VI.— Aniénorrhée.Ménorrhagie.Mélrorrliagie
Définition. — L'aménorrhée {absence ou suppression des règles), la ménorrhagie ou hémorrhagie cataméniale, la métrorrhagie {hémorrhagie survenant en dehors des époques menstruelles), sont des troubles, menstruels ou génitaux, assez communs chez la jeune fille.
Étiologie. — L'aménorrhée s'observe assez communément au cours de ïaJiémie ou de la chlorose.
Il semble, dans ces cas, que le molimen cataménial soit insuffisant pour produire Chémorrhagie menstruelle. C'est 1 inverse qui paraît avoir lieu dans la ménorrhagie, où le molimen a l'air de dépasser le but qu'il doit atteindre. Le plus
souvent, dans ce dernier cas, il existe de la mètrite, du col surtout, et principalement de Vexulcération du museau de tanche {yo\r [)\us haut), rendant compte de ces abondantes hémorrhagies, qui s'observent au moment des époques menstruelles et que, pour ce motif, on appelle ménorrhagies.
A plus forte raison doit-on songer à ces lésions inflammatoires et ulcêreuaes de, Cutérus, toutes les fois que, chez la jeune fille, on se trouve en présence d'/iémorr/ifl^i<;s non calaméniales {métrorrhagies).
Sgmptomatologie.— La suppression des règles dans l'aménorrhée, l'hémorrhagie mensiruelle trop abondante dans la ménorrhagie, les hémorrhagies inter cataméniales dans la métrorrhagie, sont symptômes faciles à constater et que les malades ou l'enlourage signalent d'ordinaire au médecin, surtout s'il les interroge à cet égard.
En général, les jeunes malades sont anémiques et frappent par la décoloration de leur tégument.
L'anémie est d'ordinaire primitive et explique l'absence de menstruation ou aménorrhée.
Elle est due, le plus souvent, aux causes habituelles qui lui donnent nais-^ance. Telles sont : la fréquence, la longueur ou Vintensilé des maladies antérieures ; la croissance, la mastication incomplète, l'existence récente de la fiècre typhoïde, qui lèse d'une manière si proionde le tube digestif, l'inteslin en p;irticulier ; mais, surtout, la c/i/orose (voir plus haut).
Nous devons ajouter, à ces causes : la mauvaise hygiène habituelle, la vie sédentaire, Vencombrement dans les ateliers (de couture par exemple), les veilles, enfin V alimentation vicieuse (crudilés, vinaigre, mets épicés, etc., etc.).
Dans la ménorrhagie ou la métrorrhagie, Vanémie, facilement primitive dans les cas qui précèdent, est, au contraire, consécutive le plus souvent.
Aussi la première indication à remplir, pour la combattre, est-elle de traiter les troubles menstruels ou génitaux, avant même de s'adresser à elle directement. Nous y reviendrons, d'ailleurs, quand nous nous occuperons du traitement.
On observe assez souvent quelques symptômes de métrite,
d'ovarite ou même de salpingite, c'est-à-dire des douleurs à siège médian ou latéral dans la région hypogastrique. Ces douleurs, continues, sont augmentées par Ja pression ou accrues au moment des périodes menstruelles. Il n'est pas rare qu'elles s'accompagnent de po//c[A'/une et d'hémorroïdes, avec constipation, ou, même, de diarrhée.
Diagnostic. — Le diagnostic de l'aménorrhée n'est pas plus difficile que celui de la ménorrhagie ou de la métrorrhagie. Ce qui l'est davantage, à notre avis, c'est de remonter à la cause première des accidents.
Le pédiatre fera preuve de sagacité éclairée,en découvrant, pour chaque cas particulier, non seulement les causes d'anémie, mais les raisons des troubles, menstruels ou génitaux, observés.
Pronostic. — Le pronostic de l'aménorrhée est habituellement peu grave, vu que, par suite d'un traitement bien conduit, on la voit rapidement disparaître, d'ordinaire. C'est, généralement, l'atïaire d'un mois ou deux de traitement, trois au plus.
Il est certaines aménorrhées, symptomatiques de la tuberculose pulmonaire, dont le pronostic est entaché d'une gravité facile à comprendre.
Elles se produisent, d'ordinaire, non seulement au cours, mais à une période fort avancée, de la tuberculose; dans la période cachectique, le plus souvent.
