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CHAPITRE PREMIER

LESIONS THAUMATFOL'ES

Les lésions traimia tiques de la prosUite sont rares. La situation profonde de la glande, protégée par la ceinture osseuse du bassin, la dérobe en effet k l'action des corps vulnérants. Cependant cet organe peut être atteint exceptionnellement de contusion, et plus souvent de plaie.

§ 1. — (^ONTl'SIOXS

On pourrait croire cjue les traumatisnies violents de la portion pubienne du bassin et de la région périnéale entraînent, au milieu de la désorganisation profonde des organes voisins, telle que fracture des os, déchirure des aponévroses, rupture de Turètre, la dilacération de la prostate. 11 n'en est rien, et les recherches expérimentales de Terrillon sont venues, il y a quelques années, confirmer les observations anciennes de Cho- PART, en démontrant que la prostate reste indemne, alors que le ligament de Carcassoxne, la portion membraneuse de l'urètre, les os du pubis et les ischions ont été déchirés et rompus. Le fait de Yelpeau qui, dans une autopsie, trouva le tissu de la

prostate semé de petits foyers hémorragiques, reste i\ peu prés unique dans les annales de la sricnce.

Si la contusion violente, aigué, est rare, il n'en est peut-être pas de même de la contusion chronique de la prostate, résultant de l'exercice immodéré de Téquitation et de la hicyclette. Certaines prostatites aiguës ou chroniques, que nous avons ou occasion d'ohserver chez plusieurs cavaliers ou hic.yclistes en dehors de toute atteinte blennorrhagique antérieure, avaient peut-être pour point de départ de petits foyers hémorragiques, de minimes lésions destructives provoquées par Téhranlemenl prolongé du périnée chez ces malades. Millkt et Ménière, J .-W. Iridin ont fait des observations analogues.

Quoi qu'il en soit, la description clinique de la contusion prostatique est encore à faire, et les matériaux manquent pour l'entreprendre.

g 2. — Plaies

Quoique peu fréquentes, les plaies de la prostate ont aujourd'hui leur histoire complète dans les livres classiques, depuis lîi première description faite par Vioal dk Cassis.

1^ Étiologie. — Elles sont produites, soit de dedans en dehors par l'intermédiaire du canal de l'urètre, soit de dehors en dedans.

A. Plaies de dedans en dehors. — Ce premier genre de plaies résulte d'un cathétérisme maladroit ou violent ou encore de la présence d'un corps étranger, tel qu'un c«lcul, etc. Nous en traiterons à propos des ruptures de l'urètre et des fausses routes.

B. Plaies de dehors en dedans. — Les plaies de dehors en dedans sont déterminées par des instruments piquants, tranchants et contondants. Une division reposant sur la nature des corps vulnérants a bien sa valeur, mais il est préférable, croyons-nous, de les classer d'après le point par lequel ils atteignent la glande. A cet égard, la prostate peut être blessée : 1« par le périnée ; 2" le rectum ; 3^ l'hypogastre (fig. 102).

SS TRAUUATryliES

rt. I.ps p/rtit's- failff à Irarcri! le pdnnèc simt de bciiiicoiip les IiliiB rréi[nentes. Ce sont il'nliord tiiiitM les pluies rhirurginilcs niVcssIU'Cs pur In tiiiile ; viennent ensuite les plaies accitlenlelles iiro'liiitei: un roiu-s d'un i;onilint, il'une rixe pnr une «'pée, lin enntenu. un trnnchet. ou siii-vcnucs <liins une eliiite kht un (Vhiilas (Vklpbai) ou sur une hnm.ho iliii-lire (Diuas).

b. Les plaies faites par rinlcrmèdiaire du rectum sont un peu plus rares, mijimnl'liiii surtout i|ue les biitles rm-tnlrs ut la ponction (le lu vessie par l'intcstîn sont délaissées. Elles suecéilent, en général, au passage cle eorps étrangers ilnits l'intestin, i-oniiue des noyaux de fruits, îles l'-pinglcx. dcâ gntviers. On les «liserve surtout, A In suite des nmniiuivrcs réelnniées pur l'eitrartion des objets plus ou moins volumineux, ipie ecrtnins indivîdiiN s'introduisent duns le re<'tuiii pnr gngcnre, iihrrrritliin nientulc on lubricité.

c. Les plaies faiUx ptir l'hi/potjaxtre sont tout rt fuit exceptionnelles, et presque toujours elles s'ueeonipugnenl de dé- Burdres tels du eAté de lu vessie, votre même du ml-dc-sne péri-

tonénl, qii'cUos no constituent pins ciMiin épiphénoniénc dans l'évolution do ce f^rave traumatisme. On a cependant vu la prostate être atteinte par le trocart dans une ponction suspubienne de la vessie.

