SS PRELIMINAIRES
u l'art de bien administrer consiste à administrer le moins possible. »
Nous avons parlé de VadministrcUion et de la police^ sans dire quelle est la différence qui existe entre Tune et l'autre. Le mot grec iroXweCa, d'où est venu le mot police, comprenait tout ce qui est nécessaire au bon ordre de la cité et, par conséquent, il embrassait l'administration et la police; c'est en ce sens,qu'il est employé dans le Traité général de la police par Delamarre. Mais nous avons tellement pris l'habitude de nous servir du mot administration concurremment avec celui de police qu'il est indispensable de dis^ tinguer les attributions de l'une et de l'autre.
L'administration pourvoit à certains services publics d'intérêt commun que l'initiative des individus ne serait pas en état de remplir; elle procède par voie d'actes positi&, et, pour ainsi dire, d'impulsion. Au contraire, la police a un rôle purement négatif; elle empêche ou elle réprime. L'administration fait le bien ; la police empêche le mal, soit en le prévenant^ soit en le réprimant. On appelle police administrative celle qui prévient ; par exception, en matière de voirie notamment, la police administrative est quel* quefois armée du pouvoir de répression. En général, la répression appartient à la police judiciaire.
L'administration et la police sont des manifestations de l'État ; elles diffèrent de la politique en ce qu'elles s'occupent de détails plus humbles, tandis que la politique est réservée aux intérêts assez importants pour que leur maniement ait été confié aux pouvoirs publics les plus élevés. C'est aussi la politique qui, par l'organe des ministres à la fois agents politiques et chefs de Vadministration, imprime sa pensée «t sa direction à la marche des services publics. D'ailleurs, une affaire administrative peut prendre un caractère politique par suite d'une circonstance exceptionnelle, et c'est