I.R fusion complète ries ileux reins en un seul esl rare
I.'ni'ffaue est plaré nloi-s sur 1h lijinc mMiiino eu nviitil fie lu eolonne vprtébmle ; il ih)ssi>(1c jiresriue toujours an rtouhlç
pédicule vasculaire et deux uretères, mais un unique bassinet.
La fusion incomplète ou symphyse est beaucoup plus fréquente : elle est constituée par la soudure des reins par Tune de leurs extrémités (les inférieures le plus souvent), de manière que les deux viscères forment un fer à cheval embrassant la colonne lombaire dans sa concavité.
La fusion et la symphyse rénales ne déterminant aucun trouble fonctionnel passent inaperçues pendant la vie ; toutefois chez les personnes amaigries la palpation profonde de l'abdomen pourrait révéler Fcxistence de cette anomalie.
Chaque organe conservant ses vaisseaux et ses uretères propres, la fusion et surtout la symphyse n'offriraient, ainsi que nous Tavons fait remarquer ailleurs, aucun obstacle à l'intervention au cas où Fun des reins serait seul malade.
§ 3. — ECTOPIE CONGÉNITALE
1/ectopie congénitale du rein est presque toujours unilatérale et porte indifféremment sur l'un et l'autre organe. Le rein déphicé peut se rencontrer dans toutes les régions de Tabdonien. région ombilicale en avant de la colonne lombaire, réfrion iliaque, détroit supérieur, angle sacro-vertébral, mais jamais on ne l'a trouvé dans les hypochondres et à l'épigastre. Chose remarquable et qui fait toujours distinguer à ramphithéàtre le déplacement rénal congénital du déplacement accidentel, les artères du rein ectopié proviennent du tronc artériel le plus voisin et ses veines se déversent dans le tronc veineux le plus rapproché. Autre remarque : le rein en eclopie congénitale est absolument fixe dans la position qu'il occupe.
Grâce sans doute i\ la disposition de ses vaisseaux lui assurant un régime circulatoire parfait et à sa fixité, le rein en ectopie congénitale ne donne lieu k aucun des phénomènes, qui caractérisent l'ectopie acquise. Aucun trouble ne traliit fexistence de cette anomalie, cpii passe le plus souvent inaperçue <»u est découverte par hasard au cours d'une exploration minutieuse de l'abdomen pour im tout autre état. Dans les cas d'inflammation pu de néoplnsic du rein déplacé, l'embarras du
chirurgien pourrait être grand à se rendre compte de la nature de l'organe malade. Il sulïira de songer ù. lertopie pour reconnaître ù la forme, à la consistance de la tumeur et aux troubles ur inaires que le rein est en cause.
§ 4. — ECTOPIE ACQUISE, REIN MOBILE, NÉPHROPTOSE
L'cctopie rénale acquise ou accidentelle est connue depuis fort longtemps. Les anciens la désignaient sous les noms de dislocation ou de luxation des reins, et elle se trouve décrite dans les livres classiques actuels sous la dénomination de rein mobile, rein flottant, néphroptose.
1^ Mécanisme et pathogénie. — On sait, d'après les recherches de Sappey et celles plus récentes de Zuckerkaudl, de Gkhota, de TiLANTENAvet de Gosset que les reins, situés de chaque coté de la colonne vertébrale, sont enfermés dans une loge cellulo-fibreiise résultant d'un dédoublement du fascia propria, doublée à sa face interne d'une couche de graisse plus ou moins abondante et constituant la caps^ile de Haller. Tandis que cette capsule est fermée du côté du bord convexe, au niveau du hiie et au-dessus de l'organe, en bas elle reste ouverte et c'est par là (pie se fait le déplacement. Cette tendance du rein à s'échapper par ce point est encore augmentée du côté droit par l'existence d'un repli du péritoine suspendant le cœcum à l'atmosphère graisseuse du rein, repli signalé et décrit par Tuffier sous le nom de ligament du cœcum. L'intégrité de la capsule de Haller, avec conservation de son tissu adipeux ferme et serré et des tractus conjonctifs et vasculaires (lui rayonnent dans son épaisseur vers la surface rénale, est donc la première condition de la fixité normale du rein, il faut y joindre le rôle joué par les vaisseaux artériels et veineux de son pédicule et par les viscères abdominaux avec lesquels l'organe est en connexion, viscères qui exercent sur lui une pression favorable (Deletzine et Volkoff).