Aussi leur pronostic est-il grave, non par le fait même de leur existence, mais par celui des circonstances, pathologiques et cliniques, au milieu desquelles elles se sont produites. 11 est à peine nécessaire de signaler cette particularité. Il n'est point indispensable d'y insister davantage, nous semble-t-il.
Certaines ménorrhagies ou métrorrhagies tirent leur gravité pronostique d'autres circonstances particulières, qu'il nous suffira, croyons-nous, de mentionner. De ce nombre sont les métrorrhagies ou ménorrhagies, que l'on observe au début, par exemple, de la fiècre typhoïde, et que, pour ce motif, on a qualifiées, d'ailleurs, d'épistaxis utérines.
Il en est de même de certaines hémorrhagies de l'utérus.
cataméniales ou inter-menstruelles, que l'on observe, soit au début, soit au cours, d'une maladie infectieuse (fièvt-e éruptive, le plus souvent à forme hémorrhagique) ou dans certains cas iVhhnophilie intense.
Kn dehors de ces causes exceptionnelles et alors même que celles-ci existent, il est bon que le pédiatre ne perde jamais de vue la possibilité de l'existence d'une vuli^^o-vafjinite rhronique et d'une métrite du col consécutive, avec, le plus souvent, ulcération superficielle du museau de tanche, par le mécanisme que nous avons précédemment décrit, en étudiant la vu Ivo- vagi ni te.
Traitement. — Le traitement est variable, on le conçoit sans peine, suivant les cas.
C'est ainsi que, dans V aménorrhée, il sera surtout général et comprendra : i° une bniine alimentation; 2° les ferrugineux, sous forme de pilules de Rabuteau (protochlorure de fer), à la dose dune matin et soir au repas, si la malade n'est pas constipée; sous forme, au contraire, de pilules contenant chacune, suivant l'âge des fillettes, de 5 à iO centigrammes de masse pilulaire de Blaud et autant de poudre de rhubarbe, si la constipation existe.
En présence de la )nénorrhagie ou de la métrorrhagie, le même traitement sera indiqué ; mais, c'eut surtout le traitement local qui decra être mi a en vigueur.
il variera, à son tour, selon les cas : suivant, en eflet, que l'on se trouvera en présence d'une simple leucorrhée, avec xulvo-vaginile. ou que celle-ci sera compliquée de métrtte et d'ulcération plus ou moins étendue, plus ou moins ancienne et plus ou moins profonde, du museau de tanche.
Pendant longtemps, malades et médecins s'étaient faits à l'idée que Vanémie donnait lieu à la leucorrhée; tandis que celle-ci est soutient cause d'anémie, au lieu d'en être toujours la conséquence.
Dans ce dernier cas, à côté du traitement tonique et ferrugineux que nous avons indiqué, prendra place efficacement le traitement local, consistant, d'abord,endes injections vag inales.
cm permanganate de potasse et à 1/4000, pratiquées une ou deux fois par jour.
Le toucher vaginal s'imposera dans bien des cas, surtout lorsqu'il sera possible sans compromettre Vintègrité de la membrane fujmm, que nous n' aidons jamais eu à sacrifier. Si elle est infranchissable pour le doigt explorateur, des injections, avec une canule appropriée et suffisamment longue, seront toujours utilement prescrites.
Dans certains cas, nous avons dû recourir à l'examen au spéculum, soit que Chymen, dilatable et extensible, permît, chez de grandes jeunes filles, l'introduction du spéculum de femme, soit que Vétroitesse de son orifice nous obligeât à faire ■usage du spéculum virginis.
L'un et l'autre nous ont rendu de grands services, en nous permettant de constater l'existence de métrites superficielles et ulcérées du museau de tanche. Contre de pareilles altérations, les injections peuvent être, à elles seules, parfaitement efficaces.
Elles le sont surtout, quand leur action est secondée par celle de la cautérisation au nitrate d'argent, deux fois par mois au moins (8 jours après et 8 jours avant les règles). On peut y recourir, si besoin est, plusieurs mois de suite.
Elles nous ont paru toujours très utiles et nous ont permis d'obtenir rapidement des guérisons, qui, sans elles, eussent été attendues beaucoup plus longtemps ou fussent restées impossibles.
S^<^ Section.— MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX