LA VICTOIRE DU COMMUNISME
La victoire du prolétariat communiste n'est pas seulement désirable. Elle est aussi pratiquement possible et historiquement certaine. La victoire du communisme est désirable parce que le communisme seul mettra fin à l'exploitation de l'homme par l’homme et de la femme par l’homme. Seul le communisme supprimera la lutte pour le partage du globe, entre les continents, les races et les nations. Le communisme seul mettra fin à la guerre et à la misère, aux innombrables injustices dont est saturée notre vie quotidienne.
En effet, la société actuelle, basée sur l'égoïsme aveugle, réalise le maximum de l'absurdité ! En haut, une
petite minorité de possédants qui ont tous les moyens de bonheur, mais incapables d’en profiter. Car ils sont condamnés à vivre isolés du peuple travailleur qui les hait. Ils passent leur vie à trembler pour leurs privilèges et à combattre tout mouvement d’avant-garde qui menace le régime du privilège. De plus en plus, ils sont obligés de vivre comme dans une forteresse assiégée. Se condamnant, par leur richesse, à une vie oisive qui répugne à la nature humaine, ils ne jouissent, pour la plupart, ni de la santé physique, ni de la santé morale. L’ennui, qui leur fait chercher toutes sortes de faux plaisirs, souvent grossiers, ou grotesques, est le lot habituel des riches privilégiés de notre régime.
D’autre part, l’immense majorité des producteurs, ouvriers et paysans, sont condamnés aux travaux fastidieux qui minent leur santé, travaux sans joie engendrant d'innombrables maladies et des accidents professionnels. Le chômage guette la classe ouvrière au tournant de chaque crise économique qui survient périodiquement. La tuberculose, fille de la misère, la décime. L’alcoolisme, où l’ouvrier surmené cherche l’oubli de sa vie misérable, l’empoisonne et contribue à sa dégénérescence physique et morale. La vie d’un ouvrier est presque deux fois moins longue que celle d’un riche. Vie gâchée et sans bonheur chez les classes riches, impossibilité d’une vie normale chez les classes exploitées — voilà le tableau véridique d’une société basée sur la lutte des classes, des races, des nations et des individus. Cette société se trouve toujours dans un état de déséquilibre qui l’a fait justement comparer à une pyramide renversée sur la pointe avec la base en l’air. On peut dire de notre société qu’elle est une maison à l’envers avec les caves à la place du toit. Ce ne sont pas les classes productrices, créatrices de la vie, qui la gouvernent, mais les classes et les couches parasitaires qui la dominent
et l'oppriment. La classe des producteurs, en prenant possession de la société, rétablira l’équilibre et mettra chaque chose à sa place.
La science moderne a créé des ressources infinies de bien-être et de bonheur. Appliquée à multiplier les commodités de la vie, elle aurait pu faire de notre vie un véritable paradis social. Par la faute de notre régime absurde, l’humanité se débat dans un véritable enfer social. Les hommes, au lieu de coopérer à l’édification d’une maison commune habitable, sont, au contraire, occupés à s’entre-dévorer, et à s’empoisonner mutuellement la vie. Il en résulte un gaspillage de forces sociales et individuelles effrayant. Le communisme, en supprimant la cause même des luttes et des rivalités — la propriété privée — fondera une nouvelle société basée sur les principes d’économie organisée. Il supprimera tout gaspillage, tout travail improductif, abolira les conflits d’intérêt en faisant fonctionner l’autorité collective non au profit d’une classe, mais au profit de la société tout entière.
Le communisme est donc, à tous les points de vue, désirable.
Il est aussi possible. Car il correspond aux intérêts collectifs, au bon sens, au désir commun de bien-être, à l’intérêt de la classe productrice qui forme l’immense majorité dans chaque pays.
Le communisme est possible. Car, de plus en plus, les hommes s’associent pour mettre leurs efforts en commun. Toutes sortes d’associations d’ordre politique, intellectuel et moral habituent l’homme à organiser son travail et sa vie.
Le communisme est possible. Car les forces productives, grâce au machinisme, ont atteint un degré inouï de développement. On n’a qu’à les mettre en œuvre au profit de tous pour assurer le bien-être complet à tous
les membres de la société. Le communisme devient de plus en plus possible avec l'éducation sociale de la classe ouvrière organisée en parti politique de classe, en syndicats et en coopératives. L’organisation rationnelle de la production s’impose avec le développement de la conscience et de la solidarité entre les producteurs.
Mais le communisme est non seulement désirable et possible : il est aussi une nécessité historique. Il est l’aboutissement inévitable de toute l’évolution historique, économique aussi bien que politique, intellectuelle aussi bien que morale.
Sur le terrain économique, la société moderne tend à la concentration de la production. Les grandes entreprises, plus viables et plus profitables, absorbent, de plus en plus, les petites et moyennes entreprises. L’usine gigantesque supprime le petit atelier, le grand commerce domine la petite boutique, la haute banque triomphe de la petite banque. Le communisme est la conclusion logique de cette concentration. Car il remplace le monopole de la minorité possédante par la propriété collective.
L’immense armée des producteurs s’empare de la production déjà concentrée, préparée par son mécanisme même, à passer dans les mains de la collectivité ouvrière et paysanne.
Le même phénomène d’organisation sur des bases collectives, s’observe sur d’autres terrains : social, politique et intellectuel. Les campagnes se vident au profit des villes où les hommes vivent une vie sociale très intense sillonnée par toutes sortes d’organisations et de liens collectifs. L’Etat, forme suprême de la concentration politique, domine de plus en plus la vie individuelle et sociale. La croissance prodigieuse de son budget, qui menace d’absorber presque tout le revenu dit national, en est la meilleure preuve. Cet Etat est aujourd’hui un
Etat des classes privilégiées, un instrument d'oppression. Le prolétariat, en le détruisant, lui substitue son propre Etat qu'il met au service de tous les travailleurs des villes et des champs.
L'instruction publique, le développement de la grande presse, la vulgarisation littéraire et scientifique sont autant de facteurs de concentration intellectuelle, qu'iï s’agit de canaliser et de diriger vers un but social : le développement intellectuel d’une société de producteurs travaillant pour le bien-être de tous et de chacun.