Ainsi maintenu dans la place qu'il occupe, le rein peut être chassé soit de vive force, à la suite d'un traumatisme ou de tout autre cause violente, soit lentement par relâchement de ses divers
PRÉCIS DES VOIES UniNAlKES. 51
moyens de contention. De là deux sortes d'eotopies rénales acquises (comparées avec juste raison aux hernies de force et de faiblesse. La première, qui justifie les dénominations anciennes de dislocation, de luxations rénales est en réalité rare et toujours préparée par un relâchement des moyens de fixation. La seconde, beaucoup plus fréquente, n'est que la conséquence de l'état bien décrit par Glénard sous le nom (Venléroptose, Tiffier généralisant les idées de Glénard considère « que l'entéroplose comme la mobilité du rein, ne sont que des expressions localisées d'une véritable affection générale caractérisée par une mauvaise nutrition, une déchéance vitale, une véritable dvstrophie spéciale, portant sur la majorité des tissus ». Rappelons enfin que, d'après Ch. Bouchard, à la suite de l'ectasie gastrique, il se ferait dans l'estomac des fermentations pathologiques, dont les produits toxiques, à leur passage dans le foie, irriteraient ce viscère, le congestionneraient, augmenteraient son volume et forceraient ainsi le rein ù sortir de sa loge.
2<* Étiolog^e. — Les causes de la mobilité anormale du rein doivent être classées en causes prédisposantes et causes efficientes.
a. Causes prédisposantes. — La fréquence de l'ectopie rénale acquise est beaucoup plus grande qu'on ne l'a cru longtemps, mais les auteurs ne sont pas d'accord à ce sujet : tandis que Ebstein sur 3.658 corps autopsiés à la Charité de Berlin ne trouve que 5 reins mobiles et Newmann 11 sur 11.000, Rollet k la clinique d'OppoLZER en trouve 22 sur 5.500 autopsies et Sckockkwskï 32 sur 1.422 malades vivants.
Keppler, Ll\der ont peut-être exagéré son importance dans la pathologie féminine. Tous les auteurs sont cependant d'accord pour reconnaître que raffectïon est beaucoup plus comnmne chez la femme que chez l'homme. D'après Rollet etScHULTZE cités par Furbringer on l'observerait six ou huit fois plus souvent dans le sexe féminin que dans le sexe masculin ; sur 314 cas Landac trouve 273 femmes et 41 hommes, sur 64 cas Lancereaux 55 femmes et 9 hommes, sur 30 cas Guyon 27 femmes et 3 ho]umcs.
Dans l'immense majorité des cas le déplacement est unilatéral
et porte sur le rein droit. Sur les 91 cas (I'Ebstein, où le côté était mentionné, la proportion en faveur du rein droit était de 60 contre 14; et Furbringeb écrit (jue dans 90 p. 100 des cas, la mobilité affecte le rein droit, et que les 10 p. 100 restants se répartissent entre l'ectopie du rein gauche et l'ectopie double.
Très rare dans Tenfance, bien que Steinkr l'ait observée chez des sujets de six, neuf et dix ans, l'ectopie rénale est Tapanage de l'âge moyen, et c'est de vingt h quarante ans, pendant la période d'activité sexuelle, qu'on la rencontre de préférence.
Albarran incline à considérer l'affection comme un signe de dégénérescence à l'exemple de l'ectopie testîcidaire, des hernies et autres malformations et pour lui elle serait héréditaire.
b. Causes efficientes. — Toutes peuvent se ramener à deux catégories : celles qui chassent de vive force le rein de sa loge, et celles qui, affaiblissant ses divers moyens de contention, le laissent tomber et vaguer dans la cavité abdominale.
Au nombre des premières se trouve d'abord le traumatisme sous toutes ses formes, mais plus particulièrement les chutes à la renverse (CiuvoN, Forber), sur les genoux (Henoch), les efl'oils violents, la toux, les élernuenients, les vomissements. Le travail de l'accouchement est une de ces causes les plus fréquentes, et cela d'autant plus aisément que la cessation subite de la pression abdominale à laquelle les organes sont soumis pendant le cours de la grossesse, le relâchement du périnée et les modifications subies par tous les tissus de l'économie ont puissamment préparé la ptôse rénale. Le décubitus horizontal insuffisamment prolongé et la reprise hAtive de leurs occupations et travaux habituels chez les femmes du peuple et de la campagne deviennent, non moins souvent que les efforts de la parturition, l'origine de l'ectopie rénale. Les grossesses répétées, les accouchements laborieux jouent un rôle considérable.
