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V. — Vulvo-vaginite

Définition. — La vulvo-vaginite est Vinflammation de la muqueuse vulco-vaginale.

Etiologi£. — Les causes de la vulvo-vaginite sont multiples. Elle peut être blennorrhagique, exceptionnellement toutefois, surtout chez la toute petite fille. Nous en avons vu un cas, chez une enfant de 3 ans et demi (1). Elle est ordinairement simple ou commune, banale. En dekor.t du gonocoque, en effet, on y rencontre assez souvent le bacterium coli, ce qu'explique suffisamment le voisinage de l'anus.

On y voit aussi des parasites, tels que l'oxyure rermiculaire, toujours pour le même motif.

Une de ses causes les plus fréquentes est évidemment la communauté des objets de toilette entre la mère et l'enfant (éponge, etc.).

On l'observe aussi, chez des fillettes malproprement tenues, à la suite de la plupart des maladies infectieuses (rougeole,

(1) 11 est rapporté, avec planche, dans la thèse de M. le D'Daphnis sur la vulvo-vaginile chez la jeune fille (Montpellier, 1902).

scarlatine, fièvre typhoïde, etc.). La nature des urines, souvent microbiennes dans ces cas, doit en rendre sufTisamment. compte.

Sijmptomatologie. — La vulvite se reconnaît à un écoulement muqueux ou muco-purulent, qui se fait par la vulve et le vagin.

La muqueuse est souvent d'un rouge plus ou moins cif, parfois limiié au fond de ses dioers replis et , principalement, dans ses parties déclives ou postérieures.

Cette rougeur est surtout marquée entre les grandes et les petites lèvres, entre celles-ci et le ragin, enfin au niveau de la fourchette, etc., etc.

Les fillettes de tout âge peuvent présenter de la vulvovaginite.

L'écoulement, lorsqu'il est trop abondant ou trop irritant, détermine sur la peau même de la xulce (face externe des grandes lèvres) et de la partie interne et supérieure des cuisses, un érythème, recouvert d'une matière visqueuse et adhésive, qui n'est autre que celle de l'écoulement lui-même.

Lorsque les fillettes sont un peu grandes et qu'elles peuvent, non seulement se rendre compte, mais encore renseigner le pédiatre, elles lui déclarent, quand il leur demande si elles souffrent en urinaïit ou après avoir uriné, qu'en effet elles éprouvent des douleurs, au moment de rémission des urines ou même après.

Tels sont les symptômes habituels de la vulvo-vaginite simple, auxquels se joint une démangeaison, parfois assez vive, des parties, tenant à l'eczéma tulvaire ou périzultaire, déterminé par l'écoulement. Ces enfants sont portées à se gratter, en raison de ces démangeaisons souvent violentes.

Lorsqu'elles se grattent ainsi, dans leur lit par exemple, directement accc leurs doigts ou même acec leurs ongles sans interposition de linge quelconque (chemise), non seulement elles peuient excorier et exulcérer ces surfaces érythémateuses, muqueuses ou cutanées, mais ces mêmes doigts, recouverts de la matière visqueuse de l'écoulement vulvaire, répandu un peu partout même sur les cuisses, constituent un danger pour

les autres muqueuses sur lesquelles ils peuvent le transporter, surtout sans lavage préalable. Telle est, en particulier, la muqueuse oculaire.

De là la nécessité de tenir, à ces fillettes, les ongles coupés courts et les mains toujours bien propres, en les leur faisant laver le plus souvent possible dans la journée.

Ce n'est que dans la vuko-vaginite blennorrhagique que nous avons vu des accidents plus graves survenir, tels que : hémorrhagies vaginales, fièvre, métro-péritonite, endocardite même dans un cas, suivie de foie cardiaque et d'ascite, qui céda d'ailleurs à la première ponction, ainsi qu'en fait foi la relation de cette observation, qui fait l'objet de l'excellente thèse démon ancien chef de clinique, M. le D"" Andrieu (1).

Une femme, recueillie par la famille de cette enfant, inocula, grâce au vase de chambre commun, d'abord la femme (qui transmit à son mari), puis la fillette dont il s'agit.

Nous doutâmes longtemps d'une semblable origine,qu[ nous fut ensuite démontrée exacte par une petite épidémie de vulvovaginites, qui se produisit dans notre service, à Vhôpital, par le même mécanisme, autour d'un cas, d'abord isolé.

Ce mode de contagion rappelle aussi le rôle du thermomètre appliqué dans le rectum et que iM. le P' Weill (de Lyon) avait vu, quelques années auparavant, propager la vulvo-vaginite dans son service. D'où, la nécessité de n'employer que des thermomètres chaque fois bien aseptisés, pour un tel usage. Il était, a priori, plus difficile de s'expliquer le rôle du vase commun, dans la propagation de la vulvo-vaginite chez la jeune fille.

Toutefois, en y réfléchissant tant soit peu, on ne tarde pas à reconnaître que les organes génitaux de la fillette, entr^ouverts par la position ainsi accroupie, entrent en contact immédiat avec le rebord, épais et saillant, dii vase.

(1) D' Andrieu. La vulvo-vaginite blennorrhagique chez la petile fille, à propos d'un cas observé chez une fillette de 7 ans. JMétropéritoniie. Endocardite. Albunrjinurie. Ascile. Guérison. Thèse de Montpellier, 1898.

i90 PRÉCIS DES MALADIES DES ENFANTS

Si une première enfant, atteinte de vulto-vaginite, s^en sert, non seulenient sa fente vuttaire, entrebàillôe, est en rapport avec ce rebord, mais la petite malade, en se retenant, essuie, pour ainsi dire, sa vulve contre la p.artie au contact de laç/iielle elle se trouve.

