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VI. — Convulsi<»us

Définition. — On désigne sous le nom de convulsions un syndrome principalement caractérisé par des contractions toniques ou cloniques des muscles, limitées à un membre, à un groupe musculaire, à un muscle (partielles) ; souvent, au contraire, généralisées (totales).

Etiologie. — Rien des causes sont susceptibles de produire les convulsions, chez l'enfant.

D'abord, on les observe principalement dans la première enfance, c'est-à-dire au dessous de 4 ans et plus spécialement pendant les deux premières années. Ensuite, quelles que soient leurs causes, elles ont p?T.^rywe toujours pour point de départ l excitation, isolée ou simultanée, d'un ou de plusieurs nerfs sensibles, périphériques.

On a cité, parmi ces causes, les piqûres d'épingle (retrouvée dans les langes), les vcr.s intestinaux.

Les plus importantes, à notre avis, sont celles qui portent sur le trijumeau (évolution dentaire), sur le pneumogastrique (pneumonie à son début, indigestion), entin-sur les splanchniques (gastro-enlérite et, surtout, constipation).

Certaines causes générale < lia fièvre mfense, quelle qu'en

soit la nature ou l'origine; les auto-intoxicntions gastrointestinales ; la constipation et la qastro-entéritc, qui agissent dans ce sens) sont susceptibles de les produire

Souvent, p'usieurs de ces causes se réunissent (coqueluche, dentition, sevrage, constipation) pour les déterminer.

C'est là, même, le cas le plus habituel. C'est au praticien de les rechercher et de les établir, pour chaque fait particulier.

Symptoniatolonie. —Fréquemment dans l'enfance, en plein état de santé apparente, éclatent subileuient des convulsions, parfois très intenses. Lu enfant vient d.; dîner, par exemple; sa mère lui donne le sein à la promenade ; tout à coup, il est pris de violentes convulsions, au moment même où il tète.

Nous avons observé la chose, chez un nourrisson d'un an, en évolution dentaire^ qui fut pris subitement ô.' indigestion, par suite de Vexcès d'alimentation auquel il avait été soumis.

Un petit malade en convulsion se raidit, dans tout son corps ou, seulement, dans Vunede ses parties. Il exécute des grimaces, des mouvements désordonnés, parfois rythmés. Ses yeux se convulsent aussi. La pupille, le plus souvent tournée en haut, se cache sous la paupière supérieure. Parfois, du strabisme, convergent ou divergent, survient.

Ces secousses, ces contractures musculaires, durent un certain temps, 20 minutes, une demi-heure, une heure et plus. Elles disparaissent, ensuite, pour ne plus reparaître ou, au contraire, se reproduisent pendant un laps de temps plus ou moins long (des jours, des semaines, rarement des mois).

Souvent, le vomissement zient mettre fin à une convulsion intense, due à l'indigestion, et qui s'annonçait comme très grave.

Elles se prolongent, d'ordinaire, lorsqu'elles ne sont pas la conséquence d'un accident passager, comme l'indigestion, et lorsqu'au contraire elles sont liées à un état pathologique, /oca/ (pneumonie) ou r/^éraM fièvre intense de dentition ou de toute autre cause), plus ou moins persistant. Elles durent beaucoup plus long temps, dans ces conditions. On les a appelées à tort, dans le premier cas, idiopathiques ; dans le second, symplomatifiues.

Il est bon de savoir que toutes les convulsions ne sont pas aussi bruyantes et aussi manifestes que celles que nous venons de décrire.

Il en est qui constituent ce que l'on appelle, depuis longtemps, un état convuisif ou des conrulsions internes.

Cet état se caractérise par une sorte de coma. L'enfant est immobile, les yeux fermas, semblant dormir ou, ceux-ci légèrement entr'ouverts, le regard flxe. L'œil conserve une immobilité absolue, même lorsqu'on passe, au devant de lui et à une trèe faible distance, certains objets, le doigt par exemple.

Les mères signalent, parfois, cet état au pédiatre, en lui disant que leur enfant n'y voit pas.

Le petit malade ne s'intéresse plus aux choses du dehors, à celles qui se passent autour de lui, contrairement à ce qu'il faisait auparavant.

Il refuse le sein ou, du moins, ne le prend pas. Il en est de même pour toute boisson (tisane, potion) ou alimentation liquide (lait), qui lui est offerte.

C'est, surtout, dans les cas de fièvre intense que l'on observe cet état convuisif, dénommé aussi convulsions internes, en raison de la nidle manifestation des convulsions à l'extérieur.