Nous rapprocherons de la grossesse, en raison de la perturbation qu'elles apportent dans l'équilibre intra-abdominal, les tumeurs volumineuses saillant dans cette cavité splanchnîque : fibrome de l'utérus, kyste de l'ovaire, ascite.
Dans im autre ordre d'idées on a voulu faire jouer un rôle à l'amaigrissement rapide de sujets primitivement obèses, chez
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lesquels la disparition du tissu adipeux remplissant la capsule de Halleh laisse le rein iloller dans son alniosphère raréfiée (Oppolzer, Lanceheaux). Cette cause est contestée par Fûrbrin- GER, Senator et fonnellenient niée par Keen.
L'augmentation du volume et partant du poids du rein litliiasique ou néoplasiqiie est évidemment ime condition qui favorise le déplacement de l'organe, car tout rein (jui augmeuie de volume se mobilise, mais l'observation démontre que les maladies du rein en ectopio sont bien plus souvent la conséquence que la cause du déplacement. Suivant Lancereaux, la congestion cataméniale serait capable de détennincr le déplacement du rein en augmentant son poids.
Sans ni^r que les divers prolapsus génitaux peuvent par Tintermédiaire de l'uretère tiraillé par le trigone de la vessie abaissée déterminer la ptôse rénale, nous croyons cette complication rare. Rare aussi est l'influence des hernies intestinales, à part la hernie du cœcum reliée au rein par le ligament de Tuffier.
11 nous reste à mentionner l'influence du vêtement féminin trop serré à la taille, et en particulier du corset, qui, incriminé par Cruveilhier, Senator, Quincke, Leube, Guyon, ne jouerait, d'après Lancereaux et Tuffier qu'un rôle bi^în effacé.
3^ Anatomie patholo^que. — Le rein ne s'cchap[)ant de sa loge (jue par sa partie inférieure se porte d'abord dans l'espace rétro-péritonéal, mais au fur et ù mesure que son déplacement s'accuse il repousse devant lui la séreuse et finit par s'en coiffer complètement en formant au niveau du hile un véritable mésonépliron. A ce degré extrême le rein, au début simplement déplacé puis mobile, devient véritablement flottant, et a parcouru les trois étapes admises par Newmann. 11 peut alors se porter dans tous les points de la cavité abdominale, mais peut aussi se fixer d'une façon définitive dans un de ces point.'f par suite du développement de brides inflammatoires. Si le rein en ectopie ne présente pas toujours de lésions anatomiques, il en ofl're cei»endant d'assez fréquentes pour ipie certains auteurs les aient considérées à tort, suivant Brodeur, comme la condition première du déplacement.
Les constatations faites an cours d'opérations de fixation du rein avaient déjà permis aux chirurgiens et notamment à Tvv- FIER de compléter ces vagues données d'anatomie pathologique, lorsque récemment une autopsie faite par Legueu leur a donné une plus grande précision. Les vaisseaux très allongés mesuraient 11 centimètres A droite et 13 à gauche, de sorte que ces organes décrivaient un arc de cercle considérahle ayant pour centre leur point d'attache à l'aorte et à la veine cave. Le péritoine se soulevait au fur et à mesure qu'on déplaçait les reins mais ceux-ci ne présentaient pas le moindre méso. La graisse périrénale avait disparu complètement, ce qui n'a pas lieu de surprendre, car il s'agissait d'une phtisique, et le feuillet antérieur du fascia propria en has et en avant était très aminci. Quant à l'uretère très mohile dans une longueur de 6 à 7 centimètres, il présentait dans toute cette étendue des coudures transitoires et demeurait ri\ù dans sa partie inférieure non mohilisée. Les capsules surrénales étaient à leur place et les côlons n'étaient pas déplacés.
