C. Néoplasmes prenant naissance dans lk tissu musculaire
— (le groupe ne comprend qu'une espèce : les myomes, presque toujours purs (H fois sur 21 cas, d'après Albarran), ou mélangés d'éléments histologiques divers donnant lieu aux variétés fibromvomes. mvosarcomes, nivocarcinomes. Comme r-eux de lutérus, les myomes de la vessie peuvent être cavitaires, de beaucoup les plus fréquents, pédicules ou sessiles, interstitiels ou excentriques (cas de Helfield et de Polaillon et Legrand).
Les angiomes ne sont représentés jusqu'ici que par les cas de ffROSs, Broca, liANCHANs et Albarran, et constituent des tumeurs très graves en raison des hémorragies auxquelles elles donnent lieu.
Tl/MEÏTHS DE LA VESSIE 515
D. NÉOPLASMES HÉTKROTOPiguES. — On pciit voii" se développer sur la muqueuse vésicale des épithélionias offrant tous les caractères des épithêliomas développés à la surface des muqueuses dérivées du feuillet externe du blastoderme et méritant la dénomination d' épithêliomas dermoïdes, de cancroides, caractérisés par la présence de perles épidermiques, de filaments d'union protoplasmique et même de l'éléidine dans les celhdes cornifiées de la périphérie des globes kératinisés (cas de WiNCKEL, Thompson, Antal, Albarran).
A côté des faits bien connus de kystes dermoïdes de voisinage ouverts dans la vessie et donnant lieu au phénomène de la pilimiction (Rayer, Broca, Le Dentu), il existe des observations incontestables de kystes dermoïdes développés dans l'épaisseur même des parois vésicales (Hall, Thompson et Bryant, Goulson, Paget). Shattock a décrit un cas de sarcome chondrifiant et Ordonez a rapporté une observation de dégénérescence cartilagineuse fibroïde de la vessie. Jusqu'ici il n'existe qu'un seul cas de myome strié où rhabdo-myome rapporté par Vlcenzi Livio.
Pour être complet, nous dirons un mot en terminant des kystes hydatiques de la vessie. On sait que Gharcot, dans son mémoire classique « sur les kystes hydatiques du petit bassin », n'a trouvé aucun exemple authentique de cette variété de kyste développé dans l'épaisseur des parois vésicales et que pour lui ces tumeurs prennent naissance dans le tissu cellulaire souspéritonéal. Hache, Legrand, Tuffier, Fenwich ont depuis lors repris l'étude de cette question, mais il résulte de l'interprétation qu'a faite de leurs observations Albarran qu'il n'existe que deux faits probants de kystes hydatiques réels de la vessie : l'un a été rapporté par Le Sauvage, l'autre par Pize.
2^ Caractères macroscopiques. — a. Siège, — Quelle que soit leur nature histologique, les tumeurs de la vessie occupent surtout l'hémisphère inférieur du résenoir, et on les rencontre rarement dans son hémisphère supérieur (Féré, Stein, Pousson, Fenwich, Sperling). Dans le but de préciser plus exactement ce siège, Albarran divisant la vessie en trois zones : une supérieure et une moyenne comprenant la région étendue entre le sommet
de l'oFganc ei les orifiees des uretères, et une inférieure s'ct«ndant des uretères au col de la vessie, y compris le trigoae, a établi que, tandis que In zone supérieui-e est très rarement le siège des tumeurs, oclles-ni se développent dans la moitié des cas dans la zone moyenne, et encore assez souvent dans la zone inférieure, partirulièrement au voisinage des emboucliures des uretères rt la vessie, b. Nombre et volume. — Comme nous l'avons dit â propos de
Fig. ICQ.
Tumear maïuclonuOo (caicinonii!].
rétiolojjie, les tumeurs vésicHles sont souvent multiples, dans 40 p. 100 des cas, d'après Kenwich, dans 25 p. 100 suivanl Albarhan. Ijcur nombre est parfois considérable, et il est presque toujours en raison inverse de leur volume: c'est ainsi qu'il n'est pas rare de rencontrer, a côté dune tumeur volumineuse, une série du petites végétations constituant comme des graines de néoplasmes futurs et Justifianl la dénomination de maladie tilteuse des Anglais. Lorsqu'elles sont uniques ou peu nombreuses, leurs dimensions sont très variables; il en est de petites qui ont la grosscm- d'un pois, d'une noisette, d'une noix ; d'autres atteignent celle d'une mandarine, d'une orange, d'un
poing d'adulte, etc. Elles «rrireol parfois k remplir toute la cavité ïésicale et même h la distendre.
r. Configuration. — La configuration toute spéciale des néoplasmes vésicQux est des plus i-emariuiiblcs ; elle est le plus souvent indépendante de leur stmeture hîslologiqne, et ce n'est pas ta une des moindres raisons qui ont contribué k égarer les anciens auteurs sur leur véritable nature. La grande majorité
Fig. 161.
TuMiuur papiliuirt:.
revêtent k leur surface un aspect irrégulier, végétant, soit en gros mamelons lisses ou dérhiqiietés qui leur donne l'aspcet d'un chou-Heur {cauHfîotfer like appearencc) (fig. 160). soit en fines papilles d'où la dénomination de papillomos, dont on a abusé et qu'il convient de reuiplncer par celle de polvpc, (jui ne préjuge en rien la nature liistologiqitc. soit le pliii souvent en longs et minces filaments flottants dans le liquide il la façon des ramifications des plantes a(|uutîques {i-illous groiclk, lumcum rillemes), (fig. 16t et 162). On a voulu attribuer cette disposition de la surface des tumeurs aux contractions de la vessie, k leur