‹ Précis des maladies des voies urinairesChapitre 11 sur 90 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

CATIIETERJSME

Le cathétérisme est une opération, qui consiste t\ introduire dans une certaine étendue de l'urètre ou dans toute sa longueur et même au delà jusque dans la vessie, des instruments divers destinés soit i\ parfaire un diagnostic, soit à évacuer artificiellouïent l'urine, soit enfin à porter ime action thérapeutique sur le canal ou la vessie. De là trois variétés de catbétérismes : cathétérisme explorateur (soit de l'urètre, soit de la vessie); cathétérisnuï évacuateur; cathétérisme modificateur ((ii'YON). En raison de rimj)ort€ince «pie cette opération a en chirurgie urinaire, nous lui consacrerons ce chapitre.

§ 1. — Catmétp:iusme explouateitii de i/lrètre

Le cathétérisme explorateur est destiné, comme son nom l'indique, à nous renseigner sur l'état du canal de l'urètre. On doit toujours le pratiquer avant toute autre intervention chirurgicale sur les conduits urinaires.

1" Instruments. — De tous les modèles qu'on a construits le meilleur est la bougie exploratrice en ijomme ' à houle (fig. 10), qui en raison de i^on renllement olivaire terminal et de sa tige

* Los instruments dits on ffomme, dont ou fait un si fréquent Uju^'o on chinirgio urinaire, sont constitués pav uno tranio tissée de lin et iiiiouK do soie rocouvortc d'un ^rand nonihrc de couches tVun nièlanjj^o siocutif d'huile «h* lin et de caoutchoue.

CATHKTERISME

mince, souple et longue, touche successivement toutes les parties

du canal et transmet fidèlement à la

main les moindres sensations naissant m ^

du contact de son extrémité avec les

parois urétrales. Pour que la boule oli-

vairc remplisse bien son but, il faut

que sa grosse extrémité rattachée à la

tige forme ime sorte d'onglet, un talon

ni trop prononcé pour accrocher la

mu<iueuse lors de son retrait, ni trop

mousse pour glisser sans ressaut sur les

irrégularités de la paroi uré traie.

Les solives comme les bougies et les ondes sont graduées par tiers de millimètre et numérotée^ de 6 à 30 (Filière Charrier e).

2"^ Introduction des bougies exploratrices à boule dans l'urètre. —

La façon, dont les explorateurs à boule progressent dans le canal, mérite de Oxer Tattention, car de la solution de cette question dépend la technique du cathétérisme à l'aide de tous les instruments souples et rectilignes. En raison de leur flexibilité les explorateurs ne peuvent pénétrer dans le canal qu'en rampant sur une des parois où leur extrémité vient appuyer sous l'action de la force qui les pousse. Dans la portion libre de l'urètre cette paroi conductrice peut être indifl'éremmcnt le plancher ou la voûte du canal, mais

Fig. 10.

, .. .. . , ^ 1' -L Bougies exploratrices à

dans sa partie iixe, ou le canal décrit boule

une courlie û concavité embrassant la

s^mplivse plus ou moins prononcée suivant l'Age , elle ne

saurait être (jue le plancher. En effet, en parcourant cette par-

^6 PETITE CIIIRUHQIE URINAIRE

tie Ci\e. Ic3 bou);ies et sondes simples et droites <jont rorccinent violcnti's et s't;rUa))purHieDt pnr lu tangcnlo, si lu [mroi inférieiire In pliis exRCiitniiiie ne leur résistiiil et ne les obligeiiit A s'imnrver jusqii'A leur jjénclrution ilans lik vessie. Ce iiiudc de {irogresKion de rcxpInrHlcur il travers le coniil étant ronnii, voj'ons i;<iinnient se prHtii{uc son intrnduclion. Le malade étant oonriié 011 étendu dans nu fnnieuil A dos rorleinent renvei-sé, le chirurgie» plapû lie prél'éi-eni-e à droite ■ prend de la main droite un explorateur k boule assez volumineuse u" 18 ou 20 II sep tique el hien luhrelte : puis, saisissant la ^erge au-dessous du gland entic le niMius et l'annulaire gauches en supinutiun il tire légéreiiieiit sur elle, tandis que le pouce et l'index de tu même main entriiuMcnt le mcutilig. II). Il fait alors franrliir cet orileper muuvciueiil de rota-

ÏIK It i dt -^iBir lu \(tg« et <lin 1 1 II k muit enti u l< i iloiKts iIl iiin gauiliL pour > ruin. peni.

fut II la boule en lui imprimnitl ui

lion et piiKourl deiiiLke la fusse

(le sunre la punu inr(.nciiic pour ciiter la lacuna mnsna reeou-

\ei'to pai lu \ahule de liitRiN

La tra\ei'hce de lu n/ion sponpeiise ••e fuît sans encombi'e, et lolne cirirlunt de\utit elle les paiois de l'urètre accolées a engage duna la poition membraneuse le plus souvent sans dif- Ilculte luisquil s agit dun canal sain d'enfant ou d'adulte. Huis the^ les ïicilluiil» pai suite du de\elappeHient du bulbe, il exi-lc en a\ant du splimitei interuiitral sur lu paroi inféiieuie, non une ikprcssion réelle mais une dèpressibititf qui < ede sous la pression des instruments souples tendant il prendre

CATIIÉTÊRISUE SI

la tangente et enrn[)U''.honne leur extrémité (H^. 13). t'niii- éviter de tomlier rinns cette ehaiixt^e-trape. il fniil tiu Inr et il mesure que lu boule en appi-orlic iminiiner à la tt;;e tenue dune main légère un uiouvemenL lent et eontinn de manière h glisser sur ec tcri-nin ilopressihie sans n'y cnfoneer, •• L"ii ngrénlile sciitinient (ie rêsïstanee i|ui eesse " ((ii'ïON), perfu par le diirurgicn, en luéme temps qu'une sensation plus ou moins pénible éprouvée par le patient aTcrtissent du moment précis où lu boule traverse le détroit de lu portion mcnibranciise.