4* Symptomatolo^e. — Les symptômes, qui caractérisent rliniquement la mobilité anormale du rein peuvent débuter brusriuement h la suite d'un coup, d'une chute, d'un effort violent. 11 semble lY la malade que quelque chose se rompt, se décroche dans le côté (Sinking sensation des .\nglais), puis à la douleur initiale aiguë et intense succède une sensation de pesanteur, d'endolorissement. A côté de ce début bruyant de l'arfection le plus fréquent, il en est un autre mode lent et insidieux dans le([uel tout se réduit à une sensation vague de tiraillement dans la région lombaire.
La maladie confirmée s'accu.se par des symptômes subjectifs ou fonctionnels et des signes physiques, auxquels il convient flnjouter des troubles généraux surtout marqués du côté syslèuie nerveux.
a. Symptômes subjectifs. — Le premier des symptômes subjectifs est la douleur. D'intensité très variable suivant les individus et nullement en rapport avec l'étentlue de la mobilité rénale, elle est continue ou se manifeste seulement par crises, et dans la
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plupart des cas, ces paroxysmes aigus se prcfTent tout a coup sur l'état douloureux chronique. La douleur continue consiste parfois dans une simple sensation de gène dans le flanc, d'autre fois c'est un tiraillement pénible s'exagérant et devenant intolérable dans la marche, la station debout, et au moindre mouvement du tronc même dans le décubitus horizontal, en sorte que les malades n'osent plus se remuer et se confinent au lit. Plus grande encore sont les souffrances lorsque surviennent les crises paroxystiques. Tout à coup éclate dans la région lombaire une douleur véritablement atroce, qui s'irradie à l'aine, au testicule, à la fesse et à la partie postérieure de la cuisse ; le malade est pAle, ses traits sont tirés, ses extrémités froides, son pouls petit et fréquent, il est anxieux, a des vomissements et des lipothymies. En un mot on voit se dérouler chez lui le syndrome de la colique néphrétique, y compris la diminution de la sécrétion rénale, le ténesme vésical, la micturition et la polyurie incolore terminale. Cette crise dure plus ou moins longtemps, quelques heures, une demi-journée, un jour et plus, puis elle cesse tout à coup et tout rentre dans l'ordre habituel. Survenant parfois sans cause appréciable et à intervalles irréguliers, les accidents douloureux sont souvent déterminés par la congestion catanié* niale et reviennent à chacune des époques menstruelles.
On a donné plusieurs explications de ces crises douloureuses : dues à des phénomènes de péritonisme pour les uns (Dielt, Rollkt), à la traction et à la torsion des plexus nerveux pour les autres, elles sont attribués par Landau à la coudure des vaisseaux du rein et à la congestion qui en résulte, et par Senator et LiNUNER ft la coudure de l'uretère et à la distension rénale par l'urine qui en est la conséquence. 11 se peut que chacune de ces explications soit vraie, mais l'exactitude de la dernière a été vérifiée bien dos fois par les constatations faites au cours d'interventiou opératoire, notanmient i>ar Albarran ; bien plus SiNiTziNK a pu ]»rovo(iuer expérimentalement la crise douloureuse chez un malade atteint d'cxtrophie vésicale en obturant un des uretères.
b. Troubles fouctionuels des grands appareils. — Indépendamment des phénomènes réflexes et fugitifs que les paroxysmes
douloureux provoquent du côté du lube digestif et du système nerveux (nausées, vomissements, pâleur de la face, lipothymie, etc.), la néphroptose s'accompagne de troubles permanents dans le fonctionnement de ces grands appareils.
Du côté des organes digestifs, Ebstein, Bartels, Stiller ont signalé la dilatation de l'estomac qu'ils attribuent à la compression de la deuxième portion du duodénum et à l'insuffisance de la valvule pylorique; Hale White et Albarran ont noté de l'ictère produit par la même cause mécanique; Kidd, GiLFORD ont observé des phénomènes d'obstruction intestinale par effacement d'une anse par le rein déplacé. A côté de ces troubles d'ordre mécanique relativement rares, on observe bien plus fréquemment des ti'oubles simplement nerveux consistant dans une dyspepsie habituelle, avec dilatation, flatulence et clapotement de l'estomac, paresse de l'intestin, tympanisme, constipation. Ces phénomènes pour être plus fréquents lorsque le déplacement du rein coexiste avec Tentéroptose s'observent encore assez souvent lorsque le rein seul est mobile (Albarran).
