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XIII. — Paralysie infantile

Définition. — La paralysie infantile est une maladie propre à l'enfance. Elle frappe, tout à coup, un ou plusieurs groupes musculaires, principalement ceux des membres.

Étiologie. — Les causes de la paralysie infantile ne nous sont pas, encore, parfaitement connues.

La fièvre {éphémère le plus souvent), qui la précède ou l'accompagne, semble bien indiquer une infection' au début.

Le froid a été aussi incriminé, sans que l'on puisse, toutefois, en établir indiscutablement l'influence.

Ce qu'il y a de certain, c'est que dans les cas, qui après une durée plus ou moins longue ont été suivis d'autopsie, on a trouvé une lésion atrophique des cellules motrices des cornes antérieures de la moelle {poliomyélite).

Symptomatologie. — Un enfant est couché bien portant, la veille au soir. Le lendemain, au réveil ou pour mieux dire au lever, il est frappé d'impotence fonctionnelle, portant sur un ou plusieurs membres.

Les membres inférieurs sont le siège de prédilection de la paralysie infantile. Les supérieurs peuvent, cependant, en être atteints. Les exemples en sont de jour en jour plus nombreux.

Ce qu'il est important et utile de retenir, c'est que le membre intéressé n'est pas frappé, d'ordinaire, dans sa totalité; mais le plus souvent, au contraire, dans quelques-uns de ses groupes musculaires et même, assez communément, dans certains de ses muscles, pris à part.

C'est ainsi que, du côté du membre inférieur, les péroniers, le jambier antérieur, le soiéaire, le triceps sural, peuvent être simultanément ou isolément atteints.

Du côté du membre supérieur, le deltoïde, le biceps^ etc. sont, souvent, dans le même cas.

Communément (si l'on a pu assister au début de la para-

lysie c'est-à-dire si, au lieu de se produire subitement et de nuit comme nous venons de l'indiquer, les accidents ont débuté le jour) on constate qu'ils ont été précédés d'une fiècre, parfois assez intense ^39°, 40*^) ; mais, presque toujours, de courte durée (moins de 24 heures en général).

Cesi par Vimpotence fonctionnelle ou,d\i moins, par Vimpossibilitc d'exécuttr certains moutetnents, que se recèle la paralysie injantile. Un enfant couché bien portant la veille (nous le répétons à dessein) peut être levé paralysé le lendemain.

Si le petit malade marchait auparavant et si la paralysie porte sur les membres iîiférieurs, la maladie est rapidement reconnue. Si, au contraire, l'enfant ne marchait pas, le mal est, de ce fait, bien plus diflicilement reconnaissable.

Toutefois, les mères ou les nourrices attentives (l'enfant étant encore au maillot, par exemple) ne tardent pas à s'apercevoir que, lorsqu'on le lange, il n'exécute plus aussi facilement les mouvements qu'il exécutait autrefois avec ses membres inférieurs aussitôt qu'on l'avait délangé, témoignant de la sorte, pour ainsi dire, sa satisfaction de sentir ses jambes en liberté et profilant de cela pour leur donner les attitudes les plus diverses, comme pour se délasser de la position, plus ou moins fixe et pénible, que lui impose l'emmaillottement.

Mais, là ne se bornent pas les conséquences de la paralysie infantile. A l'impotence fonctionnelle et musculaire, portant sur les masses intéressées, succède bientôt une atrophie d'autant plus appréciable que les muscles atteints sont ou plus volumineux, normalement, ou plus nombreux. iMais, cette atrophie, quelque rapide qu'elle soit, exige cependant un certain temps pour se produire.

Lorsqu'elle se manifeste, d'ordinaire, la lésion des muscles est telle qu'elle est à peu près irrémédiable.

A cette atrophie paralytique succède, bientôt, une sorte de rétraction musculaire ou, du moins, un arrêt de développement du muscle, pendant que les autres parties du membre, restées saines (os, articulations, muscles, etc.), continuent à se développer.

11 en résulte certaines attitudes vicieuses, telles que les

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pieds bots paralytiques, quelle que soit la forme qu'ils affectent, suivant les muscles lésés : équin, pointe du pied abaissée par la rétraction des muscles du mollet; talus, pointe relevée par celle des muscles antérieurs de la jambe; varus, abaissement du bord interne du pied, par rétraction des péroniers; valgus, abaissement du bord externe par celle du jambier antérieur. Les variétés varus-équin, valgus-équin, laro-talus, tatgo-talus, sont en rapport avec les diverses combinaisons atrophiques que l'on peut observer dans le membre inférieur (jambe dans Tespèce), par suite de la distribution même de la paralysie et de l'atrophie ou, au contraire, de la rétraction.

