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XVIII. — IVévralg-i«*s (faciale, intercostale, sciatique

Dèfmition. — On désigne, sous le nom de névralgies, un étal pathologique, particulier, des nerfs sensitifs, caractérisé par Vêlement douleur.

Etiologie. — Les causes des névralgies sont, chez Tentant, les mêmes que chez l'adulte (l).

Les plus communes de ces localisations, chez l'un comme chez l'autre, sont les névralgies faciale, intercostale, sciatique, dont les causes habituelles, à tout âge, sont : pour la pre-

(1) L. Baumel. Chapitre Névralgies, in Traité de thérapeutique médicale appliquée de A. Robin, 1896.

mière, la carie dentaire; pour la seconde, Vanémie et le nervosisme; pour la troisième enfin, le rhumatisme.

La sciatique est très rare chez l'enfant. Nous ne l'avons, pour notre compte, jamais observée.

La nècralgie intercostale se rencontre de préférence chez la jeune fille, principalement au moment de la puberté.

La nérralfjie faciale, de beaucoup la plus fréquente dans Venfance, se manifeste à toutes les périodes de celle-ci ; dès le premier âge, surtout de 6 mois à deux ans (époque à laquelle les petits malades ne peuvent guère raconter leurs souffrances) ; mais, aussi, de 5 à 16.

Pendant ce dernier laps de temps, les enfants se plaignent de mal à la tète. C'est au pédiatre de se rendre un compte plus exact de la maladie, de sa délimitation, de sa nature, en explorant avec soin, en détail et de vi^u, Vappareil dentaire, qui présente souvent de la carie, concomitante de révolution (nous en avons parlé précédemment, à l'occasion des accidents de dentition).

Cette céphalalgie, si commune dans l'enfance aux époques précitées et que certains auteurs ont à tort qualifiée de céphalalgie de croissance, n'est, après tout, qu'une névralgie faciale ou, pour mieux dire, du trijumeau, due aux causes sus-énoncées.

Symptomatologie. — Névralgie faciale. Ce n'est que pendant la seconde ou la troisième enfance (o à 7 ans; 7 à 16) que les malades accusent de la céphalalgie, comme premier, sinon unique, symptôme de névralgie faciale.

A un examen plus attentif, le pédiatre précise, par l'exploration du système dentaire et par celle des diverses branches du trijumeau, que la névralgie porte plus particulièrement sur les nerfs dentaires (maxillaire supérieur ou inférieur), avec irradiation plus ou moins intense sur les autres branches du trijumeau (ophtalmique ou, du moins, nerf frontal, etc.).

En présence de cette dernière irradiation, il est bon de s'assurer de ['intégrité de r appareil oculaire et de Vabsence dHntermitteiice ou, surtout, de périodicité (malaria).

Dans l'immense majorité des cas, ce sont les nerfs maxillaires qui sont le plus douloureux, pour les raisons que nous avons données plus haut.

Les points névralgiques sont, chez l'enfant, les mêmes que chez l'adulte; nous signalerons, en particulier, le point /"ronfa/ ou sus-orhitaire , pour l'ophtalmique ou branche supérieure; le point sous-orbitaire, pour le maxillaire supérieur; le point mentonnier, pour le maxillaire inférieur.

Interrogé minutieusement l'enfant, atteint de névralgie faciale, finit par avouer que sa mastication est douloureuse ou difficile. Il a de la préférence pour certains aliments. Il abandonne facilement la tiande, qui nécessite certains efforts de mastication, auxquels il ne peut pas se livrer, en raison des douleurs (ju'ils protoquent. Dans le pain lui-même et pour des motifs analogues, le petit malade recherche la mie, refusant, pour ainsi dire, systématiquement la croûte.

C'est de cette difficulté de mastication que résulte une habitude déplorable et commune, chez l'enfant, lorsqu'il mange.

Il ne fait, en quelque sorte, que tordre et avaler, c'est-àdire couper des fragments d'aliments, qu'il ingère aussitôt, sans mastication préalable. De là, la dyspepsie par mastication incomplète, que nous avons déjà étudiée. Delà, les di/a /avions gastrique et cœcale, la gastro-entérite, la fièvre consécutive, la douleur et le gargouillement de la fosse iliaque droite (par difficulté de circulation de ces véritables corps étrangers, alimentaires, à travers l'orifice de la valvule de Bauhin). De là, aussi, les vomissements ou la diarrhée, à répétition et chronique ; enfin, Vanémie qui en résulte.

Celle-ci étant, à son tour, cause de névralgie, on comprend Vembarras du praticien, s'il ne sait rapporter à sa véritable origine, la névralgie d'abord, l'anémie ensuite.

On comprend, tout aussi bien, Viîisuccès des traitements prescrits jusqu'au jour où, étant connue la véritable nature du mal, on institue une thérapeutique logique, rationnelle et appropriée, pnthogénique en un mot.

Névralgie intercostale. —Puisqu'il est question de névralgie intercostale (dont les points névralgiques, on le sait depuis

Valleix, sont : l'un postérieur, l'autre moyen, le troisième antérieur, par rapport au nerf intéressé), considérons le cas assez commun dans lequel, chez une fillette anémique et atteinte de céphalalgie de dentition, on constate une douleur épigastrique (ou d'estomac, suivant l'expression des malades elles-mêmes).