Les troubles nerveux, présentés par les malades porteurs de reins mobiles, peuvent être suivant leur intensité et la variabilité de leurs formes qualifiés de nervosisme, de neurasthénie ou d'hystérie, ainsi que le fait remarquer Albarran. Ils s'observent surtout dans le sexe féminin. Les malades sont impressionnables et irritables, elles se plaignent de palpitations du cœur, de bouffées de chaleur, de gonflement de l'estomac, de lenteur des digestions, de douleurs névralgiques vagues dans le cas de simple nervosisme. Ce sont souvent les mêmes phénomènes, qui tourmentent les femmes atteintes de lésions de l'utérus ou de ses annexes et, comme il n'est pas rare de voir ces dernières coïncider avec le déplacement rénal, il est difficile de faire la part, qui revient à l'un ou i\ l'autre état pathologique dans la genèse des troubles morbides. 11 est probable que leurs effets s'ajoutent, mais il est impossible de savoir si, comme le prétend Thiriar, les désordres de l'utérus et des annexes sont la conséquence du déplacement des reins ou si, comme le soutient Landau, elles en sont la cause. La neurasthénie et l'hystérie se
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développent parfois de toutes pièces i\ la suite de la nêphroplose (Shilfler, Marfan), chez les individus h<^réditairenient prédispos(^s; mais le plus souvent ces névroses préexistent et ne font que s'a{?graver sous l'influence de la mobilité du rein, qui engendre ainsi rhvstéro-traumatisme de cause interne signalée par PoTAiN (Albarran).
c. Signes physiques. — Les signes physiques doivent être recherchés par l'inspection, la percussion et hi palpât ion.
Le Dentu attache une grande importance à l'examen de ri<u de la région lombaire. Le malade étant bien mis en lumière devant une fenêtre dans la position gonu-pectorale, on verrait chez les sujets d'un embonpoint modéré une dépression de la région des lombes dans les cas où le rein a quitté sa logo, et, s'il s'agit d'un sujet du sexe masculin, la taille prendrait d'un coté l'aspect d'une taille de femme.
La percussion postérieure de la région lombaire, bien étudiée par Paxsch et Riess en Allemagne, Glyon, Hêcamier et Tuffihr en France, est généralement considérée comme un moyen de diagnostic de bien faible valeur dans la népliroptose, toutefois Le Dentu fait remarquer que la zone de sonorité est manifestement élargie dans le sens transversal lorsque le rein est déplacé. La percussion antérieure est aussi négative dans ses résultats, car le rein mobile n'étant que peu augmenté de volume, lorsqu'il l'est, reste toujours séparé de la paroi abdominale par le côlon et partant la sonorité normale n'est pas modifiée.
C'est par la palpation, surtout par la palpation bimanuelie. que les signes physiques du rein déplacé sont mis en valeur. Sans nier l'utilité dans certains cas de la palpation pratiquée dans le décubitus latéral sur le cùté sain à la manière de (iit- NARD et d'IsRAEL, ct aussi dans la position genu-pectorale, nous pensons que la meilleure attitude à donner au malade pour explorer la région rénale est ici, comme dans les tumeurs du rein, lo déciibitus dorsal sm-un plan horizontal, les épaules et le tronc très légèrement relevés et les membres inférieurs allongés sans raidciH'. La main, (fiii expbjre la paroi abdominale ant»'*ricurc dans cette position chez un malaile dont le rein est en ectopie, rencontre dans le flanc une tumeur dure, régulière.
rôniforme, iiiobilo, indolonto chnz certains, sensible et doiilonrcuse fiiez d'.iiilres. Accidentellement le rein déplacé peut élre fixé par des adhérences aux organes avec lesquels il vient se mettre en contact, mais cela est tout à fait exceptionnel. Le degré de mobilité est en quelque sorte pro[)ortionnel au degré de déplacement do l'organe par ra[)port à sa loge, et Newmann a admis à cet égard trois variétés d'ectopie rénale : les m?i.s déplacés mais non mobiles^ les rems mobiles y les reins flottants. Le sens dans lequel s'exercent les mouvements vnrie également suivant le degré de déplacement. Au premier degré le rein se mobilise des lombes vers In paroi antérieure de l'abdomen, (mobilité lombo-abdominale de Ciiyon) donnant lieu au pliénomènc du ballottement rénal; au second degré le rein se mobilise de l'abdomen vers la fosse loiYibaire qu'il peut réintégrer, {mobilité abdomino-lombaire) ; enfin lorsfjue l'organe flotte dans l'abdomen il peut être mobilisé dans tous les sens {mobilité abdominale).