C. Plaies par ahmks a fei'. — Les plaies par armes à fou, que nous classons t\ part, sont rares, puisque Oxis n'en a relevé <ïue .sept cas. Elles s'accouqjaj^nent en général de fracture du bassin et en particulier du pubis, et de lésions graves du côté de la vessie, des vésicules séminales, du rectum, etc. Cependant Hicoru et Otis rapportent chacun un fait de balle logée dans le parenchyme prostati(iue sans autres lésions.

2" Symptômes. — Les phénomènes symptomatîques, (jui résultent de la blessure de la prosUite, sont bien différents suivant : 1" que l'agent vulnérant s'est arrêté dans le parenchyme glandulaire ou 2" qu'il a intéressé le canal de lurètre.

a. Premier cas, — Dans le premier cas. le seul symptôme do la plaie de la prostate est, avec une douleur plus ou moins vive, l'hémorragie. Cette héuiorragie, parfois insignifiante, est (lueUiuefois si abondante, lors(|ue la prostate est très va scalaire. coHïme c'est le cas fré([uent chez les vieillards, ou lorsque les plexus périprostati(|ues ont été intéressés, «luclle nécessite le tamponnement du rectuui.

h. Deuxième cas. — Lorscpie l'urètre a été intéressé, h l'hémorragie externe se joint un écoulement de sang, qui se fait tout entier dans la cavité vésicale, ou se déverse dans l'urètre et donne lieu à l'iu-élrorrhagie. L'urine sort par la plaie extériem-e. soit seulement au moment des mictions, soit d'une façon continue. On admet, en général, dans ce dernier cas, que le coX vésical a été intéressé; mais ce (|ue Crvox nous a appris touchant le rôle du sphincter membraneux comme appareil de rétention normal de l'urine, fait comprendre «pie récoulenâont rie ce liquide peut être continu, alors même que le col de la vessie a été respecté. Lorsque la plaie est sinueuse et étroite, l'urine ne sort que pendant les efforts de la miction. L'écoulement du sperme n'est possible que si les vésicules séminales ont été blessées. Quant au

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suintement du liquide prostatique, il est sécrété en trop petite ({uantitc en dehors de l'orgasme Tonérien pour qu'il puisse être constaté.

L'exploration <le la prostate par le toucher rectal ne doit jamais être négligée dans le cas de plaie supposée de cet organe : elle fournit souvent de précieux renseignements. Mais la plaie elle-même sera exceptionnellement explorée A l'aide du doigt, d'une sonde de femme, d'un stylet; si cet examen s'impose, on devra toujours agir avec une grande douceur dans la crainte d'augmenter les désordres, de rapjieler les hémorragies, etc.

3"^ Marche, terminaisons. — Petites ou grandes, pourvu qu'elles soient simples, à trajet direct et régulier, les plaies de la prostate sont hénignes et guérissent avec rapidité, ainsi que le montre la prali(|ue des opérations de tailles périnéales : cependant loi*squ>lles sont trop larges et dépassent les limites de la glande, elles peuvent s'accompagner d'hémorrngies graves et même mortelles : elles peuvent aussi consécutivement se compliquer de phlébite des plexus périprostati(|ues et d'accidents septicémiques. Mais ce sont surtout les plaies irrégulières, anfractueuses qui, en raison de la stagnation de l'urine, «les licpiides et des produits de suppuration, exposent à des accidents infectieux presque fatalement mortels. Comme conséquence éloignée des plaies de la prostate intéressant les conduits éjaculateurs, nous rappellerons (jue Lapeyronie et.DEMARgi'AV en ont signalé l'oblitération.

40 Traitement. — Les plaies de la prostate ne communiquant pas avec l'urètre ne réclament d'autres indications thérapeutiques que l'arrêt de l'hémorragie lorscpi'elle se profluit. La compression exercée simplement sur le périnée ou pratiquée par le rectum sous forme de tamponnement, la glace, les styptiques, suffisent le plus souvent. Dksnos conseille d'avoir recours à l'eau très chaude, suivant la méthode de Keclis.

Lorsque l'urètre est intéressé et que la plaie, jietite ou granflc, est régulière. A trajet direct et permettant un libre écouleuicut de l'urine, le chirurgien, après avoir arrêté l'hémorragie,

pourra se oonlentor de faire journellement des lavages antiseptiques, d'administrer à l'intérieur le biborate de soude, le salol ou autre substance destinée k rendre l'urine aseptique et de laisser la ricatrisation s'accomplir seule. Si, au contraire, la plaie est anfractueusc, irréguliére, il pratiquera des cathétérismes répétés et mettra même une sonde à demeure, afin de prévenir l'inflltration de l'urine dans les tissus. Mais si les cathétérismes sont difUciles et la sonde à demeure mal supportée, il ne devra pas hésiter à suivre le conseil de Le Dkxtu, qui recommande, dans ces cas, d'inciser largement le périnée, de mettre à nu tout le foyer traumatique et d'assurer ainsi l'écoulement de tous les liquides.

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