‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 78 sur 100 · II. — ^lénin^ite tuberculeuse · texte numérisé non relu

II. — ^lénin^ite tuberculeuse

Définition. — La méningite tuberculeuse, comme son nom l'indique, est V inflammation des nihùnges due an déreloppeinent de tubercules dans les enreloppes du cerreau.

Etiologie. — La cause de cette méningite est indiquée par la définition qui précède.

Un seul point est à retenir à ce sujet, c'est que la méningite tuberculeuse peut être Iap?T//nére et unique manifestation de la tuberculose. Dans ce cas, elle est qualifiée de primitite.

Mais elle peut aussi survenir au cours dune autre tuberculose localisée (mésentérique, intestinale, pulmonaire, adénopathique, rénale, péricardique. osseuse, cutanée, etc.). Elle est, alors, appelée secondaire.

Symptomatologie. — Il est rare que la méningite tuberculeuse éclate arec la soudaineté, que nous acons eue assez souvent présider à rétablissement ou à la manifestation delà méningite aiguë, précédemment décrite.

D'ordinaire, l'enfant, avant de présenter les signes réels de la méningite tuberculeuse, offre à considérer une période prodromique presque caractéristique.

Quel que soit son âge, en effet, on le voit, pendant ^m certain temps c'est-à dire pendant des semaines sinon des mois, changer de caractère. Il devient acariâtre, difficile, mécontent.

S'il est d'âge à prendre part aux jeux de ses camarades, il les fuit ou s'en désintéresse. Le côté affectif laisse singulièrement à désirer. Il ne recherche plus, il repousse même, les caresses de ses proches, de sa mère, de sa nourrice, etc.

De bonne heure, les enfants, qui doivent succomber plus tard à la méningite tuberculeuse, se distinguent, des autres enfants du même âge, par une intelligence plus grande, un amour soui'ent passionné pour l'étude, dessuccès scolaires, qui les font prendre, tout d'abord, pour de vrais petits prodiges

Bientôt, c'est le contraire qui se révèle. L'enfant devient apathique, nonchalant, peu studieux, lent à comprendre ou à

retenir, in rien le contrarie. Son sommeil est léger, interrompu, mauvais, rempli de rèïes ^{ de cauchemars.

L'étude l'horripile. Le mouvement lui porte crainte. Il devient triste, s'isole, se dessèche, maigrit, mange peu. Souvent, rien de ce qu'on lui offre ne lui convient.

L'entourage, parfois induit en erreur par ces prodromes, songe d'abord à tout, excepté à la vraie cause du mal.

Ce sont, ici, les vers que l'on incrimine; là, la croissance; ailleurs, les r/en/.s,etc., jusqu'au jour où éclatent les symptômes révélateurs du mal inexorable, qui ne laissent alors plus de doute pour personne.

L'enfant grimace parfois. Il présente, suivant les cas, un léger strabisme, des troubles visuels, des grincements de dents, de lQ.monoplégie, qui, pour le public, n'ont pas une bien grande importance, mais qui, au contraire, pour un pédiatre avisé, sont très significatifs.

L'éia^ généra/, lui-même, ne tarde pas habituellement à traduire, à son tour, la profonde atteinte de l'organisme.

Ces enfants sont pâles, décolorés, très anémiques. Ils ont les yeux cernés. Leur faciès porie l'empreinte d'une souffrance grande. Souvent ils ont la sensation qu'ils vont faire une chute et, s'ils parlent déjà quand la maladie les frappe, ils prononcent ce mot, terrible pour une mère comme pour un médecin : je vais tomber, je tombe, et cela, que le petit malade soit debout ou qu'au contraire il soit assis et, même, couché dans son lit.

A un moment donné, la fièvre s'allume, la céphalalgie est intense, les cris hydrencéphaliques sur \\ennenl, peut-être encore plus marqués dans la méningite tuberculeuse que dans tout autre inflammation méningée. Les pupilles deviennent, à leur tour, insensibles et inégales. Elles restent souvent dilatées (mydriase), soit d'un seul côté, soit des deux à la fois.

Les convulsions, é\\es mêmes, peuvent se produire. Elles sont partielles ou générales, suivant les cas.