La pupille est généralement dilatée et insensible, dans ces cas, c'est-à-dire non impressionnable à la lumière.

Un fait, tout aussi important à noter nous semble-t-il, c'est que bien des maladies de l'enfance présentent, à leur période ultime et prémortelle, des convulsions.

Celles-ci, symptomatiquement identiques aux précédentes, s'en distinguent, au contraire, essentiellement par leur pronostic toujours des plus graves, ainsi que nous l'a, depuis longtemps, appris Trousseau.

Le mécanisme des convulsio?is, leur mode pathogénique si l'on préfère, est toujours identique à lui-même, en ce sens qu'il résulte constamment de l'excitation du centre convuisif de Nothnagel, qui s étend des tubercules quadrijumeaux au bec du calamus scriptorius.

Cette excitation, que l'on a pu expérimentalement produire à l'aide de courants électriques, se trouve réalisée, pal//o/o<yi-

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quement, par ïlrritation des filets périphériques du trijumeau, du pneumogastrique, du (jrand ou du petit splanchnique, d'un nerf sensit if oucentripète quelconque {\)iqùred'é\)'iDg\e,eicMC")^ ainsi que nous l'avons indiqué plus haut.

Certaines dijscrasies ou intoxications (1) peuvent aussi les produire.

Diagnostic. — Il semble, a priori, que l'on ne puisse pas confondre les convulsions avec une autre maladie.

"Cependant, on trouve certains cas, d'êpilepsie à son début ou, disons mieux, d'accidents épileptifonnes, beaucoup plus communs qu'on ne pense, chez l'enfant, et qui permettent de se demander où finissent les convulsions (générales) et où commencent les accidents épilf'pti formes sinon, même, l'épilepsie.

Faut-il voir une différence dans la courte durée et la production éphémère des unes? dans la durée plus longue, au contraire, et la répétition plus fréquente des autres?

Ce n'est pas là une différenciation suffisante et qui satisfasse, à notre avis.

Nous voulons bien que, lorsque les convulsions sont limitées à un membre ou à la face, on ne les confonde pas avec l'épilepsie proprement dite, ni avec les accidents épileptiformes, plus ou moins, d'ordinaire, généralisés; mais, quand il s'agit de convulsions générales, le diagnostic devient beaucoup plus difficile, sinon impossible, et se base uniquement sur la durée éphémère et la production passagère des unes, sur la plus longue durée et la reproduction plus ou moins facile des autres.

Nous croyons, en résumé, que la répétition des convulsions conduit aux attaques épileptiformes et que celles-ci, fréquemment reproduites, déterminent Cépilepsie, ainsi que nous le verrons plus loin. Elles deviendraient donc épileptogènes.

Pronostic. — Les convulsions sont toujours un symptôme grave.

(1) L. Baume!, Symptômes tardifs et iotenses de l'empoisonnement par le phosphore, ol>servés chez une fillette de 7 ans, qui avait mangé d'une volaille trouvée morte. — Guérison. Bulletin de la Société de Pédiatrie (de Paris), Séance du 23 février 1904 et Montpellier médical mars, même année.

En général bénignes, surtout quand elles éclatent en plein état de santé apparente ou au début d'une maladie (fièvre éruptive, pneumonie), elles sont, au contraire, d'un pronostic très grave quand elles surviennent à la fin d'une maladie (gastro-enîérite par exemple), ainsi que, depuis longtemps, nous l'a enseigné Trousseau. Nous l'avons déjà dit.

Même lorsqu'elles guérissent, elles peuvent laisser, comme trace de leur passage, certaines paralysies limitées aux membres ou à certains muscles de l'œil (strabisme, etc.)

Ces atteintes plus ou moins profondes et indélébiles, portées ainsi par les convulsions aux centres nerveux, consti-tuent des tares pour l'avenir et de singulières' prédispositions au nervosisme en général, à bien des maladies nerveuses en particulier.

Traitement. — Le traitement comprend deux indications fondamentales : l*» traiter la convulsion ; 2" combattre les causes qui l'ont produite. On remplira la première à l'aide d'une potion à l'hydrate de chloral; la seconde, par le traitement ici de la pneumonie (vésicatoire surtout), là de la fièvre (bains tièdes ou froids), ailleurs de la constipation (laxatifs ou purgatifs), mais, aussi, par une alimentation légère et bien réglée (lait, toutes les 3 heures).

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