Qu'une autre enfant, saine, tienne, dans les mêmes conditions, s'asseoir sur ce rase, pour satisfaire un besoin quelconque, et, aussitôt, sa vulve se met au contact de ce bord, souillé par Vi'coulement virulent laisse par la précédente.

A supposer que cette enfant évite une ou plusieurs fois ce contact, elle finit par ne point y écliapper et, alors, elle va certainement devenir malade à son tour.

En eQet, sa vulve entr ouverte entraîne d'abord, quand la lillette se lève, puis retient, par son occlusion, le virus j^ui, cbez elle aussi, va déterminer la vulvite.

D'où, la nécessité d'avoir, pour chaque malade ainsi atteinte, non seulement un case spécial, mais encore une canule particulière pour injections vaginales.

C est là, aussi, le moyen prophylactique, par excellence, à conseiller dans les familles. On le voit aisément, par les divers exemples que nous venons de citer.

Complications. — Si des cojnplications eczémateuses, de voisinage ou à distance, peuvent se produire, comme nous lavons dit précédemment ; si les doigts et surtout les ongles loncjs, souill'''S, sont le meilleur moyen de retenir le tirus et do Vinoculer au loin, sur la peau ou sur d^autres muqueuses ; ou ne doit pas oublier qu'au fond du vagin se trouve un organe, l'utérus, qui s'accommode mal de la persistance de la vaginite et de la leucorrhée consécutive.

Le museau de tanche, en effet, macère facilement alors dans l'écoulement teucorrhéique, abondant. Enflammé (métrite du col) ou non primilicement, il ne tarde pas à l'être secondairement, à s'exulcérer même, favorisant ainsi la production des mélrorrhagies ou des ménorrhagies chez les lilleltes d'un certain âge, c'est-à-dire déjà menstruées et âgées de 13 ans au nioins.

11 est bon délre prévenu de la possibilité de l'exislencede

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ces exukérations cervicales, pflur comprendre l'utilité, la nécessité même, du traitement que nous allons conseiller (injections, cautérisations,, etc.).

Leur production est d'autant plus facile que les matières, sécrétées en abondance par le vagin enflauimé, sont en grande partie retenues dans celui-ci par la membrane hymen, généralement persistante et plus ou moins résistante, dont l'orilice entin est souvent rétréci, à cet âge.

Pendant la station assise, les jeunes malades, atteintes de vulvo- vaginite, remuent constamment sur leur chaise, en raison des démangeaisons dont leur vulve est le siège.

Diagnostic. — Le diagnostic de la vulvo-vaginiteest facile, d'après la description qui précède. L'écoulement suffit à lui seul pour l'établir, à plus forte raison s'il existe de l'éry thème vulvaire ou péri-vulvaire.

Le diagnostic de nature et, surtout, d'origine est beaucoup plus difficile.

L'examen macroscopique des parties (oxyures), microscopique et surtout bactériologique du liquide excrété, comme aussi une étude approfondie des commémoratifs et des circonstances, qui ont précédé la vulcite, permettront de le déterminer le plus souvent.

Le point de vue médico-légal, sans être toutefois négligé, ne mérite de fixer l'attention que dans un nombre restreint de tulvo-vaginites, contrairement à l'idée que l'on s'en ferait à priori.

Pronostic. — Le pronostic est généralement bénin, sauf peut-être en ce qui concerne la vulvo-vaginite blennorrhagique à un âge encore peu avancé, comme chez la malade dont nous avons relaté succinctement l'histoire et qui a fait l'objet de la thèse de M. le D' Andrieu.

Traitement. — Le traitement consiste à laver ta vuli>edans tous ses plis et replis, avec une solution à 4/iOOO de permanganate de potasse dans l'eau bouillie, lorsqu'elle est seule atteinte ; à faire prendre des injections vaginales^ avec la même solution, si, comme cela est la règle, la vulvite s'accompagne de vaginite.

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Les lavages externes sont pratiqués à l'aide de cotoû hydrophile, trempé dans la solution et porté au fond des divers plis muqueux, vulvaires, isolément et successivement, en ayant soin de bien écarter, les unes des autres, les parties constituantes de ceux-ci (grandes et petites lèvres).

Pour les injections, c'est surtout alïaire de dimension de rorifice vulvaire. Suffisant, chez la plupart des grandes filles, pour admpttre la canule à injeclion pour femme, il est beaucoup plus étroit dans bien des cas et surtout chez les toutes petites flUes (de 2 à 4 ans par exemple), où nous nous servons dune canule en caoutchouc durci, de 5 à /() centimctres de long et de quelques millimètres de large, que l'on introduit, sans difficulté, jusqu'au fond du vagin.

Un litre de solution au permanganate est nécessaire pour les grandes filles ; un demi-litre suffit pour les plus jeunes.

On prescrit une ou deux injections par jour.

On les donne sur le bord d'un lit ou d'une table, recouverts d'une toile cirée conduisant l'eau jusqu'à terre dans un vase placé là tout exprès. A l'hôpital, nous avons une table métallique spéciale, perforée en son milieu, et dont la désinfection est des plus faciles.

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