I.n traversée de la n'-gion prostatique se fait librement eoinme eelle de la région spongieuite.

La valvule de Glëhin toujours faeile k éviter, le eul'de-sae du bullte |ilus diflicilc chez le vieillard sont dum; les seuls obstarles dans im urètre snîn ù la pénétration de l'cx- . plorutcur. Son retrait ne présente aui'unc espèce d'ari-èl.

3" Données foumiee par l'explorateur à boule. — Lorsque l'instruiuent n'est arrêté ni par la valvule de Ik'KRiN. ni par la dépression du cul-de-sac du biillie. les sensations, qui se transmettent à In main du ehii'iir};ien dans un urètre sain, se réduisent k celle résultant du passage de l'olive » travers la portion membrane use. De même le patient, qui a bien le sentiuienl obtus d'un corps parcourant l'urètre spongieux, n'accuse de sensation bien nette qu'au moment où la boule écarte le sphincter inter-urétral.

Cette sensation, repère précieux indiquant le point de démarcation entre les deux uréti-cs, est loin d'être surlisante dans la pratique. Pour déterminer exactement le siège des lésions que l'olive révèle dans le canal, il faut rherclier i\ la .■icnlir à tra-

lineapuclioiinriiicni < boule expiiiL'ati'icc ili cul-(lc-sac <lu bullic.

28 PETITE GIlIllURGIE URINAIRE

vers ses parois. Le point où on la percevra indiquera à quelle région de l'urètre antérieur, portions pénienne, scrotale, périnco-bulbaire, appartient la lésion. Pour reconnaître le point où s'arrête l'olive dans l'urètre postérieur, on aura recours au toucher rectal.

Nous verrons, à propos de l'urétrite, des rétrécissements, des corps étrangers urétraux, du spasme de la portion membraneuse, des diverses affections de la prostate, quels précieux renseignements fournit, pour le diagnostic et le traitement, le toucher profond (Guyon) de l'urètre pratiqué î\ l'aide de l'explorateur à boule par une main exercée et attentive.

§ 2. — CaTHÉTÉRISME EXPLORATErR DE LA VESSIE

On peut utiliser l'explorateur olivaire, qui a servi ii examiner l'urètre, pour interroger la sensibilité de la vessie au contact, pour mesurer la profondeur du viscère, pour apprécier les irrégularités de ces parois, même pour rechercher la présence d'un calcul. Mais cet instrument n'est qu'un explorateur d'occasion et pour faire un examen méthodique du ré.servoir m'inaire il faut avoir recours à des explorateur de choix,

1^ Instruments. — Les instruments destinés à explorer la vessie sont en métal : argent, acier, ou maillechort, ce deraier trop friable est délaissé de nos jours. Les plus recommandables sont les explorateurs de sir Henri Thompson et de GuYON. L'explorateur de Thompson creux constitue une sonde pouvant servir à évacuer et à injecter la vessie (fig. 13) ; celui de (ii'YON est plein (fig. 14). Comme il n'est jamais « bon de mélanger les actes opératoires » ((irvoN), et que l'évacuation et l'injection de la vessie doivent faire au temps spécial de l'exploration, l'avantage reste à l'explorateur plein plus facile à maintenir aseptique et ne risquant pas de blesser la muqueuse par le bord tranchant de ses yeux. Cet instrument se compose de trois parties : la tiffe d'un diamètre assez petit (4 i\ 6 millimètres) pour se mouvoir dans le canal : la poignée représentant un petit barillet assez volumineux et d'un certain poids qui

nr^

CATIIETERISME

permet au chirurgien d'avoir l'explorateur bien en main et de ne laisser échapper aucune des sensations nées du contact de son extrémité Yésicale avec les parois de la vessie et son contenu ; le bec court et brusquement coudé à la façon des sondes de Leroy (d'Etiolés) et de Mkrcieh detnanière à. franchir aisément la portion sous-pubienne du canal et ù se mouvoir dans la vessie sans laisser aucune de ses parties inexplorées. Ce bec qui est, suivant la pittoresque expression de Guvox, comme « la pulpe du doigt artificiel »» que représente la sonde exploratrice, est aplati otïrant deux faces réunies par deux bords assez larges et a un diamètre de 6 millimètres environ correspondant aux n^* 16 A 18 de la filière Charrière. 11 existe quatre modèles de cet explorateiu* numérotés de 1 à 4 pour s'adapter aux courbures variables de Turètre avec l'âge et les maladies.

2» Précautions préliminaires^ position du malade , injection ▼ésicale, anesthésie. — Le malade doit être couché sur un lit d'une hauteur convenable et son bassin soulevé au moyen d'un coussin plat et dur de 10 à 15 centimètres d'épaisseur, tandis que ses épaules reposent sur le plan du lit et que les membres inférieurs sont légèrement fléchis et écartés au niveau des genoux. Le bassin h plate-

Fig. 13.

Exploratour

creusé de Thompson.

Fig, U.

Explorateur plein de

Page 1