Des paralysies, souvent limitées à un muscle, à un groupe musculaire, à un segment de membre ou à un membre entier, se manifestent. Elles doivent fixer vivement l'attention

du praticien, en vue de l'établissement du diagnostic précis de siège et de nature.

Les troubles dyspnéiques ou, mieux, respiratoires et circulatoires, que nous avons décrits précédemment à propos de la méningite aiguë, ne tardent pas à se manifester.

La respiration est courte, fréquente, suspirieuse, haletante, irrégulière, se suspend momentanément pour reprendre, bientôt après, par une inspiration large, suivie de plusieurs autres.

Le pouls lui-même, par sa fréquence, son irrégularité, sa lenteur, sa petitesse, sa dépressibilité, ses intermittences, dénote Vélal (secondaire) du cœur lui-même.

Ce sont là tout autant de troubles fonctionnels de la respiration et de la circulation, dus à un vice d' innervation des organes qui président à ces fonctions; vice d'innervation qu'expliquent suffisamment les phénomènes de compression ou d'irritation locale, dont sont le siège : le grand sympathique, la substance corticale de l'encéphale ou les nerfs crâniens et, en particulier, le pneumogastrique.

A uTiQ, première période d'excitation, pendant laquelle le bruit et la lumière sonl difficilement supportés, période souvent convulsive et presque toujours fébrile, succède une deuxième phase ou période d accalmie, pendant laquelle les divers symptômes observés jusque-là se trouvent momentanément amendés.

Si le pédiatre n'est pas prévenu de l'existence de cette phase trompeuse, il sera lui même induit en erreur et croira facilement à une amélioration annonçant la guérison, qu'il considère comme prochaine.

Mais une aggravation rapide ne tardera pas à survenir, contrairement à son pronostic favorable, indûment établi, et donnera un démenti formel à ses conclusions trop hàlives, tirées d'un état de calme trompeur, qui, loin d'être un signe favorable, est la conséquence d'une compression cérébrale, généralisée, h\Qïï\()isu\\\o do cris hydrencéphaliqiies plus aigus et plus pénibles à entendre, qui ne cesseront plus qu'à la période agonique et, seulement, quelques instants avant la mort.

Daus cette période ultime, les petits malados, qui ont

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pu présenter auparavant des troubles digestif s {\omissemenis, constipation) moins constants, toutefois, moins intenses et moins persistants que dans la méningite aiguë simple, entrent dans le coma et ont, souvent, des évacuations involontaires d'urine, aussi bien que de matières fécales.

Anatomie pathologique. — Les lésions tuberculeuses siègent, généralement, le long des vaisseaux. Ce sont elles qui expliquent ces phénomènes d'ischémie ou d'œdème aigu, qui résultent de la compression vasculaire, compression qui va rarement, d'ailleurs, jusqu'à l'oblitération complète des artères ou des veines.

Diagnostic. — La description qui précède montre suffisamment les difficultés de diagnostic que peut présenter la méningite tuberculeuse.

11 est bon de se rappeler que cette dernière a souvent une marche insidieuse et lente, au début, qui peut donner le change et faire croire à des affections banales, telles que : les vers intestinaux^ l'évolution dentaire, les convulsions simples, etc., etc.

Toutefois, le diagnostic de méningite établi, il est bon de s'assurer que l'on ne se trouve pas en présence d'une méningite de toute autre nature (traumatique, pneumococcique, typhoïde, otitique, syphilitique) ou, même, d'une pseudoméningite ; après quoi, seulement, on aura le droit de s'arrêter au diagnostic de méningite tuberculeuse. Encore faudra-t-il y être autorisé, non seulement par les symptômes, mais encore par les antécédents personnels ou héréditaires du sujet, enfin par la connaissance parfaite de l'entourage (parents, amis, domestiques tuberculeux) ; de l'habitation (précédemment occupée par un phtisique) ; de ïalinientation (commune ou lactée) de provenance suspecte, à laquelle le petit malade a été antérieurement soumis.

Pronostic. — La méningite tuberculeuse entraine, le plus souvent, un pronostic fatal, malgré les cas d'amélioration ou de guérison rapportés par les auteurs (Fonssagrives entr'autres).

