CHAPITRE V Du dépouillement
53. L'unité statistique, qui se rapporte à des phénomènes non typiques, varie nécessairement. C'est pourquoi, si Ton veut se former une idée des tendances qui se manifestent dans la masse, il est indispensable de grouper les unités qui présentent certaines affinités. C'est l'objet du dépouillement qu'pn peut définir : l'opération statistique par le moyen de laquelle s'opère la répartition des unités ou données recueillies par le relevé afin d'en rendre l'étude plus aisée, particulièrement en vue de l'interprétation.
Le dépouillement, à son tour, est complété par une série de calculs (totalisations, pourcentages, moyennes) dont les procédés se trouvent résumés au chapitre de l'exposition. (Cf. Ch. VL)
L Préparation du dépouillement
54. Dans le dépouillement, on compte unité par unité, mais il est nécessaire le plus souvent de présenter par groupes les résultats de ces calculs. Ainsi, dans une statistique des âges on n'énumèrera pas tous les âges par mois, ni même par années, mais on composera des groupes d'âges (moins de i an, de i à 5 ans, de 5 à lo ans, etc ), où viendront s'agglomérer tous les résultats partiels compris dans les limites de chaque groupe.
Du dépouillement
Autre exemple : on désire opérer la répartition des entreprises ]
trouvées par un recensement industriel, d'après le nombre des ]
ouvriers que chacune d'elles emploie. On ne peut mettre à part ^ toutes les entreprises qui n'ont pas exactement le même nombre
d'ouvriers, sinon on arriverait à une classification qui compren- ;
drait plusieurs centaines de termes (établissements de i, 2, 3... |
297, 298, 299, 3oô, 3oi... etc., ouvriers). Aussi présente-t-on les \
résultats du dépouillement suivant certaines catégories : Moins i
de 5 ouvriers, de 5 à 10, de 11 à 20, de 21 à 5o, de 5i à 100, de I
100 à 200 etc. \
Le groupement est requis par des nécessités scientifiques et ]
pratiques. Scientifiques : on éprouverait une difficulté extrême à i
dégager quelque résultat que ce soit d'une statistique qui consis- , terait en une énumération infinie. — Pratiques : les statistiques
atteindraient des dimensions telles qu'il faudrait renoncer à les '
publier; beaucoup de colonnes resteraient vides; en multipliant ;
les divisions ou augmenterait les chances d'erreur dans le À
dépouillement. |
55. Jusqu'à quel point convient-il de réunir, de \ grouper les unités trouvées par le dépouillement? Il \ n'y a pas de règle absolue; les circonstances, l'étude approfondie de la matière doivent nous servir de ^ guides. Dune manière générale, on peut recommander de laisser apparaître les cas extrêmes, qui présentent une certaine rareté. Ainsi, dans une statistique des salaires, on notera séparément les salaires excessivement faibles et ceux extrêmement élevés ; \ dans une statistique des grèves, une place spéciale ] sera réservée aux conflits d'une durée très longue. ) Pour ne pas multiplier le nombre des colonnes, on | présente parfois en notes ces résultats détaillés. j
40 i^'' Partie.
Voici un exemple de groupement opéré par le dépouillement dans une statistique des salaires [voir ci-contre) :
56. Le groupement des unités, qui s'opère par le dépouillement, se présente aussi par rapport aux choses que Ton énumère. Peut-on, dans une statistique commerciale, nommer toutes les espèces de marchandises qui entrent dans un pays ou qui en sortent? Non, pour plusieurs raisons que nous dirons plus loin. Or, dans ce genre de groupement, deux difficultés opposées sont à vaincre. Les nomenclatures trop étendues présentent l'inconvénient d'être encombrantes, difficiles à consulter, plus difficiles encore à interpréter. — D'un autre côté, les nomenclatures
: V (Fragment de la SiatisUque des salaires dans les industries des métaux publiée par VOffice dît Travail j 1907.)
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