5*^ Marche, durée, terminaison. — 1/évolution de l'affection est lente et indéterminée, et son allure clinique est très irrégulière. Ne s'accompagnant parfois d'ancune espèce do troubles local ou général, l'ectopie rénale mérite A peine le nom de maladie; d'autres fois, c'est par crises paroxystiques que procèdent les phénomènes morbides qu'elle détermine et en particulier la douleur ; enfin les troubles qu'elle occasionne peuvent être continus et constituer une maladie des plus pénil)les. Cette dernière éventualité se rencontre surtout dans les déplacements du rein, qui se lient au relAchement dystrophique des viscères abdominaux, à l'entéroptose de Glknaro, et suivant la prédominance de ses troubles organiques sur tel ou tel appareil, elle a été décrite sous la dénomination de forme douloureuse, dyspeptique, et nerveuse.
Le rein migrateur ï»eut chez certains malados réintégrer d'iuie façon définitive la fosse lombaire, par exemple A la reprise de l'embonpoint du sujet, ou encore i\ la suite d'une grossesse, de la disparition d'une tumeur abdominale, d'une inflammation péritonéale. Un autre mode également favorable s'observe chez la
femme à Ja ménopause, non pas que le rein se fixe, mais parce que tous les accidents s'atténuent et disparaissent.
En dehors de l'intensité des phénomènes douloureux et autres, qui peuvent à la longue compromettre la vie du sujet, l'eclopie rénale se complique rarement d'accidents sérieux. Notons seulement rhydronéphrose intermittente, qui peut devenir permanente, la pyélonéphrite signalée par Albarran, et à titre tout à fait exceptionnel l'oblitération de la veine cave inférieure (Girard) et l'occlusion intestinale par compression de l'intestin.
6° Pronostic. — 11 découle de ce que nous venons de dire des terminaisons de la maladie. Si pénibles que soient les phénomènes provoqués par le rein déplacé, il est rare qu'ils entraînent la mort par eux-mêmes, mais ils empoisonnent à ce point l'existence de certains malades que le pronostic doit être très réservée
70 Diagnostic. — Le diagnostic de Fectopie du rein, peu facile au premier degré de l'affection, ne laisse pas encore que de présenter de grandes difficultés k un degré plus avancé, le rein mobile pouvant simuler alors toutes les tumeurs de l'abdomen.
Faute de songer à la ptôse rénale et de procéder méthodiquement j\ l'examen delà région, les douleurs continues ou paroxystiques peuvent être attribuées à im lumbago, à une névralgie lombaire, à des coliques intestinale, hépatique ou néphrétique.
Lorsque le rein, devenu tumeur abdominale, flotte dans cette cavité, le diagnostic est presque impossible, si la forme de l'organe est altérée. Tous les viscères et organes abdominaux et même pelviens, susceptibles de devenir le point de départ de tumeur, peuvent alors donner le change avec le rein flottant : mais ce sont les tumeurs du foie, de la rate, du pâticréas et du mésentère, qui ont été l'objet des méprises les plus fréquentes. Le mode de développement des néoplasmes du foie, de la rate, du pancréas, qui s'accroissent de haut en bas, leur mobilité moins grande, leur continuité avec les viscères dont elles émanent, leur configuration, leur indolence sont les prin-
cipaux caractères qui aideront à les faire reconnaître. Les tumeurs du mésentère (Augagneur) sont celles, qui conduisent le plus souvent à l'erreur, lorsqu'elles ont approximativement la forme et le volume du rein ; mais la tumeur mésentérique est médiane, elle parait rattachée par en bas à la colonne vertébrale et ne se réduit pas franchement, ni ne s'échappe une fois réduite avec ce mouvement de déclenchement si caractéristique du rein ectopié ((îuvox, Le Dentu). Les kystes de l'ovaire à pédicule très long ne pourraient être confondus qu'avec un rein ectopié et hydronéphrosé, mais outre les renseignements sur le mode de développement de bas en haut de la tumeur, la ponction exploratrice lèvera tous les doutes. Nous ne ferons que signaler les causes d'erreur provenant de la coprostase dans les côlons, pour rappeler l'importance d'un purgatif avant toute exploration rénale.
