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LE COMMUNISME ET LA REVOLUTION

On nous dit aussi : « Vous voulez la révolution. Vous êtes partisans de la violence ». Or, c’est pour sauver l’humanité de la violence chronique des guerres de classes, que nous déclarons la révolution inévitable et salutaire. Comparez ce que coûtent, en vies et en souffrances humaines les guerres, aux sacrifices imposés par les révolutions. C’est une goutte dans un océan de sang et de larmes.La Terreur de 1793 a emporté quelques milliers de victimes. Les guerres de Napoléon en ont valu à l’Europe près de quatre millions. La guerre mondiale a fait tuer près de quinze millions d’hommes et en a fait mutiler trente millions.

Oui dit révolution, dit changement profond, changement de système politique et économique. C’est en se refusant au massacre de ses frères de misère que le peuple russe a accompli la Révolution. Quand la conscience populaire se désolidarise du régime, la force armée passe du bon côté de la barricade, et le peuple a vaincu.

La plus grande révolution sociale — la Révolution d’Octobre — s’est accomplie presque sans effusion de sang. L’armée est passée du côté de la Révolution. Le sang qui a coulé en Russie a été versé par la contrerévolution. Que celle-ci en porte seule la responsabilité ! Nous ne prêchons pas le culte de la force brutale à la manière fasciste. Nous ne faisons que constater trois grands faits historiques :

i° Un régime qui a fait son temps ne saurait être sauvé par des améliorations partielles, par un replâtrage, en un mot par des réformes : il faut un changement de base, une transformation fondamentale;

2 ° Jamais une classe dominante n'a cédé de bon gré sa place à une nouvelle classe appelée à la remplacer dans la direction de la société, sans la pression d'une force supérieure, de la violence. Les classes et les régimes ne se suicident pas. Il faut les pousser dehors par la force. C'est l’histoire de toutes les révolutions ;

3° Pour changer de régime, il faut s'emparer du pouvoir politique. L'exercice révolutionnaire du pouvoir politique s’appelle dictature du prolétariat. Une nouvelle classe s’emparant du pouvoir, impose sa volonté à la classe déchue. La bourgeoisie s'est débarrassée de la classe féodale par un pouvoir dictatorial. Aujourd’hui, elle en use contre le prolétariat parce qu’il s’agit de la fin de sa domination et de l’avènement au pouvoir de la classe ouvrière alliée à la paysannerie. Le prolétariat vainqueur détruit l’Etat bourgeois, appareil de domination de classe de la bourgeoisie, et élève sur ses décombres l’Etat prolétarien qui accorde la liberté réelle à tous les travailleurs, à tous les producteurs.

Pour éviter l’effusion du sang populaire, dont les communistes sont avares, il n’y a qu’un seul moyen : le développement de la conscience et de l’organisation de la classe ouvrière. Plus les ouvriers et les paysans seront conscients et organisés, moins ils auront besoin d’employer la violence. La violence révolutionnaire ne devient inévitable que parce, que les classes dominantes opposent leur violence réactionnaire, qui est chronique, à la classe révolutionnaire, au prolétariat, qui revendique ce qui doit lui appartenir : les instruments de travail. C’est une nécessité historique.

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