‹ Précis du paludisme [electronic resource]Chapitre 25 sur 52 · TV · texte numérisé non relu

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Fig. 13.— Fièvre quarte: jugulation avec 2 gr. 50 de quinine.

Accès. — Étudions l'accès un peu en détail pour la quarte, ce qui nous permettra d'être plus bref pour les autres types fébriles.

Il y a trois périodes dans l'accès, périodes de frisson, de chaleur et de sueurs.

La première et la troisième peuvent manquer, mais cette absence est très rare dans la quarte ; les malades sentent très bien venir leur accès, quand ils éprouvent le frisson et le sentent disparaître avec les sueurs.

On a dit que l'accès survenait généralement de minuit à midi, ce qui peut servir à faire le diagnostic avec des manifestations fébriles non paludéennes (Grall et d'autres), mais cela n'est pas absolument constant, bien qu'il faille en tenir grand compte dans l'interrogatoire et dans l'examen du malade.

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Le frisson est intense. En même temps, il y a de la céphalalgie, des nausées, des vomissements, du larmoiement, phénomènes qui peuvent tous accompagner un accès fébrile relevant de toute autre maladie. Le cœur bat vite, et le pouls, dans cette période, paraît comme contracté. La région slénique est douloureuse ; mais il est difficile, surtout dans les cas d'impaludation récente, de constater la tuméfaction de ce viscère.

L'accès de la quarte est souvent très violent, la température étant susceptible de s'élever très haut. La courbe thermique monte rapidement et descend de même, à moins qu'avant la fin de l'accès, un autre vienne se greffer sur celui qui finit, de manière à former ainsi une double quarte. La durée de l'accès quarte est de 6 à 42 heures.

Les symptômes de la quarte sont à peu près ceux des autres fièvres. Du côté du système nerveux, on note de la céphalalgie, de la torpeur, des mouvements convulsifs dans la sphèré du facial, un délire léger, etc. Les vomissements et la diarrhée, même de la dyspnée, cette dyspnée qu'on a appelé sine materia, se constate pendant le stade de froid, comme nous l'avons déjà dit (Mannaberg). Les symptômes bronchitiques, à peu près constants comme nous l'avons démontré avec Mailfert, s'observent surtout pendant le stade de chaleur. Il semblerait que la quarte soit, surtout pour les auteurs anciens, la fièvre qui ait le moins de tendance à se juguler spontanément ; pour beaucoup elle serait incurable. Gela constitue une grosse erreur, et provient de ce que la fièvre quarte est la plus mal soignée, en raison des intervalles d'apyrexie prolongés que les accès laissent entre eux. Le malade se croit absolument guéri quand il a

évité deux ou trois accès, et il renonce à la médication, qui n'a pas été donnée avec assezd'énergie le plus souvent.

La quarte peut-elle se transformer en tierce, ou bien n'est-elle qu'un type dégradé de celle-ci ? Nous ne le croyons pas. Un certain nombre de malades que nous avons interrogés à ce sujet et dont le témoignage était digne de foi, nous ont dit avoir toujours eu des accès quartes. Le plus curieux c'est qu'à de nombreuses années de distance, certains nous ont dit que l'atteinte initiale ayant été une quarte, toutes les rechutes, même très éloignées se sont faites en quarte.

Un de ces malades, entré dans notre service en septembre 1902, pour une fièvre quarte typique, nous disait qu'il avait été impaludé pour la première fois à Montpellier, il y avait vingt ans, que deux jours d'apyrexie séparaient les accès ; pendant deux ans, il eut des rechutes de fièvre, toujours affectant le type quarte. Les manifestations fébriles que nous avions à observer provenaient d'une impaludation contractée en Algérie. Cet individu avait-il un organisme susceptible de donner asile seulement aux parasites de la fièvre quarte, ou bien s'agissaitil d'une rechute à 20 ans de distance ou bien encore n'était-ce là qu'une pure coïncidence? Autant de points qui sont loin d'être élucidés.

Fièvre tierce (Plasmodium vivax).

Il s'agit de la tierce bénigne, que les Italiens appellent encore printanière, par opposition à la tierce maligne ou estivo-automnale. Les Italiens eux-mêmes reconnaissent cependant que l'appellation de printanière ne lui convient pas toujours. Voici ce qu'en dit Gelli : « La lièvre

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tierce légère a un cours différent dans diverses parties de la péninsule. Dans la haute Italie, c'est-à-dire dans quelques zones du territoire lombardo-vénilien, elle recommence au printemps, et précède le développement des fièvres estivo-aulomnales. A Rome, par exemple, elle précède, mais de peu, l'épidémie estivo-automnale, tandis que dans l'Italie méridionale, ou bien elle précède de peu les fièvres estivo-autumnales, ou bien elle va de pair

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