8^' Traitement. — Il est symptomatique, palliatif ou curatif :
A. Traitement symptomatique. — Indiquons d'abord le traitement symptomatîque des crises : repos horizontal après réduction du rein dans sa loge et compression poiu* l'y maintenir ; embrocations calmantes, bains chauds, calmants à l'intérieur et par-dessus tout injections de morphine : faisons remarquer en second lieu qu'une médication appropriée doit être dirigée contre les formes dyspeptiques et névropathiqucs ; disons enfin qu'il ne faut pas manquer d'instituer un traitement général s'il y a lieu : alimentation raisonnée, toniques, bains, douches, massages, électricité.
B. Traitement palliatif. — Il consiste dans l'emploi de bandages et d'appareils contenant le rein dans sa loge ; appareils à ressorts, à pelotes, ceintures ventrières, corsets spéciaux, etc. Chaque cas est pour ainsi dire justiciable d'un appareil particulier : lorsque les parois abdominales sont flasques, pendantes, et que le déplacement rénal n'est qu'un élément de l'entéroptose, on se trouvera bien des ceintures de Glénard, de Peter ; lorscpie le rein mobile constitue toute la maladie, les bandages en pelote peuvent sufïire. Bien construits et bien applicjués, les appareils
812 MALADIES DES UHETÈHES ET DES REIXS
orthopédiques rendent des services et peuvent même amener la guérison définitive, le rein venant à contracter des adhérences adventices.
C. Traitement crnATiF. — Il est ohtenu : 1® par la nêphrectomie; 2*^ par la ncphrorraphie ou nèphropexic.
a. Néphrectomie. — La néphrectomie dans la néphroplose. pratiquée d'abord par (iiLMOKjî en i870 et préconisée par Kep- PLER en 1877, est une opération-grave (9 morts sur 36 cas I.indner, 27 morts sur 100 Tl'ffier), qui ne doit être proposée que lorsque le rein déidacé est malade, dégénéré, ou atteint de pyoné- [)hrose, et lorsque la néphrorraphie ayant échoué il est bien prouvé que Tectopie est la seule cause des accidents offerts par le sujet.
b. Ncphrorraphie. — La néphrorraphie ou néphropexie (fixation du rein) imaginée par Hahx (de Berlin) en 1881, est l'opération de choix. Presque dénuée de danger (mortalité variant de 4 à 3 p. 100 d'après les statistiques de liiNOXER, W. Keen. TrFFiEH, et même seulement de 1 p. 100 d'après celle d'ALBARran), elle donne ime grande proportion de succès thérapeutique (78 p. 100 Albarran) ; cependant tous les symptômes ne sont pas également combattus : la douleur est celui qui cède le plus souvent (88 p. 100), les troubles dyspeptiques sont plus rebelles (14 p. 100 d'amélioration et 36 p. 100 d'insuccès complet) (Albarran) ; de là indication de n'opérer les malades atteints d'accidents nerveux et de troubles tenant à l'entéroptose qu'après échec dos bandages et appareils.
La néphrorraphie trouve encore son indication dans les ras où l'cctopie se complique d'hydronéphrose intermittente et de pyélonéphrite commentante.
En considération do l'innocuité presque complète de la fixation opératoire chi rein et dos dangers permanents que crée roct()|)io, Albarran a conseillé do faire préventivement la cure r.Hlicalo do la no[ihr()ptoso comme on l'ait la cure radicale de l'ontôrocclo.
(JuMut au ]irocédé opératoire, on devra préférer j'i la néphrorraphie transpéritonéalo la néphrorraphie extrapérîtonéale par
la voie lonihairo, et pour fixer le rein i\ la paroi an lien de passer les lils dans la senle eapsnle propre on dans son enveloppe graissense, à la manière de Hahx, Bassini, Duret, on leur fera traverser le parenrhvine rénal snivant la pratique de (iiTYON, TuFFiKH, Albarhan, se rappelant que, d'après ce dernier chirurgien, tandis que la néphrorraphie capsulaire ne donne que 40 p. 100 de gnèrisons et 77 p. 100 avec décortication, la néphrorraphie parenchyinateuse sans décortication ne donne pas moins de 81 p. 100 de guérisons définitives.