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X. — Tétanos du nouveau-né

Définition. — Le tétanos du nouveau-né est une maladie constituée par des contractures musculaires, parfois générales, souvent limitées ou prédominantes aux muscles masticateurs (trismus).

Étiologie. — L'éliologie et la pathogénie du tétanos des nouveau-nés est des plus obscures. Nous ne savons pas s'il existe toujours, dans cette maladie, le microbe de NicolaTer signalé par certains auteurs et qui est, on le sait, caractéris-

tique du tétanos de l'adulte, dont celui du nouveau-né nous paraît, a priori et de par la marche clinique, différer considérablement.

La plaie ombilicale pourrait bien être le point de départ de l'infection. Nous croyons, toutefois, que certaines auto-intoxications, d'oriqine qastro-intestinale sinon uîHnaii'e, pourraient bien en déterminer la production.

Symptoynatologie. — Lorsque le pédiatre est appelé à constater l'état d'un nouveau-né atteint de tétanos, il s'aperçoit bien vite que les muscles du petit malade sont contractures.

Il en résulte une certaine raideur des membres, du tronc ou de la tête, si le tétanos est généralisé ou à peu près; mais, c'est surtout du côté des masséters que l'attention du praticien devra plus particulièrement s'arrêter, soit que l'entourage ait déjà aperçu la raideur des mâchoires, soit qu'il se plaigne, seulement, de ce que l'enfant ne veut pas ou ne peut pas téter.

C'est en effet, indépendamment de la raideur plus ou moins étendue comme la contracture elle-même, par ce signe (V impossibilité de téter, avec resserrement des mâchoires) que l'on sera amené à porter le diagnostic de tétanos dunouveauné ; de trismus, enfin, si la contracture est circonscrite aux muscles masticateurs.

Que l'on examine plus attentivement encore et l'on ne tardera pas à constater que les mouvements de la mâchoire sont limités.

La bouche, un peu entr'ouverte d'ordinaire, n'est pas susceptible d'un élargissement plus considérable.

Les maxillaires ne sont pas capables d'un écartement plus grand.

Le doigt indicateur du pédiatre, légèrement introduit dans la cavité buccale et prenant point d'appui (par son extrémité) sur la partie antérieure du bord du maxillaire supérieur, a beau, par le point qui correspond au maxillaire inférieur, exercer (sur celui-ci et à la partie supérieure de son bord gingival) une pression, même un peu forte, de haut en bas; les maxillaires restent immobiles dans leur situation première et

ne s'écartent pas plus, pour cela, l'un de l'autre, contrairement à ce qui se passe, à l'état normal.

On comprend sans peine, étant donnée cette immobilité des maxillaires, due à la contraction des muscles qui président à la succion, sinon à la déglutition, que Venfant ne puisse pas saisir le sein et téter.

Parfois, Tespace intermaxillaire est tel, que le mamelon ne peut pas être introduit dans la cavité buccale, condition indispensable à la succion et à l'action de téter.

La température est qméralemenl normale, dans ces cas. La fièifreest nulle, par conséquent. Pour peu, même, que dure cet état, il n'est pas impossible, il est même assez commun, d'observer de l'hypothermie.

Cela se conçoit sans difficulté. En effet, la digestion d'abord, la nutrition ensuite, sont nulles, dans ces conditions ; et, si une modification favorable ne survient pas dans son état, le nouveau-né, atteint de tétanos ou simplement de trismus,est voué, nous ne dirons point seulement à l'athrepsie, mais encore à l'inanition et à la mort.

Fort heureusement qu'à l'inverse de ce qui se passe dans bien des cas de tétanos chez l'adulte, celui du nourrisson est susceptible d'amélioration ou, même, de guérison.

Les cas de cette maladie que nous avons observés, jusqu'à ce jour, ne sont pas bien nombreux. Nous avons toujours été assez heureux pour obtenir la guérison définitive et complète.

Il existe, d'ordinaire, des moments, où la contracture est moins forte, peut-être même nulle; des moments de répit, par conséquent, dont il faut profiter,non seulement pour alimenter l'enfant, mais, aussi, pour lui faire prendre les médicaments nécessités par son état.

