rhuma-
tismale, ou au contraire d'atrophie, comme dans celui d'origine tuberculeuse qui nous est personnel.
De l'avis de M. le Professeur Hutinel, il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de diagnostiquer sûrement la symphyse du péricarde d'abord, sa nature ensuite.
Nous avons signalé, dans l'un de nos cas, les signes d'une insuffisance aortique, dénotés par le tracé sphygmographique, qui présentait des caractères tels, que leur coexistence avec le moutement ondulatoire de la région précordiale, avec la faiblesse des contractions cardiaques, avec les souffles valvulaires, avec Vensemble enfiii des symptômes observés (gros foie, œdème des membres inférieurs, cyanose, etc.), ne nous laissa aucun doute dans l'esprit et nous permit d'affirmer, dès la première visite, l'existence d'une symphyse du péricarde, que l'autopsie, d'ailleurs, vint confirmer.
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Fig. 37.
-Tracé sphygmographique de la radiale gauche, relatif à un enfant de 12 ans
atteint de symphyse cardiaque, rhumatismale et généralisée.
Ce qui frappe, en effet, dans ce tracé, c'est, avec le crochet supérieur aigu de l'insuffisance aortique et la rectitude de la ligne d'ascension liée à l'hypertrophie, la brièveté de cette ligne elle-même. Sans doute, V insuffisance mitrale peut bien, dans une certaine mesure, expliquer cette brièiclé de la ligne d'ascension-, mais dans le cas d'insuffisance aortique et mitrale combinées, sans symphyse, l'hypertrophie du ventricule gauche est si considérable que les contractions du cœur sont très fortes et qu'elles sont facilement reconnues telles, à la palpation et à l'auscultation. Or, c'est précisément le contraire qui avait lieu dans le cas dont nous parlons et si, avec une insuffisance aortique évidente, on pouvait admettre, à la
rigueur,
l'existence d'une dégénérescence du myocarde pour „r,i, expliquer la faiblesse des bruits du cœur, non seulement celle-ci se trouvait en contradiction avec V hypertrophie révélée par la ligne ascensionnelle, mais on avait le droit de se demander comment aurait pu résister fonctionnellement, en présence de. r insuffisance aortique reconnue, un myocarde ainsi dégénéré. Cela paraissait véritablement impossible-
C'est en raison de cette contradiction réelle dans les symptômes cardiaques, considérés en dehors d'une symphyse du péricarde, que nous fûmes amené au diagnostic de celle-ci.
Le pouls est souvent petit, irrégulier, filiforme, innombrable, dépressible. Les œdèmes, très intenses, disparaissent difficilement, même après une ponction d'ascite par exemple. Us se reproduisent, au contraire, très facilement, très vite et au^ssi considérables qu'auparavant.
Les urines ne viennent pas non plus en aussi grande abondance qu'après une ponction d'ascite ordinaire. Elles peuvent contenir parfois de
l'albumine que l'on doit toujours y rechercher avec le plus
grand soin.
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C'est surtout après la paracentèse abdominale que Vhépatomégalie est bien appréciable. Dans certains cas même, en
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