‹ Précis des maladies des voies urinairesChapitre 43 sur 90 · CORPS ETRANGEUS DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

CORPS ETRANGEUS DE LA VESSIE

Sous le nom de corps étrangers de la vessie, nous décrirons tous les corps ayant pénétré accidentellement dans le réservoir urinaire à l'exclusion des calculs.

1" Etiologie. — Leur introduction dans la vessie peut se faire par trois mécanismes : par effraction ù la suite d'un traumatisme ; par ouverture inflammatoire ou ulcérative des parois vésicales ; par cheminement à travers les voies naturelles.

Les corps introduits par les deux premiers mécanismes ne sont que des épiphénomènes dans l'histoire des plaies, des ruptures, des ulcérations de la* vessie. Leur présence complique la situation, mais ne caractérise pas la lésion pathologique. Rappelons donc seulement qu'à la suite des traumatismes vésicaux, des projectiles, des lamheaux de vêtements, des fragments d'os peuvent être introduits dans le réservoir de l'urine ; qu'à la suite d'ulcérations mettant la vessie en comnmnication avec les viscères voisins (rectum, intestin) ou avec des productions pathologiques développées dans ses environs (kystes de l'ovaire, abcès, etc.), peuvent pénétrer dans la vessie des matières fécales, des noyaux de fruits, des pépins de raisins, des vers, des liydatides, des poils (pilimiction), des dents, des débris d'embryon (kystes dermoïdes), des séquestres osseux, etc.

Les corps étrangers introduits par les voies naturelles sont de beaucoilp les plus nombreux. Leur introduction peut être le résultat d'un accident du cathétérisme ou de manœuvres erotiques chez des sujets sains d'esprit ou atteints d'aliénation

mentale. Très souvent les malades, pom* remédier eux-mêmes à. des difficultés de la miction, s'introduisent dans l'urètre des instruments primitifs ou défectueux qui se brisent et tombent dans la vessie ; d'autres fois cet accident survient au cours de manœuvres pratiquées par le chirurgien et des bouts de bougies conductrices, de sondes en gomme ou métalliques, des fragments de lithotriteurs sont ainsi restés dans le réservoir de l'urine. La liste des corps étrangers introduits par les sujets pervers ou déments dans la vessie serait longue, et nous renvoyons au tableau de Poulet que nous avons reproduit précédemment. (Voir Corjis étrangers de Vurètre.) 11 n'y a aucun objet de vêtement, de toilette, aucun ustensile professionnel, qui n'ait été rencontré dans la vessie, et remarque, dont la raison est facile à saisir et qui a bien sa valeur pratique, le corps étranger est en général celui que les sujets ont le plus aisément à leur portée. C'est ainsi que chez les femmes on rencontre des épingles à cheveux, des crochets îi broder, des passe-lacets, etc.

2*" Anatomie et physiologie pathologiques. — Il importe de distinguer les corps étrangers de la vessie en un certain nombre de catégories relativement ù. leur forme, leur consistance, leur volume, leur conformation, leur poids spéciflque, etc. Les uns sont souples, flexibles, non friables comme de fines bougies, des sondes en caoutchouc, des écheveaux de fil, des fragments d'étoffe, etc. ; les autres sont rigides, mais friables comme des morceaux de sonde en caoutchouc altéré, des tuyaux de pipe, des tiges de verre, etc. Il en est, qui ont la forme allongée, et c'est le plus grand nombre, d'autres sont courts, ovoïdes, sphériques, comme des fèves, des haricots, des pois. Certains sont réguliers à leur surface, d'autres sont raboteux, couverts d'aspérités. Enfin, ceux qui sont lourds tombent au fond de la vessie, tandis que ceux qui sont légers flottent dans l'urine. A chacune de ces variétés sont applicables, nous le verrons, des manœuvres d'extraction particulières, qui ne sont pas seulement commandées par leurs caractères physiques, mais encore par leur position dans la vessie, question que nous devons maintenant étudier.