Nous-méme avons cru longtemps avoir eu un cas de guérison, chez une fillette actuellement âgée de 18 ans, que nous avons suivie pendant 11 ans (8 après sa méningite) et qui, tout

OOH PUKCIS DKS MALADIES DES ENFANTS

ce temps-là, a i)résenté et présente encore les signes de la tuberculose pulmonaire, les hémoptysies même, sans que ses crachats aient jamais contenu le bacille de Koch (1).

Traitement. — Le traitement de la méningite tuberculeuse donne lieu à deux indications fondamentales.

La première est celle de la méningite proprement dite (voir, plus haut, la manière (Je ia remplir).

La seconde est celle de nature, qui indique l'emploi des moijens antituberculeux (voir Tuberculose).

On a beaucoup préconisé l'iodure de potassium, dans ces cas. li esi toujours bon de recourir à ce moyen, coiwh'i né à l'usage des mercuriaux. en friction ou par voie gastrique, qui sont si utiles dans la méningite syphilitique, parfois difficile à reconnaître, nous l'avons déjà dit.

lll. — Hydrocéphalie

Définition. — L'hydrocéphalie n'est pas autre chose que ï'hydropisiedu cerveau et, en particulier, des ventricules, survenant au moment où le crâne est encore incomplètement développé.

Étiologie. — Les causes de l'hydrocéphalie sont fort obscures. Elles paraissent être, le plus souvent, des arrêts de déreloppement. Mais, de quelle nature peuvent être ces arrêts, pour amener ainsi l'accumulation de liquide dans la cavité du crâne, la distension des ventricules surtout et, consécutivement, celle de la boîte crânienne elle-même ?

Certains auteurs signalent l'oblitération de Taqueduc de Sylvius; d'autres, celle du trou de Monro.

(I) Tout récemment, ce cas nous a paru se rattacher à la pneumopathie ou mieux à la phthisie syptiilitique héréditaire tardive, décrite par M. le Professeur Fournier (Syphilis hérédituire tardive, Paris. iMasson, 1886. pages 536-o43), dont l'auteur ne rapporte que o cas : deux seulement cliniques ( Dubonsquet-Laborderie eH îaucher, b' Laily). et trois nécropiques (Lancereaux, A. Fournier, Lannelongue;, enfin un 6* incomplet (Lancereaux).

Toutecauseoblitérante des conduits OU orifices, qui mettent les divers ventricules du cerveau en communication libre avec le liquide céphalo-rachidien, doit avoir un pareil résultat.

Il en est, certainement, de même pour toutes les causes d'oblitération ou de compression vasculaires (veines ou sinus), gênant ou empêchant le retour du sang veineux, de l'encéphale aux veines jugulaires et au cœur droit.

Un certain degré, sinon d'hydrocéphalie, du moins d'oedème cérébral, nous parait susceptible de se produire, aussi, sous l'influence d'une gène circulatoire^ cardiaque ou pulmonaire (cardio-puhnonaire le plus souvent), telle qu'on l'observe, par exemple, dans \a coqueluche, où il existe même, on se le rappelle, un œdème sous-cutané du visage, expliquant la tuméfaction de la face, si communément observée au cours de cette maladie.

Non seulement les phlébites cérébrales de toute nature, mais les tumeurs diverses (gommes syphilitiques, tubercules, sarcome) qui compriment et oblitèrent les vaisseaux veineux, enfin les méningo- encéphalites et surtout les pachy-méningites (si fréquentes dans le jeune âge), sont susceptibles de déterminer, par un mécanisme analogue, sinon identique, l'hydrocéphalie.

La syphilis héréditaire et cérébrale parait jouer un rôle considérable dans sa pathogénie (1).

Symptomatologie. — L'enlant hydrocéphale se présente, aux yeux de l'observateur, avec une tète, dont le volume frappe tout d'abord.

La main du pédiatre, appliquée sur la boîte crânienne, ne tarde pas à lui faire constater de la mollesse et de la fluctuation en divers points de celle-ci, principalement au niveau des fontanelles (antérieure et postérieure) ou des sutures (frontale, fronto-pariétale, sagittale, occipilo-pariétale, pour ne citer que les plus importantes).

Le plus souvent, l'enfant ne peut pas tenir sa tète ou, s'il la tient, c'est avec beaucoup de difficulté.

(1) Baumel et H. Coustan, L'hérédo-syphilis à forme viscérale, principalement cérébrale, chez l'enfant, in Nouv. Montp. Médical, 19(iO.

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