‹ Précis des maladies des voies urinairesChapitre 68 sur 90 · KYSTES DU REIN · texte numérisé non relu

KYSTES DU REIN

exceptionnellement on y rencontre de l'urée et les autres éléments constitutifs de l'urine.

b. Kystes hématiqucs. — Les kyst«s hématiques sont probablement des kystes séreux transformés par un processus analogue à celui qui produit l'hématocèle dans la vaginalite chronique. Mais ce mode d'origine ne saurait être invoqué dans tous les cas, et rappelons que, d'après Gornil, certains kystes hématiques ne sont autres que des épithéliomas, des adénomes au sein desquels s'est faite une collection sanguine. Quoi qu'il en soit de leur pathogénie, les kystes hématiques ont une paroi épaisse fibroîde. Leur contenu est un liquide visqueux, granuleux, renfermant des grumeaux et des caillots de coloration rouge, rouge brun, chocolat. Le microscope y décèle la présence de globules sanguins altérés, de grains d'hématosine, de cristaux d'hématoïdine, etc.

3^ Symptomatologie. — Les symptômes des kystes isolés du rein font complètement défaut tant que ces productions sont de petit volume; lorsque leurs dimensions sont assez considérables elles traduisent leur présence par des troubles fonctionnels et des signes physiques.

Les troubles fonctionnels consistent dans une douleur obtuse, une sensation de pesanteur, de tiraillements profonds et sourds. Parfois les malades ont de la dyspepsie, de la constipation, du météorisme par suite de la compression de la tumeur rénale sur les viscères abdominaux.

Chose remarquable, t\ part les kystes hématiques, qui assez souvent s'accompagnent d'hématurie, les kystes isolés du rein ne donnent lieu i\ aucun trouble de la fonction urinaire.

Les signes physiques sont ceux des tumeurs rénales en général. Si le kyste a un certain volume, la tumeur que l'on rencontre par la palpation méthodique du rein peut offrir le phénomène de la fluctuation; si elle est phis petite et remplie de liquide elle est rénitente. Il sera quelquefois bon de s'aider du chloroforme |

pour parfaire cette exploration.

4"" Marche, durée, terminaison. — La marche est lente et

progressive, quelquefois elle procède par poussées. La durée est indéterminée.

Longtemps computibles avee une santé parfaite, les kvstes isolés peuvent }\ un moment donné entraîner des accidents graves par la compression qu'ils exercent sur les viscères \oisîns. ou même déterminer rapidement la mort à la suite de leur rupture ou de leur suppuration.

Diagnostic. — I^e diagnostic des kystes isolés du rein est très difficile. Il comprend, comme d'ailleurs le diagnostic de toutes les tumeurs de cet organe, trois points : 1^ préciser le siège de la tumeur dans le rein ; 2*^ reconnaître qu'il s'agit d'une tumeur liquide ; 3*^ déterminer la nature de ce liquide. La ponction exploratrice est seule capable d'éclairer ce dernier point, et encore l'analyse chimique ne suffit pas toujours pour déterminer la nature et l'origine du liquide obtenu par la ponction.

6*^ Traitement. — L'indication opératoire ne se pose véritablement que lorscjue par leur volume les kystes isolés provoquent des accidents de compression pénibles, compromettent l'existence, ou encore lorsqu'ils sont enflammés et suppurent.

liCs ponctions simples ou suivies d'injections irritante.^ ou modificatrices sont le plus souvent impuissantes, et peuvent parfois devenir le point de départ de complications. Elles doivent céder le pas à Vincision avec drainage et mieux encore à la kystotomie avec suture des parois de la poche aux lèvres de l'incision lombaire ou abdominale, suivant la voie suivie pour atteindre la tumem*. Cette opération peu dangereuse, car elle n'a jusqu'ici donné aucun décès, a l'inconvénient de se terminer frécpiemment par un fistule, aussi certains chirurgiens ont-ils conseillé d'avoir recours î\ l'extirpation du kyste et du rein, c'estù-dire à la néphrectomie totale. La mortalité énorme de cotte intervention, H p. 100 de morts lorsqu'on suit la voie lombaire, 40 p. lOU lorsqu'on attaque par la voie transpéritonéale, a engagé Tlffieh iï pratirpier l'extirpation du kyste en disséquant sa paroi

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et à fermer ensuite la plaie du rein par la suture. Ce mode d'intervention mérite de passer dans la pratique.

^2. — Kystes conglomérés

(MALADIE KYSTigUE DU REIN')

Cette curieuse affection a été décrite pour la première fois par Kaykr sous le nom de dégénérescence kystique du rein. Depuis, un gran<l nombre d'auteurs en ont étudié surtout l'anatomie pathologicpie ot la pathogénie, et dans ces derniers temps Lejars a consacré sa thèse i\ l'histoire complète du gros rein polykystique (le l'adulte.

Les kystes conglomérés du rein s'observent de préférence A deux épocpies bien différentes de l'existence, chez le fœtus et plus tard dans la deuxième moitié de l'âge adulte, entre quarante et cinquante ans. Les hommes en seraient plus fréquemment atteints que les femmes.

1*^ Pathogénie. — Leur formation s'expliquerait par la distension hydropicpie des glomérules de M.alpkïhi ou par l'oblitération des tubes urinifères ù la suite de la lithiase rénale pour Lkcorchk, i\ la suite d'une néphrite interstitielle pour Cornu^ et Brault.

D'autres auteurs, rapprochant le rein p(dykysti<iue de certaines dégénérescences kystiques des ovaires, du testicule, du foie, de la rate, en font une variété d'épithélioma, épithélioma mucoïde de Malassez. Si l'on songe que souvent le foie, la rate, certains autres viscères présentent chez l'individu atteint c^e rein polykystique les mêmes formations, on accordera quelque raison d'être à cette hypothèse, qui cependant ne s'accorde pas avec tous les cas.

2"^ Anatomie pathologique. — Pres((ue toujours les deux reins sont atteints, nuiisen général l'affection est plus prononcée sur l'un (jue sur l'autre. L'aspect de l'organe est tout à fait remarquable et caractéristique. 11 est très augmenté de volume,

MALADIES PEil inRTK

acquiert purfois les <liinensioii« d'une této de fu^tiis et jtésf 120 ([ramines et (iliis. Su âurfiirc est luhiilép, recouverte d'un noDilire infini do kvstes, lui donnant l'appapenee d'une t'rap|>e <Je raisin {Rg. 207). Ces If^stes de vdliime variable se groupent en nombre eonsidéruMe nu niveau <Ui hite et y simt iieaui'uup plus

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La natnie du liquide eontenu dans chaque kiste varie ; ilans le plus ^rand uuuibie il e>>t limpide et '<e iipproehe. du niuins un déijirt de lolTcrlion le luiine nmmale dans les autres il

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