Exceptionnellement cette douleur est névralgique. Rarement, l'estomac est directement en cause, dans ces circonstances. Il peut l'être, cependant, par suite de la mastication incomplète, susmentionnée.

Il s'agit le plus souvent, dans ces cas, du foie des anémiques, résultant du cœur globuleux (cœur forcé, cœur droit dilaté de Parrot), si commun dans ces conditions, que Vanèmie soit primilire ou secondaire.

Pour s'en assurer, nous l'avons dit plus haut, il suffira d'examiner la jeune malade le matin à jeun ou, au moins, six heures après le dernier repas et l'on constatera facilement, comme nous l'avons observé maintes fois, que la percussion, produisant de la sonorité liée au vide ou à la dilatation gastrique, est indolore; tandis que \a matité hépatique est, au contraire, non seulement plus étendue que de coutume ; maïs, encore, plus ou moins douloureuse.

De M, aussi, /es douleurs épigastriques, éprouvé es au moment de la digestion et dues (ainsi que nous l'avons fait remarquer dans le chapitre anémie) à la compression du foie, lors de la réplétion gastrique c'est-à-dire lors des mouvements péristaltiques de cet organe et de sa distension plus grande par suite des fermentations digestires et de la formation de gaz en plus ou moins grande abondance, {suivant la nature des aliments ingérés) pendant l'accomplissement de cet acte physiologique.

Pour être complet, nous devons rappeler que cet état coïncide, généralement, avec une coloration intense des pommettes ou avec une décoloration excessive du visaqe, quialternent, souvent, Vune avec l'autre. Les enfants ont très fréquemment, dans ces conditions, du vertige, et présentent une espèce d'état syncopal, ainsi que nous l'avons dénommé et décrit plus haut (voir accidents de dentition).

Vanémie se trouve donc produite, tantôt par la croissance, lantôt par une ou plusieurs maladies antérieures et successives tanlôt enfin par la mastication incomplète et les troubles digestifs qui en résultent.

Ce qui caractérise les névralgies, chez l'enfant, c'est, au point de vue symptomatique, la douleur sans doule, mais la douleur sans précision, la douleur vague, appliquée à toute une région du corps (la tête, le ventre, le membre inférieur).

C'est, prévenu de cette symplomatologie imprécise des névralgies, à tout âge mais plus paiticulièrement dans l'enfance, que le pédiatre, vraiment digne de ce nom.s'elîorcera de rechercher et de déterminer le trajet, la nature de la douleur, en même temps qu'il s'eHorcera d'en observer les exacerbât ions, souvent intermittentes comme dans toute névralgie, mais survenant principalement (en ce qui concerne la névralgie faciale vraie et la névralgie épigastrique, vraie ou fausse) au moment du rrpas ou immédiatement après.

Ce n'est point seulement la mastication qui réveille la névralgie dentaire, c'est encore l'action des boissons ou des aliments froids ou chauds sur les nerfs, déjà rendus douloureux ou névralgiques par la carie ou l'évolution dentaire, souvent combinées; isolées, au contraire, l'une de l'autre, dans certains cas.

Diagnostic. — Étant donné ce que nous venons de dire des névralgies faciale et intercostale, chez l'enfant, il sera difficile de confondre, avec elles, un tout autre état.

Pour la névralgie faciale, l'absence habituelle de fièvre (sauf le cas exceptionnel d'abcès dentaire), l'âge des sujets, l'évolution ou le mauvais état des dents, permettront, généralement, de préciser le diagnostic.

Quant à la névralgie intercostale, seule la coexistence des points névralgiques, médian eipostérieur, pourra faire admettre la nature identique du point antérieur ou épigastrique. Quand il y a véritablement névralgie, cette coexistence est la règle.

On devra, toutefois, ne pas confondre la névralgie avec les arthrites chondro-costales ou chondro-sternales, que le

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rhumatisme aifju détermine souvent, ni avec les ostéites siégeant sur les côtes elles-mêmes.

Pour ce qui est de la pleurite costale, l'auscullaiion du thorax, au niveau du point douloureux, la mettra, d'ordinaire, facilement en évidence [frottements).

Pronostic. — Le pronostic des névralgies, bénin en luimême, ne devient grave que par la longue durée du mal et par celle des conséquences générales qui peuvent en résulter (insomnie, dyspepsie, nervosisme, anémie, etc.); d'où, amoindrissement des défenses de l'organisme, envahissement plus facile et atteinte plus profonde de ce dernier par la plupart de? maladies infectieuses.

Traitement. — Le traitement des névralgies consiste : 1' à donner au malade des aliments demi-liquides (voir alimentation des choréiques), pour relever la nutrition le plus rapidement possible; 2' à arracher les dents, cariées; 3' à laver la bouche, après chaque repas, avec un fî^wide légèrement antiseptique (eau boriquée"), pour éviter les infections locales (gingivites, stomatites, adénites cervicales); 4* à favoriser révolution dentaire, par l'administration du phosphate de chaux (glycérophosphate) ; o" à combattre Vanémie, à l'aide des préparations ferrugineuses ; 6° à régulariser les repas ; 7" entin, à employer la quinine et, mieux, Veuquinine à une dose double, contre la névralgie frontale, intermittente et périodique.

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