On comprend aisément, en effet, que, suivant la prédominance de la paralysie et de V atrophie ou de la rétraction musculaires, les pieds bots soient tout différents comme origine et, même, diamétralement opposés ou tout à fait inverses.

Dans le premier cas, la tonicité musculaire, normale, faisant défaut dans les muscles paralysés, les muscles antagonistes entraînent le pied dans la direction propre à leur action spéciale (pied bot équin, dans la paralysie atrophique des muscles antérieurs de la jambe).

Il sera donc utile, dans chaque cas particulier, de déterminer le siège de la cause provocatrice de l'attitude vicieuse.

Dans un cas de paralysie infantile, portant sur le triceps fémoral droit, l'enfant ne pouvait, ni relever la jambe correspondante, dans le décubitus dorsal, ni la soulever, pendant la marche. La cuisse du même côté étant reletée par nous (le genou en haut), \a jambe retombait inerte aussitôt.

L'enfant ne put marcher qu'à l'aide d'un appareil orthopédique, constitué par des tiges latérales, métalliques, articulées et portant, en avant du genou, une sangle en caoutchouc destinée à maintenir cette partie et à la repousser en arrière, au besoin ; à redresser le membre, en un mot.

Chez un jeune homme, que nous avons connu à l'âge de 16 ans, il existait, par suite d'une paralysie infantile (ancienne) du deltoïde, une large séparation des surfaces articulaires de l'épaule et une impotence fonctionnelle et partielle du bras, qui pendait inerte le long du corps et que

le malade devait fléchv\ à l'aide de Vautre main, s'il voulait utiliser les quelques mouvements restés libres dans l'avantbras et la main du côté paralysé. Comme c'était le bras droit, le malade avait appris à écrire de la main gauche.

Diagnostic. — Le diagnostic de la paralysie infantile se base, nous l'avons vu, suivant la période, sur : ï impotence fonctionnelle, Vattitude vicieuse^ ïatrophie musculaire, les rétractions, les pied^ bots, les mains botes, etc.

L'impotence ionctionnelle peut être confondue avec cet état que nous avons désigné sous le nom d' hypokinésie des membres inférieurs et qui se caractérise par ce fait, que les enfants, qui marchent déjà ou qui se soutiennent sur leurs jambes, perdent momentanément cette faculté, au cours de l'évolution dentaire. Les parents et le médecin pourraient, à première vue, confondre cette hypokinésie avec la paralysie infantile.

Un examen attentif dissipera rapidement tout doute à cet égard.

Les mouvements, dans ce cas, sont certainement faibles, peu énergiques, mais conservés ou, du moins, possibles. S'il existait encore quelque hésitation, V électro-diagnostic la ferait totalement disparaître. Les réactions sont normales, dans V hypokinésie. 11 en est bien autrement, dans la paralysie. On pourrait aussi confondre, avec la paralysie infantile, les douleurs osseuses de croissance, qui ont pour siège habituel le cartilage juxta-épiphysaire. Il en résulte, on le conçoit, une certaine difficulté de se sentir des membres atteints,

11 n'est pas jusqu'à la pseudo-paralysie syphilitique du nouveau-né ou maladie de Parrot, qui ne puisse être prise pour une paralysie infantile (voir précédemment, au chapitre syphilis, son diagnostic spécial).

Latrophie pourrait faire croire à l'existence d'une myopathie primitive (voir, plus loin, le chapitre des amyotrophies).

Le pied bot paralytique pourrait, enfin, être confondu avec le pied bot rachitique»{yo\v rachitisme).

Pronostic. — Le pronostic de la paralysie infantile est toujours grave.

Il 56 mesure au degré d'impotence fonctionnelle, d'atrophie ou de rétraction musculaire, d'attitude vicieuse, de déformation {osseuse ou articulaire) consécutive, établissant autant de catégories et de degrés d'infirmité. Il en résulte Vindication formelle de traiter et de redresser le plus tôt possible. Sinon, le développement et la marche aidant, Vinfîrmitè peut devenir de jour en jour plus grave et, même, incurable.

Traitement. — Le traitement précoce de la paralysie infantile (durant les pre)niers 8 jours) est Y électrothérapie et consiste en courants continus.

Tels sont le moment le plus propice à choisir pour l'intervention thérapeutique et le moyen le plus efficace à employer.

Son traitement tardif est encore V électrothérapie et consiste en courants continus {galvaniques) et courants interrompus ifaradiques), les premiers s'adressant à la nutrition neuro-musculaire, les seconds destinés à réveiller ou à maintenir la contractilité et, par suite, la fonction et la vie, dans les parties non encore irrémédiablement atteintes.

Le pied bot paralytique est surtout justiciable d'-appareils orthopédiques, à moins que la rétraction excessive, les déviations énormes et les déformations trop anciennes, ne réclament les secours de la chirurgie (ténotomie, ostéotomie).

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