CORPS ÉTnANGSRS A LA VESSIE SOS

Les corps petits, courts, de conrormation régiitiéi'C, un peu lourds, occupent le bas-fond de la vessie; les corps irréguliers, à saillies aigut-s. ù uxtri-inib's pointues venunt se llr.tier dans les parois du réservoir, n'ont pas de position D:ie. Les corps rigides et mousses d'une longueur de 6 Ji 9 centimètres, obéissant, d'après les peciiej-clies defiiïos et IIeshiet, à une v^ritalilc loi d'adaptation régie par la forme même de la vessie dont le diamètre transvcreal est seul constant, se placent transversalement suivant le plus grand diamètre de la vessie revenue sur elle-même. Au-dessus de 9 centimètres, les corps allongés, qui ne peuvent alors pénétrer dans la vessie qu'à la faveur de son extrême distension , prennent une direction verticnle ou ohlique.

La plupart des corps étrangers de la vessie Unissent pur s'incruster d'uratcs, de phosphates et surtout de phosphate ainmoniaco-magnésien. Certains cependant, inéme après un séjour très long dans une vessie saine, demeurent presque intacts:

tels sont la gutta-percha, le plomb. Tous les outres en raison de leur configuration trrégiiliùre, des aspérités qu'ils oITrent, despro- ^'f- *^ "' *■**■ duits scptiqiies dont ils sont chargés, pro- Aiguille et bout de voquont de l'inflammation de la muquense sondcincrusiésde

,. , , , .... - . .- ada calcaires.

vcsicalcet préparent Hinsi leur incrustation.

Les dépâts calcaires modifient leur volume (lig. IBO et 151), altèrent leur forme et deviennent pour le réservoir urinairc une sauvegarde de ses parois en en prévenant les iilr^Tations et les pcrrorations. Ainsi recouverts de ces incnistalions, les i-orps étrangers de la vessie constituent de véritables calculs susceptibles de se compliquer du ciHé des uretères et de.4 reins de tous les accidents, que nous avons étudiés il propus de la pierre dans lu vessie.

3" Symptomatologie. — Les phénomènes, i)ui traduisent la

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présence d'un corps étranger dans la vessie, sont très variables. Ils peuvent être nuls, si le corps est petit, lisse, régulier, en un mot inoffensif. Ils sont très graves et revêtent de suite la physionomie clinique d'une cystite grave, si le corps est long, pointu, couvert d'aspérités, très irritant. C'est dans ces cas qu'on a vu survenir l'ulcération, la perforation de la vessie. Entre ces deux extrêmes, tous les degrés d'expression syniptonuitii(ue peuvent être observés.

A part les symptômes du début, les corps étrangers de la vessie une fois recouverts de sels calcaires donnent lieu aux mêmes signes fonctionnels que les calculs. Notons seulement que les douleurs, la cystite, les phénomènes de voisinage paraissent plus fréquents que dans cette dernière affection.

4^ Marche, durée, terminaisons. — Suivant Bartels, l'expulsion spontanée des corps étrangers par l'urètre n'est pas rare, car elle aurait été observée 28 fois sur 87. Cette expulsion s'observe surtout peu après leur pénétration dans la vessie ; elle se fait alors très facilement ; mais elle peut se produire assez tardivement et elle est d'autant plus douloureuse que l'inscrustation a rendu le corps plus volumineux. Cependant les dépôts calcaires en émoussant les angles, les saillies du corps peuvent aussi favoriser son passage à travers les voies naturelles. L'issue heureuse pnr une perforation, une ulcération du réservoir urînaire n'est pas impossible ; mais presque toujours, lorsque l'hôte vésical prend cette voie, des accidents Inflammatoires éclatent qui entraînent la mort du sujet. Abandonnés A eux-mêmes les corps étrangers de la vessie déterminent une cystite avec douleur et suppuration abondante qui, se complicjuant de pyélonéphrite ascendante, emporte le malade.

5" Diagnostic. — Sauf le cas où il est petit, léger, peu résistant, il n'est pas difficile de reconnaître la présence d'un corps étranger dans la vessie, mais il est beaucoup plus délicat, de reconnaître sa nature et sa provenance. Les commémoratifs aplaniraient toutes difficultés, mais ils font presque toujours défaut dans les circonstances où ils seraient le plus nécessaire

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