Le pédiatre doit signaler ces moments à la mère si elle nourrit elle-même, à la nourrice dans le cas contraire, de façon à les utiliser dans le sens que nous venons d'indiquer. Supposez, en effet, que, non prévenu de ces intermittences, l'entourage s'efforce de faire prendre le sein à l'enfant au moment des contractures. Peine inutile, découragement rapide, abandon certain, danger même d'asphyxie par pas-

sage du lait dans les bronches ; tel est le triste résultat auquel on sera fatalement amené.

S'il est prévenu, au contraire, il surveillera attentivement les moments de répit, il en profitera pour alimenter l'enfant et le traiter, soit que le petit malade puisse téter à ce moment-là (ce qui est à la rigueur possible), soit que l'on doive, au moins pendant quelques jours, lui administrer, avec une petite cuillère, le lait tiré du sein de sa nourrice.

Si l'enfant peut téter, même peu, il est infiniment préférable de lui donner directement le sein. CVst, seulement, lorsqu'on reconnaît qu'il est dans l'impossibilité absolue de le saisir, que l'on peut recourir au moyen, moins pratique et moins utile, précédemment indiqué.

Diagnostic. — Le diagnostic du tétanos des nouveau-nés est relativement facile. Il est basé sur la rigidité ou contracture musculaire, plus ou moins généralisée, et, en particulier, SUT celle des masséters; enfin, sur la difficulté ou mieux sur l'impossibilité, pour l'enfant, de téter, en raison du resser. rement de ses mâchoires.

On ne confondra pas. avec le tétanos, la maladie de Little, par exemple ou tabès spasmodique, portant plus particulièrement sur les membres, surtout inférieurs, et n'intéressant point la tête et la face, encore moins la bouche.

On distinguera, de cette cause qui empêche le nourrissoa de téter, toutes celles qui sont capables de produire un semblable résultat. Elles sont extrêmement rares et exceptionnelles, d'ailleurs.

C'est à peine si la brièceté du frein de la langue, le muguet, les ulcérations buccales, la faiblesse congénitale, peuvent être mentionnées, à cet égard.

Nous signalerons, simplement, les convulsions que leur caractère habituellement passager fera distinguer facilement du tétanos et du trisuius, dont la durée est beaucoup plus grande.

Pronostic. — Le tétanos du nouveau-né est toujours grave.

Il entrave, en effet, la fonction principale de la vie, la nutrition, de laquelle dépendent l'intégrité de toutes les

autres (circulation, respiration, innervation). Aussi, pour peu que l'alimentation soit difficile ou impossible, on ne tarde pas à vo'r survenir, comme conséquence de Vinanition^ la mot't, par suppression progressive de ces diverses fonctions, indispensables à l'existence; s\, même, V asphyxie ne se produit pas, comme dans le tétanos chez Tadulte, par contracture des muscles respiratoires.

Cette gravité du pronostic se trouve cependant un peu atténuée, par les cas assez fréquents de guérlson, qui seront à l'avenir, pensons nous, de plus en plus nombreux, à mesure que l'on saura mieux s'y prendre pour alimenter et traiter les nourrissons atteints de tétanos.

Traitement. — Le traitement découle tout naturellement de ce que nous avons dit plus haut.

On devra surveiller, avec un soin jaloux, les moments favorables à l'alimentation. Les tétées seront de beaucoup préférables, quand elles seront possibles, à l'ingestion de lait, même de femme, à la cuillerée.

Comme médicaments, nous nous sommes surtout bien trouvé de l'hydrate de chloral (25 à 30 centigrammes), dans une potion de 60 grammes (ainsi composée : eau 40; sirop de cerises 20).

Cette petite potion doit être administrée, à raison d'une cuillerée à café et à une heure d'intervalle, trois fois consécutives.

Après cela, que les contractures soient moins faibles ou non, on suspend la potion ,pour la reprendre quelques heures plus tard, si on le juge nécessaire, c'est-à-dire si les contractures se reproduisent, persistent ou redoublent. Il va de soi que si, après la première ou la seconde cuillerée, les contractures diminuaient ou cessaient, si, enfin, les tétées étaient possibles, on pourrait renoncer au chloral, du moins momentanément.

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